« La tentation du pont », de Véronique Sels – 1

La tentation du pont

> Le livre : La tentation du pont de Véronique Sels, Genèse Edition, 232 pages, 22,5 €.

> Le pitch : Perséphone décide un jour de quitter la maison de ses parents pour « habiter » telle une clocharde sous les ponts de Paris. La jeune femme se lie d’amitié avec des personnages aussi pittoresques qu’attachants : Porphyre, le chauffeur de taxi africain qui rêve de sauver son village ; Simone, un pauvre hère malmené par la vie ; Chang, un coiffeur-moine chinois et maître Kung Fu ; Janòs, balayeur de rue, hongrois et ivrogne. Sans qu’il n’y paraisse, Perséphone va les mettre en rapport les uns avec les autres et leur vie à tous va s’en trouver bouleversée.

[Cette critique a été rédigée par Caro, auteur du blog de Caro que nous vous invitons à découvrir]

 

> La tentation du pont est un livre surprenant qui m’a plus dès les premières pages. En effet, dès l’incipit du roman, nous faisons la connaissance de Perséphone. Elle se présente comme une clocharde sale, aux cheveux gras, aux doigts noirs et à l’âge digne de celui de Mathusalem ! Mais ce qui accroche et ce qui plaît dès ces premières lignes, c’est la franchise avec laquelle elle s’exprime. Elle ne cherche pas à nous émouvoir ou a contrario nous provoquer. Non. Elle veut tout simplement nous raconter son histoire avec ses mots simples mais plein de tendresse et d’humour.

Et de l’humour, il y en a à revendre dans ce roman. D’abord, avec ce personnage de Perséphone qui préfère vivre sous les ponts, qui entretient avec beaucoup de méticulosité sa mauvaise haleine afin de repousser quiconque s’approcherait d’un peu trop près. Elle passe son temps à errer, regarder les gens, écrire dans son cahier jusqu’au jour où elle fait une étrange rencontre qui va bouleverser son existence ! En contemplant son propre reflet dans l’eau du canal St Martin, elle se rend compte qu’elle a une sorte de mission à accomplir. Désormais, elle devra se tourner vers les autres et les aider.

C’est ainsi qu’elle fait la connaissance d’une galerie de personnages tous plus farfelus les uns que les autres. Il y d’abord Janos, le cantonnier Hongrois, qui noie ses rêves de noblesse dans l’alcool; Porphyre, le chauffeur de taxi africain qui se démène pour sauver son village; Simone la femme battue et Chang le moine Shaolin reconverti dans la coiffure. Avec humour, tous ces personnages vont se croiser. Les situations s’enchaînent toutes plus folles les unes que les autres. Et une véritable amitié va lier ces paumés qui réalisent la force et la chance qu’ils ont d’être ensemble. Ils décideront de vivre ensemble dans un grand appartement : joyeux mais tendre bazar en perspective!

Au-delà de cet humour et du comique de certaines situations, Véronique Sels met en scène avec grâce des personnages perdus dans la société d’aujourd’hui, inadaptés au mode de vie parisien. Chacun a ses rêves mais aucun ne peut les formuler ou espérer les réaliser un jour. Derrière le rire et la drôlerie de leur caractère, on découvre des personnages attachants qui souffrent de leur situation et qui mettent en évidence les dysfonctionnements de notre société. La fin du roman est d’ailleurs très révélatrice. Elle m’a véritablement bluffée au point qu’il serait intéressant de relire le roman à la lumière de cette révélation.

La Tentation du pont est une belle découverte.

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de lire La Tentation du pont ?

 


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One Response to « La tentation du pont », de Véronique Sels – 1

  1. SAINT-LUC dit :

    Hmmmm, vous donnez bien envie de le lire… Quelle belle critique !

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