>Le Pitch : Ce récit à la première personne raconte l’histoire d’une gentille canaille deBéziers. Il ressuscite avec humour et tendresse un monde aujourd’hui disparu : celui de la guerre et de l’après-guerre dans un milieu ouvrier. L’école apparaît accessoire, malgré les brimades ou les efforts des instituteurs, à ce jeune gamin des rues et des champs, qui échoue au certificat d’études.
[Cette critique a été rédigée par Evilysangel auteur du blog Evilysangel, que nous vous invitons à découvrir.]
> Je suis bien embêtée pour parler positivement de ce roman, car je ne l’ai pas aimé. L’histoire aurait pu être passionnante, mais les trop nombreuses répétitions de certaines figures de style, telles des gradations ascendantes à tous les coins de phrases ou l’emploi de termes un peu trop pointus pour évoquer des choses simples comme la pêche ou la rivière, m’ont freiné dans ma lecture.
Je m’attendais à un récit cocasse et des anecdotes de gamins empreintes de souvenirs tendres. Je n’ai eu que des histoires assez banales au cœur d’un récit pompeux entremêlées de digressions improbables sur «ce qui était à l’époque et qui n’est plus maintenant» ou «ce qui fait que maintenant ce n’est plus pareil qu’avant». Je sais que je schématise beaucoup, que je suis peut-être dure avec ce roman, mais je me suis franchement ennuyée à le lire…
Malgré tout, et pour ne pas être complètement négative, j’ai bien apprécié la dernière partie du roman où Pierrot entre dans la vie active. Le déroulement de son travail, la façon dont il devient fier de ce qu’il accompli et le sujet, à peine effleuré, des grèves et des réclamations sociales des ouvriers m’ont bien plus intéressé que ses cagades de jeune enfant « qui n’a jamais rien fait de mal mais a toujours suivi celles des autres. »
J’ai également bien aimé lorsque Pierrot évoque les spectacles auxquels il se rend le dimanche. Même si je n’ai pas exactement compris pourquoi il ne nomme pas explicitement la chanteuse…
J’ai été franchement déçue de ce roman. Peut-être en attendais-je trop ? Peut-être que je n’étais pas du tout en phase avec ma lecture au moment de découvrir ces pages… Cependant, je me dois de dire que le récit évolue positivement au fur et à mesure de l’histoire et la fin est bien pluscaptivanteet piquanteque les deux premiers tiers du roman.
> Extrait :
«Elle a eu ses heures de gloire, a été l’attraction d’une ville, le point de ralliement, l’été, de la jeunesse et des moins jeunes : poissons, pêcheurs, rameurs, promeneurs, guinguettes, danseurs, baigneurs, nageurs, oiseaux, roselières peuplaient ses berges, y établissant une vie festive. La roue a tourné, mise au rencard, le panneau baignade interdite tient lieu d’exclusion.
Frappée d’obsolescence, elle a cédé la place à la mer, si proche, si actuelle. Passant outre sa désaffection, elle continue de couler au bas de la ville dans l’indifférence. Sait-on encore qu’il y a une rivière ? Jusqu’au jour où elle entre en transe. Ses crues sont ses coups de folie qui concerne à nouveau le citadin. Tel l’enfant prodigue, elle retrouve, sous les feux de l’actualité, son audience passée. » pp.100-101.
Bon, eh bien, il n’atterrira pas dans ma PAL, lui ! Le pitch semblait attrayant mais bon…