> Présentation : Traiter du religieux à l’Université ; le gérer en société contemporaine : deux registres différents, mais mêmes changements, et mêmes difficultés. Cet ouvrage raconte, pris sur le vif, des événements qui ont durement occupé l’Université de Lausanne. Il tente d’y saisir des déplacements et d’en expliciter des enjeux, et ouvre ainsi plus largement, le débat sur l’enseignement du religieux à l’Université.
> Cette critique a été rédigée par Arribat, auteur du site Avatarpage et dont vous pouvez retrouver l’ensemble des critiques sur Amazon]
> Voilà sans doute un livre parmi les plus éprouvants que que j’ai eus à lire. Le sujet pourtant me paraissait bien alléchant. Comment concilier en milieu universitaire chrétien l’apprentissage du dogme et de la doctrine religieuse destinés à former les pasteurs, et enseigner l’histoire des religions dans un cadre scientifique fondé sur la preuve, les faits.
Envisager seulement la religion dans son utilité sociale est déjà la bousculer sévèrement jusqu’à en contester parfois les bases ou même en démonter implicitement les arguments. Imaginons un instant que le séminaire chargé de former les prêtres donne également des cours sur la réalité historique de Jésus, ou sur la pérennité des croyances païennes dans les rituels de l’Eglise chrétienne. Voilà un sujet de réflexion dont la valeur avant tout est de démontrer la capacité d’une religion d’évoluer et de rechercher l’essence du religieux au-delà des formes et des utilités.
Mais voilà, je ne pense pas que le sujet soit abordé. Quand je dis que je ne pense pas, c’est tout simplement que le style utilisé pour communiquer est d’une extrême complexité. Si j’étais agacé, je dirais qu’il est ampoulé, ronflant, tortueux à l’extrême de telle manière que l’on se perd bien vite dans les démonstrations à rallonge, les arguments promis mais toujours repoussés de telle manière qu’on les pense abandonnés. C’est du langage universitaire sophistiqué à l’extrême mais qui, du moins pour le peut que j’en ai compris, semble virer au règlement de compte, à la querelle de clocher.
Que l’auteur me pardonne. Il est évident que je n’ai pas la culture ni surtout les codes qui me permettraient de casser le sens d’un discours qui se réserve à quelques élus et qui ne manquera pas de meubler leur future et éternelle félicité paradisiaque. Alors à tout prendre, je vais me louer une place en enfer.
Trêve de balivernes, ce livre a d’intérêt pour les étudiants et professeurs des universités concernés et n’aborde pas le débat promis en quatrième de page. Enfin je crois, parce qu’après de multiples tentatives de lecture, même transversale, j’ai renoncé.
Juste un extrait plus explicite que mon propre charabia.
« Pour le lecteur qui aura suivi les querelles et débats ouverts depuis quelques mois sur la place publique, le texte est sans surprise. Son intérêt tient à son statut – une interpellation formellement déposée – tout en confirmant au vu de la grille d’analyse utilisée le mode de réception publique des enjeux en cause. […]Le plus nouveau, celui à propos duquel se focalise une bonne part de l’attention – parfois de la suspicion, parfois pire- celui qui doit en même temps, à l’interne trouver et construire des accords sur fond de provenance de champs disciplinaires, voire de différence d’option, foncières ou stratégiques, l’institut qui s’appellera au final, et s’appelle aujourd’hui , Institut des religions, cultures et modernité. »