> Le livre : Renaître de Martine Maillard, illustrations de Raphaël Godefroy, éditions Stellamaris, 110 pages, 14,50 €, en vente sur le site de l’éditeur.
> Le pitch : Errances à travers la solitude, l’échec, la folie, dans un immense amour de la vie. Quête éperdue de la lumière qui, passé le dédale de la mort et de ses déchirures reparaît enfin lus éclatante que jamais.
[Cette critique a été rédigée par Anne, auteur du blog Des mots et des notes que nous vous invitons à découvrir.]
> Renaître est un recueil de poésie de Martine Maillard, illustré par Raphaël Godefroy, d’une toute jeune maison d’édition basée à Brest, Stellamaris. Voici ce que j’ai trouvé sur Martine Maillard : « Née de parents musiciens et enseignants, Martine Maillard s’est ouverte à la fois aux arts et à la culture. Après avoir édité un recueil de poèmes à Paris en 1974 aux éditions Saint-Germain-des-Prés, le Rossignol d’Argent, elle s’est partagée entre la pratique musicale de plusieurs instruments, l’enseignement et l’écriture. Dans ses écrits, elle essaie de partager son amour de la vie et des arts. »
Mais parlons du livre ! Il faudra me pardonner si je ne parviens pas à trouver les mots pour parler de poésie. Je goûte les mots, les images, sans parvenir à structurer mes impressions.
On est d’abord intrigué par le choix de l’illustration de couverture : il s’agit d’un peigne distribuant l’eau dans la palmeraie de Timimoun (Algérie), une photo prise par l’auteur elle-même. Des palmiers, de la terre, de l’eau, de la lumière : si la photo est un souvenir personnel de l’écrivain, elle a sans aucun doute de l’importance par rapport à ce recueil poétique. Il est d’ailleurs dédicacé “à mes trois filles qui m’apportèrent chacune sa lumière et sa fraîcheur”.
L’ouvrage est divisé en trois parties : Le passage, Labyrinthes et flammes, La remontée du fleuve.
Le passage est présenté comme “Poèmes d’une jeune femme amoureuse dont la sensualité s’exprime en termes de paysages et de nature jusqu’au moment où un manque se fait jour, jetant l’angoisse dans ses rêves qui deviennent fantastiques et la poussent à un dépaysement vécu comme cosmique. “Mourir” prend alors le sens de“passer de l’autre côté”, derrière le décor en quelque sorte.”
Labyrinthes et flammes est « un itinéraire à travers la folie, ses cris et ses lueurs, comme une descente aux enfers.”
Enfin, La remontée du fleuve : « Aux berges du fleuve, c’est le bonheur, ou la naissance d’un enfant. Puis des eaux troubles apparaissent, et ce n’est qu’en remontant vers la Source, une haute cascade, que la « pureté » originelle est retrouvée »
On le sent, Martine Maillard est inspirée par les légendes, la mythologie, il y a dans ses textes un rapport à une certaine forme de sacré, une origine et une fin, qui donne sens à sa recherche, à son écriture. Le titre et l’agencement des trois parties de ce livre en sont, me semble-t-il, représentatifs, même si les trois parties ont d’abord été publiées séparément. La mort, le mystère, la quête mystique se mêlent à la nature pour donner vie à une oeuvre poétique à la fois simple et complexe.
Les images de nature, d’espace, d’astronomique, de nuit, de jardin et de lune, de quête amoureuse, jouent dans des formes variées, tantôt classiques, tantôt libres et éclatées, tantôt ludiques comme l’acrostiche. La mise en page assez sage laisse plutôt parler, éclater l’amour de la vie, la curiosité, la quête de la lumière. Et si le propos est plutôt lyrique dans son ensemble, une petite touche d’humour ou de folie pointe deci-delà.
Voici deux extraits, l’un en acrostiche, Hermine, l’autre en forme de boutade poétique, Drôle de couple.
« H armonieuse parmi ces chemins étoilés,
E trange dans la nuit aux sources invisibles,
R ègne sur l’infini des astres en allés,
M êle à tes cheveux clairs leurs rêves impassibles…
I mmobile et sereine au centre du brasier,
N e verras-tu jamais la forêt s’extasier
E t frémir à l’appel de tes grands yeux paisibles ? »
« Tu ne m’as même pas fait la charité
Reproche-t-il
Je ne suis pas née pour la charité
Répond-elle
Et tombent tombent les petits oiseaux
De Camargue »
Trois illustrations de Raphaël Godefroid (qui semblent réalisées à l’acrylique, mais je ne suis pas spécialiste) complètent cette édition. Elles introduisent d’abord chaque partie en noir et blanc et sont rassemblées à nouveau à la fin de l’ouvrage, en couleurs.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : 




> Renaître est en vente directement sur le site de Stellamaris.
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir le recueil de Martine Maillard ?
Imprimer
C’est un livre de poésie que je viens de lire et il est merveilleux.
clémentine séverin