« Signes intérieurs de jeunesse », de Juliette Lamm

Signes intérieurs de jeunesse

> Le livre : Signes intérieurs de jeunesse, de Juliette Lamm, auto-édition, 178 pages, 10 €, à commander directement chez l’auteur, à l’adresse suivante : Juliette Lamm, 18, rue Henri Say, 92600 Asnières.

> Le pitch : Recueil de récits et nouvelles fondées sur des faits réels. Brèves rencontres. « Le drame de la vieillesse n’est pas de vieillir, c’est de rester jeune et que cela ne se voit plus » (Francis Carco)

 

[Cette critique a été rédigée par Marion F, auteur du blog Les petites chroniques hétéroclites que nous vous invitons à découvrir]

> Quand j’ai consulté la liste des ouvrages proposé mon choix s’est de suite porté sur Signes intérieurs de jeunesse de Juliette Lamm. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre mais la description donnée me faisait penser au concept d’Enfance de Nathalie Sarraute. Noyée dans mes révisions, ce livre s’annonçait comme une bouffée d’air frais.

J’ai de suite été séduite par l’aspect du livre, couverture simple et histoires courtes, ce qui n’est pas négligeable pendant les trajets en tramways. C’est donc pleine d’enthousiasme que je m’y suis plongée.

A la lecture de la première histoire, je ne savais pas vraiment où cela allait me mener. Une grand-mère discute avec son voisin dans un fast-food. Soit. La chute en revanche était bien sentie, une simple phrase qui nous fait comprendre le comportement dudit voisin. Un peu à la manière de Roald Dahl. Autant dire que j’avais hâte de continuer.

J’ai rapidement déchanté.

Je n’ai pas compris le but des autres récits qui peuvent sonner comme moralisateurs : aidez les Sans domicile fixe, ne soyez pas racistes et tolérez les transsexuels, etc. Et quelques fois, je me suis même demandée pourquoi ils étaient là, pas vraiment de fil conducteur apparent, pas de petite morale à la fin, rien. Alors d’accord, ce sont des moments de vie, j’étais prévenue par le résumé, mais au point de les retranscrire dans un recueil sans leur apporter un petit charme… Le style maladroit et certaines histoires tirées par les cheveux (par exemple dans La pomme) n’arrangent en rien la chose.

« Mais dites donc, Mademoiselle, vous disiez aimer Roald Dahl plus haut, ce même Roald Dahl qui inonde ses nouvelles de détails ». Seulement, Messieurs-Dames, chez Roald Dahl, ce qui passe au premier abord pour des détails a une importance. Relisez La logeuse où certains points comme ces ongles d’un rouge vif prennent tout leur sens. Dans Signes intérieurs de jeunesse, les détails n’apportent rien et l’accumulation de descriptions inutiles ressort d’autant plus que les récits sont vraiment brefs. Par ailleurs, la profusion de « et » et de « mais » alourdit encore plus certains passages. Et les répétitions, je ne vous parle pas des répétitions : « Curieusement le chauffeur était une « chauffeuse », c’est-à-dire une femme »

J’ai eu beaucoup de mal avec L’Europe, l’Europe… Dans le fond, l’idée me plaisait, une dame âgée qui raconte ses amours de jeunesse. Cette histoire, j’aurais pu l’aimer autant que la première, voir plus, car les mamies rigolotes, j’aime bien. Les deux dernières répliques m’ont particulièrement plu :

« - Vous aimeriez le revoir ? Vous vous rendez compte – s’il est encore vivant – à quel point il doit être vieux et décati ?

- Oui, tout comme moi, quoi ! Mais j’aimerais le revoir et lui dire deux trois choses quand même. »

Seulement, il y avait les petits passages sur l’Histoire de l’Europe du siècle dernier qui ont tout plombé, je ne sais pas si c’est mon Allemand LV1, le fait que je sorte d’un baccalauréat littéraire ou que je sois en Sciences Po mais ces précis étaient inutiles et mal placés, une sorte d’étalage de culture socio-historique.

Un détail, certes, mais qui a le don de me rebuter. Ayant grandi dans la Dombes et étudiant à Lyon, rien ne m’agace plus que le terme de « Provinciaux » : « il vient d’où ? – de la Province ». Comme si, en France, on avait Paris avec sa Tour Eiffel et que, tout autour, c’était du pareil au même, sans intérêt. Et ce mot de Province (et tous ses dérivés) apparait trop souvent dans le recueil, seules quelques villes comme Bordeaux sont brièvement citées. A contrario, on a droit aux noms des gares parisiennes. C’est comme la Place d’Italie ou la Place Péreire, sans Google, je n’aurais jamais su où c’était, alors que je suis certaine que s’il avait été question du Parc de la Tête d’or ou de la Place Antoine Poncet, la ville aurait été précisée. Sachez, Parisiens, que toute la population française n’est pas tenue d’avoir mis les pieds dans la Capitale et encore moins de connaitre par cœur le positionnement de chaque arrondissement. C’est chose dite.

