> Le livre : Si d’aventure tu meurs
, de Pierre Luneval, éditions du Bord du Lot, 211 pages, 16 €, en vente sur le site de l’éditeur.
> Présentation: Frédéric, professeur des écoles, ne se remet pas de l’accident ayant causé la mort de sa compagne. Après avoir renoncé à ses fonctions de directeur, il choisit d’être remplaçant et obtient un poste auprès d’enfants gravement malades. La rencontre avec ces derniers lui permet de réfléchir et de reprendre goût à la vie tandis qu’il se bat pour que le quotidien de ses élèves soit plus supportable.
[Cette critique a été rédigée par Mathylde, auteur du blog La ballade de Mathylde que nous vous invitons à découvrir]
> Tout enseignant se trouve un jour confronté à la maladie d’un de ses élèves et cela change, quoi que l’on puisse en dire, sa manière d’enseigner. C’est ainsi que Frédéric, venant d’obtenir une affectation dans un centre de soins, se voit investi d’une mission qui va dépasser sa fonction d’enseignant et va le pousser à renaître, après le traumatisme qu’a constitué la mort violente de sa compagne. Face à l’injustice de la maladie, il doit rivaliser de prouesses pédagogiques pour donner l’envie d’apprendre à des enfants qui refusent d’être initiés à la lecture car ils n’auront « pas le temps d’apprendre toutes les lettres »… Ce roman pourrait être aussi bien un témoignage sur les conditions d’enseignement si particulières dans une structure hospitalière (et malheureusement les professeurs ne bénéficient pas toujours d’une formation spécialisée … ), un regard aiguisé sur le monde de l’éducation, qu’un récit. Le narrateur revient à de nombreuses reprises sur la difficulté de communication entre la sphère médicale et le corps enseignant.
Le lecteur suit le parcours de Frédéric, ses errances comme ses nouveaux départs, ses échecs comme ses succès. Apprendre à lire à un enfant malade ne le guérit pas mais « la réussite d’un nouvel exercice renforce les défenses psychologiques [des] élèves », que ces derniers soient atteints par une maladie ou non. Les personnages de ce roman sont quasiment tous un peu meurtris, tous plus ou moins abîmés par la vie, tentant de faire face à des situations dramatiques. La question de l’acceptation du deuil est omniprésente au fil des pages. Pour autant, le récit n’est pas entièrement sombre mais se veut plutôt porteur d’espoir, ce qui est plutôt rare dans les romans abordant la maladie infantile. Comme pour défier la mort, le narrateur se fait, par exemple, conteur des mille et une nuits, laissant toujours ses élèves en proie au suspens, devant systématiquement attendre le lendemain pour connaître la suite de l’histoire mais avant tout pour faire reculer l’inéluctable…
Ce livre, empli d’humanité et de tendresse, sonne comme un hymne à la vie, même s’il révèle évidemment l’horreur de la maladie et de la souffrance. Les enfants, en particulier la petite Dorcas, atteinte par le Sida, sont en même temps porteur d’un souffle de vie qui redonner à leur instituteur le goût de vivre, tandis qu’eux sont lentement emportée vers la mort. Roman très émouvant, parfois bouleversant, Si d’aventure tu meurs, n’en est pas moins dépourvu de touches de légèreté voire de comique, nécessaires dans une lecture abordant des thèmes si douloureux.
> Extrait :
« Je serai là le lendemain. Et les jours suivants. Tu peux compter sur moi, petite fille. Et si d’aventure, un jour, tu meurs, je serais là encore, auprès de toi, pour t’accompagner. Mais sois tranquille… Ca n’arrivera jamais ! Il nous reste tant d’histoires à inventer… »
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : 




> Si d’aventure tu meurs
est en vente directement sur le site de l’éditeur.
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J’ai beaucoup aimé ce livre, sensible et grave. Le sujet est terrible, la mort d’un enfant, mais à aucun moment l’auteur ne tombe dans le pathos. Je recommande vraiment très sincèrement ce roman.