« Roms en (bidon)villes », de Martin Olivera

Roms en (bidon) villes

> Le livre: Roms en (bidon)villes, Martin Olivera, Editions rue d’Ulm, 82 pages, 5 €.

> Présentation: En France, les bidonvilles  du XXIe siècle semblent indissociables de la « communauté Rom ». Qui sont en réalité les habitants de ces baraques construites dans les interstices urbains ? Quels sont leur quotidien, leurs difficultés ?

[Cette critique a été rédigée par Dan29000, du blog  danactu-resistance que nous vous invitons à découvrir.]

 

> En ces temps de crise, les gouvernements en Europe aiment à pratiquer la politique du bouc-émissaire, cela fut le cas pour la France l’an passé où l’été fut marqué par une insupportable « chasse » aux Roms. De tout temps il est plus facile de désigner des minorités sur un territoire donné que de tenter de résoudre les problèmes posés.Alors qu’en est-il de ces Roms vivant dans de multiples bidonvilles ? Un habitat aussi précaire que souvent caché, dans les zones périphériques de nos cités, là où personne ne devrait vivre. Sont-ils des migrants comme les autres ? Comprenons-nous bien les difficultés auxquelles ces populations sont confrontées ?

C’est à quelques questions de cette problématique que tentent de répondre ce petit livre, qui est en réalité la transcription d’une conférence-débat initiée par l’Association Emmaüs. Le but étant de rapprocher la réflexion universitaire et l’action sociale sur le terrain. Très louable intention qui est ici parfaitement réalisée dans les propos de Martin Olivera, ethnologue et docteur de l’université Paris Ouest-Nanterre. Il est membre par ailleurs de l’Observatoire européen Urba-rom, fondé en 2009. Quelqu’un qui manifestement connaît bien le sujet, d’autant plus qu’il est formateur dans le 93 auprès des professionnels du secteur social (Rues et cités) et qu’il a déjà publié Roms de Roumanie, la diversité méconnue en 2009 et La tradition de l’intégration, une ethnologie des Roms Gabori en 2011, aux éditions Petra.

La conférence débute sur un rapide et utile historique de l’histoire des bidonvilles. Cela est d’autant plus nécessaire que cette période nous semble déjà lointaine, alors qu’ils sont de retour depuis les années 90. Puis, l’auteur répond à la question que beaucoup se posent, Roms et Tsiganes sont-ils une population problématique ? Donc, mise au clair des différences entre les deux, et rappel de la nouvelle donne issue de la chute des régimes staliniens en Bulgarie et Roumanie.

Sont ensuite passées en revue les politiques de rejet avec les freins à l’insertion des familles, mais aussi les projets d’accueil, avec toujours l’épée de Damoclès des expulsions de terrain qui se multiplient depuis deux ans.

A lire cet édifiant petit livre, l’on comprend que les Roms sont avant tout des migrants économiques,  que cette présence dans l’hexagone ne peut pas être considérée comme un problème franco-français, mais européen, et surtout qu’il ne s’agit pas d’un problème ethnique comme voudraient nous le faire croire certains.

En conclusion, on ne peut que recommander cette lecture. Brève, claire, compréhensible, argumentée où l’on ressent une forte expérience  de la part de l’auteur. En fin de volume, quelques pages sont réservées à un rapide dialogue avec l’auditoire.

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :


 

 

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