« Sur un petit air de requiem », de Nelly Bridenne

Sur un petit air de requiem

> Le livre : Sur un petit air de requiem – Nouvelles Caustiques et Grinçantes, de Nelly Bridenne, éditions Confession d’un polisson, 133 pages, 9 €, en vente sur le site de l’auteur.

> Présentation : 23 nouvelles pour découvrir : les biographies d’Emmett Till et de Rosa Parks, les confessions d’un repenti coiffeur, le quotidien d’un flic désabusé, la vie trouble d’un conseiller Opel, les déboires d’une mule colombienne, l’obsession médiatique d’un religieux, l’appétit sans limite d’un croque-mort, le grain de folie de vieilles dames indignes, et beaucoup plus si affinités…

[Cette critique a été rédigée par Maeve, auteur du blog Mille (et une) lectures que nous vous invitons à découvrir.]

> Malgré un titre qui peut faire peur, ce recueil de nouvelles est absolument divin. Nelly Bridenne jette un regard sur la société, contemporaine ou passée, française ou étrangère, qui ne peut laisser indifférent. Les nouvelles sont regroupées par thématique (Négritude, Mafia, Braquage, Flic, Mutant, Embrouille, Rancunier, Senior).

Le lecteur se prend de plein fouet la première histoire, J’irai pleurer sur vos tombes : celle des migrants africains, ceux qui n’ont pas d’autre choix que de s’exiler, au péril de leur vie, pour trouver une vie meilleure, même si chez eux, c’est bien joli, des plages blondes, des odeurs d’eucalyptus.  Mais voilà, pas de travail, une société corrompue, la richesse dans les mains d’une poignée d’hommes. « Les migrants rêvent de l’Europe, cet Eldorado si proche, à quelques jours de bateau seulement, où ils accosteront en Italie ou en Espagne, et pourront envoyer de l’argent à leurs mères… ». Même si l’Europe les vomit, la mer les rejette, même s’ils devront mentir, même si l’échec risque de les bannir de leur propre famille, ils tentent, jusqu’à la mort, où « Angelo, fossoyeur à Lampedusa, minuscule et lumineuse île italienne (…), creuse quelques tombes » et « les enterrera anonymement dans le carré du vieux cimetière, qui leur est réservé dorénavant« .

Cette histoire, troublante d’actualité,  a obtenu le 2e prix du Concours des nouvelles de la Ville de Tours en 2007. On comprend pourquoi ! C’est sans doute celle qui m’a le plus marquée, avec  Impardonnable négritude…, bel hommage  à Rosa Parks, Emett Till, Martin Luther King et tant d’autres.

Malgré des sujets graves, Nelly Bridenne parvient à faire sourire le lecteur, voire à le faire rire (L’Evangile selon Mohamed – La vie du commissariat, Ratatouille, entre autres) parce qu’elle porte un regard tendre sur ces êtres humains qui se débattent dans un monde devenu bien compliqué.

Il y a dans ce livre une vraie dimension humaniste, un style  simple, corrosif, qui va à l’essentiel. C’est une vraie bouffée de chaleur ! Une fois fini, on en redemande ! Une belle découverte !

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : .

> Sur un petit air de requiem est en vente directement sur le site de l’auteur

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