> Le livre:Que reste-t-il de nos divorces ?, de Valérie Pineau-Valencienne et Corinne Bellier, France-Empire éditions, 226 pages, 18 €.
>Présentation : Comment refaire surface quand votre mari est parti en prenant soin de vous mettre la tête sous l’eau ? Marie et Catherine, mères solitaires, poursuivent leurs trajectoires amoureuses entre humour grinçant et amitié indéfectible. L’une, Catherine, vient d’être abandonnée par son mari après vingt ans de vie conjugale. L’autre, Marie, vit seule avec ses deux enfants depuis bientôt dix ans ; deux femmes qui ne sont pas au même chapitre de leur existence.
[ Cette critique a été rédigé par Emeralda, auteur du blog Espace Temps Libre que nous vous invitons à découvrir]
Voilà un roman écrit à quatre mains et nous voici avec deux protagonistes principales : Marie est la première que nous rencontrons dans cette lecture et d’emblée elle me plait. Pourquoi ? Parce que comme elle, je me la joue mère indigne qui roupille un peu le matin pendant que mes filles déjà debout se débrouillent seules. Pourtant, elles m’adorent et comprennent comme Anouck, sa fille, que maman est fatiguée, mais que c’est la plus belle au monde malgré ses cernes, sa chevelure en pétard, etc. Voilà un amour inconditionnel et unique !
J’aime les mères un tantinet à l’Ouest comme Marie parce que, moi aussi, je suis loin d’être parfaite. Cela me rassure. On a beau se dire que l’on assume le fait d’être des mères indignes, on n’en demeure pas moins sensible au miroir que nous tend les autres (mères parfaites). La comparaison est le plus souvent peu flatteuse.
Catherine fait vite son entrée en scène. Elle n’est pas à son avantage, mais les circonstances plaident en sa faveur. Elle m’est aussi d’emblée très sympathique. Elle est moins pimpante, moins directe, plus effacée que Marie, mais c’est aussi parce que, pour elle, la séparation avec son mari est encore très fraiche. Elles n’en sont pas au même stade.
Malgré un thème peu joyeux au départ, j’ai beaucoup souri. Le style est frais, dynamique et enlevé. C’est très imagé et les touches d’humour ne manquent pas. Je me retrouve, là aussi. Ce n’est pas parce que c’est la galère la plus complète qu’il fait en perdre son sens de l’auto-dérision. Bien au contraire, il ne nous reste plus que cela. Et puis rire ou sourire de ses propres malheurs, c’est déjà aller de l’avant, ne pas se laisser couler. On ne s’ennuie jamais, c’est agréable à lire, facile d’accès et indéniablement très féminin.
Ce n’est pas de la chick-lit, c’est quand même un cran au-dessus, mais c’est très actuel, dans l’air du temps. On va alterner ainsi de l’une à l’autre (Marie et Catherine). On verra bien vite que chacune souffre, même Marie, c’est juste que cela se vit un peu moins, que c’est plus insidieux.. moins frais, mais tout aussi vivace car on ne se remet jamais totalement de ce type d’épreuve. On en garde des cicatrices et l’on doit bien faire avec. En clair, c’est du quotidien, certes un peu romancé, mais très parlant pour beaucoup d’entre nous (quelle est la part autobiographique de ce livre ? Parce que je doute qu’il n’y en ait pas, question d’intuition féminine).
Que mon mari se rassure, je suis très heureuse dans notre couple, mais il n’empêche que la gente masculine n’est pas épargnée. Les hommes ne sont pas les lecteurs ciblés en premier lieu, donc c’est un moindre mal, mais si certains venaient à lire ce roman, au moins ils auront été avertis que cela va être leur fête !
Quand on referme cet ouvrage, on se dit que c’est bien dommage de se quitter ainsi. Une suite serait sans doute la bienvenue car la vie continue que diable et je ne doute pas un seul instant que Marie et Catherine ont encore plein de choses à vivre.
> Extraits : « Le téléphone sonne : une amie, Patricia, qui prend de mes mauvaises nouvelles. Avant de raccrocher, elle m’encourage : « Tu as des enfants, des amis, tu n’as que quarante-sept ans, il te reste la moitié de la vie devant toi, etc. » En langage dépressif, cela se traduit par : « Sois à la hauteur devant tes enfants, ne te laisse pas aller devant tes amis, prépare-toi à quarante ans d’incontinence et le plus tôt sera le mieux ! »"
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Nous vous encourageons particulièrement, Messieurs, si vous lisez ce livre, à venir partager vos commentaires à la suite de ce billet !
Je n’ai pas eu le même plaisir à cette lecture assez vite ennuyeuse et clichée