 

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Pourriez-vous être sensible aux « nouvelles du quotidien » de Juliette Lamm ?

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3 Responses to « Signes intérieurs de jeunesse », de Juliette Lamm

  1. Lamm Juliette dit :

    Déception totale! La plupart de ces récits ont été publiés dans différentes revues, parfois même dans deux ou trois revues. Et la plupart de ceux qui ont lu ce petit recueil ont eu des réactions comme: « je l’ai lu d’une seule traite » (comme vous d’ailleurs, vu la rapidité avec laquelle vous avez réagi)ou  » je l’ai lu jusqu’à la fin et j’ai regretté… »que ça soit fini ».
    Marion [nom de famille effacé par le modérateur] mérite bien son nom. Un quart de son texte parle de Roald Dahl (??) et un autre quart pour dire que tout le monde n’est pas obligé de connaître Paris, la place d’Italie ou la place Péreire. Drôle de commentaire littéraire! Elle parle aussi d »accumulation de descriptions inutiles ». Un seul exeple, s’il vous plaît! Avez vous lu « Le rendez-vous »? Il a été publié dans trois revues, dont deux éditées par des Associations littéraires.
    Non; j’ai vraiment l’impression que votre site est fait pour décourager les gens.

  2. Marion F dit :

    Madame je vous prie d’orthographier correctement mon nom de famille, c’est bien la moindre des choses. Et si c’est un jeu de mot volontaire c’est franchement bancal et de mauvais gout. Ayant publié la critique sous un pseudonyme vous pourriez respecter cela et j’apprécierai que les modérateurs du site effacent la partie de mon nom de famille (mal orthographié) qui a été publiée dans le commentaire précèdent.

    Ce n’est pas parce qu’on a été publié ou repris dans des revues qu’on fait des choses extraordinaires. Qui peut dire qu’il a aimé tous les grands classiques qui sont pourtant reconnus comme des oeuvres exceptionnelles?

    Evidemment j’ai lu le livre en entier, c’est bien la moindre des choses.
    Si le site avait pour vocation de faire l’éloge de tous les auteurs auto-édités pour leur faire plaisir il n’aurait aucun intérêt.
    Quand on écrit un livre il faut pouvoir accepter les critiques négatives. Tout le monde ne peut pas aimer ce que vous faites.

    Je ne rebondirai pas sur le reste car c’est prétexte à discussions de comptoir et on ne va pas en finir.

    • Vincent dit :

      @ Juliette Lamm et Marion F : j’ai validé vos deux commentaires car je pense, de manière générale, qu’Internet est un lieu de libre expression et, dans le cas de ce site, qu’il peut permettre à des échanges positifs et constructifs de se mettre en place entre auteurs et lecteurs. Toutefois, en l’occurrence, j’ai peur que ce fil de discussion n’en prenne pas la direction.

      @ Juliette Lamm : Je peux parfaitement comprendre votre déception de n’avoir pas obtenu une critique positive sur votre livre. Toutefois, d’une part, il n’en reste pas moins que vous avez face à vous une blogueuse dont le travail doit être respecté, même si le résultat n’est pas celui que vous attendiez. D’autre part, notre objectif n’est bien sûr pas de vous décourager. Il est de vous permettre d’être lue et d’obtenir un retour sur vos publication et, en cas de critique positive, de capitaliser sur celle-ci pour vous permettre d’accroître votre notoriété et la diffusion de votre livre. Mais nous ne pouvons pas, quand vous faites appel à nous, vous assurer que vous obtiendrez cette critique positive : il en va de la crédibilité de notre démarche ! Les plus de 100 blogueurs qui collaborent avec nous aujourd’hui le font en toute indépendance et en leur âme et conscience. Ceci dit, je peux tout à fait entendre, comme Marion F le dit très bien, que votre livre aurait pu trouver un meilleur écho auprès d’un autre blogueur, tout simplement parce qu’il y a toujours, dans la rencontre d’un livre et d’un lecteur une dimension impondérable, une magie qui n’opère ou qui n’opère pas. Dans ce contexte, Emmanuel, l’autre administrateur du blog est prêt à lire votre livre et à rédiger une 2e critique, de manière à vous offrir un autre point de vue. Mais notez bien qu’il ne s’agit en aucun cas d’une remise en cause du travail de Marion F.

      @ Marion F : une nouvelle fois, merci pour votre critique. Par rapport à ce fil de discussion, peut-être aurait-il pu être intéressant de donner votre point de vue sur Le rendez vous ou sur les descriptions que vous n’aviez pas appréciées. Mais je pense que le dialogue risque d’être difficile désormais, donc je suggère d’en rester pour l’instant, si Juliette Lamm le veut bien, à la solution que j’ai proposée ci-dessus.

      Bonne soirée !

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