> Le livre :Pizzicato de Yaël König, éditions Yago, 300 pages, 19 €
> Présentation : Jean Bertini, célèbre violoniste, est assassiné à Nice. Jeune inspecteur, Nathan Godfine mène l’enquête, mais l’affaire ne sera jamais résolue. Quinze ans plus tard, le ténor Isaac van Jong est tué avant d’entrer en scène. A côté de son cadavre gît une poupée mutilée. Voilà qui rappelle de vieux souvenirs à Godfine qui se lance dans une enquête qui le mènera des coulisses feutrées de l’Opéra aux bas-fonds de la ville de Nice, et mêler souteneurs, politiciens, musiciens et prostituées.
[Cette critique a été rédigée par Renée Gaivort, auteur du blog Reneesens que nous vous invitons à découvrir.]
>Immédiatement séduite par la couverture, je me suis empressée de lire Pizzicato. Il faut dire qu’à part les romans de Fred Vargas, je ne lis pas de policiers français (plutôt américains ou anglais), c’est donc un attrait supplémentaire pour moi. À Nice, un jeune inspecteur échoue à élucider un crime et se retrouve confronté, quinze ans plus tard, au même assassin, dans le milieu fermé de l’opéra.
L’ambiance niçoise est brillamment reconstituée : le soleil, les quartiers, la mer… On s’y croirait, un peu en vacances et à mener l’enquête en même temps ! De même, le milieu de l’opéra et du violon sont bien décrits : références aux grandes œuvres d’opéra, fétichisme du violon comme objet transcendental et de recherche de la perfection. Là encore, on s’y croirait.
Dès le premier chapitre, le ton est donné et le décor planté avec force. En effet, dès la première phrase, j’ai été plongée d’emblée dans l’horreur du crime grâce à l’impact des mots et l’aspect malsain et gratuit des actes de l’assassin.
Le livre est prenant mais trop rempli de portraits de chanteurs : des chapitres entiers, au détriment, il me semble, d’une réelle investigation d’enquête. De plus, celle-ci se résume essentiellement à des interrogatoires. Où sont les vrais indices ? Les pistes ? La recherche des points communs aux victimes ? L’enquête manque donc de dynamisme et d’approfondissements concrets de la part de Nathan, l’inspecteur passé commissaire. Certes, il raisonne selon une logique personnelle au fil de l’histoire, mais le lecteur n’a pas assez d’indications pour suivre ses réflexions et questionnements.
C’est un roman policier, et comme n’importe quel lecteur j’imagine, j’ai cherché à identifier le tueur. On le démasque assez rapidement grâce à une particularité du roman : des paragraphes écrits en rouges (rouge sang bien sûr !), qui parsèment les pages, relatant les pensées du tueur névropathe. On fait vite le recoupement. Mais sans en être totalement sûr… Ce qui ajoute un peu de piment.
Un détail m’a laissée perplexe : dans ces paragraphes rouges, un mot en gras revient souvent, comme un leitmotiv. C’est le mot « séraphique ». Malheureusement, l’auteur ne nous donne pas de clé pour décoder le mystère qui lie ce mot au reste de l’histoire…
D’une façon plus globale, les mots sont choisis avec soin et parviennent à enrichir le récit avec force, précision et parfois harmonie, et c’est le principal atout du roman. L’auteur agrémente même le texte de-ci de-là d’assonances et d’allitérations (figures de style). À l’opposé, j’ai remarqué quelques coquilles orthographiques, de syntaxe ou typographiques dans le récit. Dommage.
Enfin, l’esthétique du livre est indéniable : belle couverture, toucher du papier agréable, textes en rouge, points rouges entre les paragraphes… Cette « beauté » est un peu le miroir de la recherche de perfection et d’idéal (dans un autre registre, celui de la mort…) de l’assassin.
> Extraits :
« Le pharynx écrasé exhala un dernier son, léger comme la naissance d’un vent printanier »
« Elle vivait la musique et la musique revivait par elle, dans une osmose éclatante dont tous étaient les témoins éblouis »
« Il aimait les violons comme on aime une étoile, mais ses mains ne savaient pas leur parler »
« Nathan continuait d’être sollicité par une sorte de gêne, comme la prescience d’un indice qui affleurait sa conscience sans pouvoir percer. C’était agaçant et stimulant » (allitération avec le son « s »)
> Et s’il fallait mettre une note , ce serait :
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie d’ajouter Pizzicato à vos livres de plage, en cette période estivale ?
J’ai lu Pizzicato à sa parution et je l’avais bien apprécié. Les livres des éditions Yago sont soignés, différents de ce que publient les autres éditeurs, et il y a des pépites comme Le bateau-usine (japonais), ou de jeunes auteurs sud-africains.
Je voudrais simplement vous remercier d’avoir jugé intéressant de signaler mon livre, Pizzicato, que j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire. J’ai pris connaissance de vos commentaires avec intérêt et je vous félicite de la finesse de votre lecture.
Merci aussi aux commentateurs: les éditions Yago, indépendantes et passionnées de Littérature, seront contentes de savoir que leurs efforts sont remarqués des lecteurs: je m’en vais de ce pas partager ma joie avec eux!
Et si on continuait autour d’un café?
Mille fois merci
Yaël
J’ai lu Pizzicato à sa parution et je l’avais bien apprécié. Les livres des éditions Yago sont soignés, différents de ce que publient les autres éditeurs, et il y a des pépites comme Le bateau-usine (japonais), ou de jeunes auteurs sud-africains.
J’ai bien aimé moi aussi, l’histoire, le style et le livre, plutôt bel objet, comme ceux de Yago que j’ai déjà pu lire.
Je voudrais simplement vous remercier d’avoir jugé intéressant de signaler mon livre, Pizzicato, que j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire. J’ai pris connaissance de vos commentaires avec intérêt et je vous félicite de la finesse de votre lecture.
Merci aussi aux commentateurs: les éditions Yago, indépendantes et passionnées de Littérature, seront contentes de savoir que leurs efforts sont remarqués des lecteurs: je m’en vais de ce pas partager ma joie avec eux!
Et si on continuait autour d’un café?
Mille fois merci
Yaël