> Le livre : Un juif tout à fait ordinaire : monologue d’un règlement de comptes, de Charles Lewinsky, aux Éditions du Tricorne, 75 pages, 18€, en vente sur le site de l’éditeur.
> Présentation : Un juif, reçoit la lettre d’un enseignant qui veut le faire intervenir dans sa classe devant des adolescents pour – comme si c’était facile - décrire ce que c’est qu’un juif… : un animal rare en voie de disparition ? Un être humain comme tout le monde ? Mais pourquoi, oui pourquoi, les souvenirs sont-ils si énervants, insupportables (mais peut-on les partager ? Avec qui, sur quel ton ?).
[Cette chronique est rédigée par Luna du blog lunazione que nous vous invitons à découvrir.]
> Je fais partie de ces gens qui lisent beaucoup de livres sur l’Holocauste, pas vraiment par curiosité ou par devoir de mémoire, mais plutôt par peur que tout recommence. Je crois que plus nous sommes informés sur les erreurs du passé et plus nous pouvons faire en sorte d’éviter qu’elles se reproduisent…
Du coup, j’étais très curieuse de découvrir Un juif tout à fait ordinaire, surtout que le résumé ne nous dit pas grand chose sur cette pièce de théâtre. Je ne savais pas du tout quels thèmes allaient être abordés… Eh bien, je dois dire que j’en ai eu (gentiment) pour mon grade !
Emmanuel Goldfarb, le personnage d’Un juif tout à fait ordinaire, dénonce l’intérêt des gens pour l’Holocauste. Je dois dire que je me suis sentie visée voir même un peu agressée : c’est vrai que nous connaissons, sans doute, tous quelqu’un qui s’intéresse à ces événements plus par voyeurisme ou pour de mauvaises raisons, mais jusqu’à présent je n’avais jamais pensé que c’était une mauvaise chose de s’intéresser aux époques noires de notre histoire.
C’était la première fois que je lisais quelque chose qui allait dans ce sens et je dois dire qu’une fois la surprise passée, je suis assez d’accord avec ce que raconte ce personnage : faire venir un Juif en classe pour nous expliquer ce qu’a vécu sa famille est très intéressant et enrichissant, mais il ne faut pas oublier l’humain qu’il est avant tout. Et, surtout, il ne veut pas qu’on s’apitoie sur lui et sa communauté.
Goldfarb est un personnage hors du commun, plein de colère. Il en veut à tout le monde et encore plus à lui-même. C’est intéressant de revenir sur son passé avec lui pour mieux comprendre pourquoi il est devenu comme cela : à travers son discours, on rencontre ses parents, son ex-femme et son fils. Avec lui, on découvre encore un peu plus la culture juive, ses rites, la peur de l’antisémitisme après le passage d’Hitler… On s’immerge totalement dans sa vie, dans ses souffrances et ses instants de bonheur.
Charles Lewinsky écrit très bien : il parle de choses compliquées mais avec beaucoup de simplicité. Nous comprenons alors facilement les revendications de Goldfarb même si nous ne les partageons pas forcément. Un juif tout à fait ordinaire me fait penser à un débat : la lettre du professeur Gebhardt donne une façon de penser totalement contraire à celle de Goldfarb. C’est intéressant et très bien fait : nous n’avons affaire qu’à un seul personnage et pourtant nous lisons deux versions différentes.
Personnellement, je ne crois pas que j’aurais le courage d’aller voir cette pièce de théâtre si elle était montée près de chez moi : elle dégage beaucoup de colère. Cependant, sa lecture est plus qu’intéressante et nous permet d’en apprendre un peu plus sur la culture juive de nos jours et de nous remettre en question. A lire !
> Et si il fallait mettre une note, ce serait : 




> Un juif tout à fait ordinaire : monologue d’un règlement de comptes,est en vente directement sur le site de l’éditeur.
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