« Terrils », de Naoya Hatakeyama

Terrils

> Le livre : Terrils, de Naoya Hatakeyama, Editions Light Motiv, 50 pages, 35 €.

> Présentation: Le voyage à travers le bassin minier du Nord-Pas de Calais en 2009-2010 de l’un des plus célèbres photographes contemporains en paysage. Naoya Hatakeyama est né en 1958, vit à Tokyo. Il a représenté le Japon à la Biennale de Venise en 2001. Il a participé aux Rencontres d’Arles comme artiste invité en 2003 et 2009. Ses photographies sont conservées dans les musées les plus prestigieux au japon, aux Etats-Unis et en France.

[Cette critique a été rédigée par Alice, auteur du blog casentlebook que nous vous invitons à découvrir. A noter que cette critique a été réalisée dans le cadre de notre partenariat avec Libfly.com, dans le cadre de ses opérations  "Un éditeur se livre" permettant aux participants de recevoir régulièrement les livres d'un éditeur et de dialoguer avec lui.]

 

> Les terrils, ces « montagnes tombées du ciel ». Naoya Hatakeyama, photographe japonais, s’est fondu dans le paysage du bassin minier et a capté dans son viseur ce morceau d’histoire du Nord Pas de Calais.

Sur la route, à pied ou dans les airs, difficile de ne pas remarquer ces montagnes noires qui ponctuent la vue. On en compte plus de 300, ce n’est pas rien. Symbole d’une époque, d’un métier, de gens travaillant dans la mine, le photographe leur rend leur place, leur histoire.

Des paysages industriels avec des montagnes faites par des hommes. Une histoire, des souvenirs, une mémoire à préserver. Les paysages du Nord apparaissent aux yeux de certains tristes et gris. Naoya Hatakeyama les sublime. Il rend justice à la noirceur du charbon, aux cités minières, et nous donne à voir des vues saisissantes.

Des terrils de jour, de nuit, dans la ville ou isolés, sous la neige aussi, pour des paysages qui deviennent à travers l’appareil complètement surréalistes, et peuvent parfois faire penser à des visions de fin du monde, des scènes qui pourraient provenir pour certaines d’un film de science-fiction.

Des photographies d’un autre monde, d’une autre région, d’un autre pays, qui ne serait pas le nord, les volcans d’Islande ne semblent plus si loin, le Japon non plus.

Et puis les mots de Naoya Hatakeyama, un japonais découvrant une région, un photographe évoquant une histoire. Des mots en trois langues, français, anglais, japonais, comme pour leur rendre une dimension universelle. Des questionnements devant les vestiges d’un temps qu’il n’a pas connu, une certaine humilité aussi.

Light Motiv propose encore une fois de la belle ouvrage. Du grand format, des photos qui ont de la place pour s’exprimer, du beau papier pour s’exposer. Light Motiv est une photothèque, une agence de reportages, mais aussi une maison d’édition domiciliée dans le nord de la France. Avec ses livres, Light Motiv soulève des questions liées aux territoires, à la ville, avec une volonté de lier intimement images et mots.

 

> Extrait :

« Tu arrives 30 ans trop tard. » C’est ce que me dit un ami d’origine polonaise. Il a peut-être  raison. Sur ces immenses terrains, maintenant désertés, que l’on voit ici et là dans la région, il y a 30 ans, se dressaient encore de nombreuses installations minières. Il y a 30 ans, l’air avait encore l’odeur du charbon, et on entendait encore le fracas des machines auquel se mêlaient parfois les conversations ou les chansons des ouvriers et de leurs familles. « Maintenant que tout cela a disparu, que viens-tu photographier ? »

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce  serait:


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