> Le livre : Petite étoile khmère : Traces de vie d’une femme cambodgienne
, écrit par Viginie Montefiore sur un récit de Champey Peik, Potentiel d’action Editions, collection Partages de vie, 160 pages, 16 €, en vente sur le site de l’éditeur.
> Présentation : Champey Peik est née en 1960 à Phnom-Penh. Son père est alors officier supérieur sous le règne de Norodom Sihanouk. Elle connaîtra l’exil à 14 ans et ne reverra pas une grande partie de ses proches disparus lors du génocide, de 1975 à 1979. Champey retourne vivre au Cambodge 20 ans plus tard et assiste à la 1ère élection libre depuis la chute du régime des Khmers rouges. Dans ce récit, Virginie Montefiore raconte le parcours de Champey Peik, véritable témoignage sur le Cambodge d’hier et d’aujourd’hui.
[Cette critique a été rédigée par Myriam Veisse, auteur du blog de Mimi que nous vous invitons à découvrir]
> Dans ce récit, Virginie Montefiore raconte le parcours de Champey Peik, véritable témoignage sur le Cambodge d’hier et d’aujourd’hui. Un grand merci aux agents littéraires qui ont pensé à moi et m’ont proposé de lire cet ouvrage, et à l’éditeur qui a bien voulu me le confier.
Nous avons affaire ici à un ouvrage un peu particulier, puisqu’il est écrit à deux mains… Enfin presque. Champey Peik a livré son témoignage, a ouvert sa mémoire à Virginie Montefiore qui s’est chargé de la mise en forme, et en mots. « Je n’ai pas voulu écrire moi-même ni traverser seule cette période de souvenir, et j’ai confié mon récit à l’écoute attentive de l’auteur. » J’ai trouvé cela honnête, et beaucoup d’écrivains pourraient s’inspirer de cette sagesse…
Sur la forme, il s’agit d’un court récit, constitué d’une multitude de petits chapitres, écrits comme si l’auteur et la « récitante » ne faisaient qu’un. C’est » je » qui prévaut. Il n’y a pas de dialogue, ou très peu, mais des citations qui viennent des membres de sa famille. Cela rend la lecture plus vraie, et place Champey Peik au cœur de ces souvenirs.
Sur le fond, Champey Peik, dans un souci de travail mémoriel, et désireuse de transmettre à ses filles son histoire, retrace de manière linéaire un parcours qui, lui, n’est pas linéaire. Par rapport aux autres témoignages de victimes directes du régime cambodgien que j’ai pu lire, ici, dans son malheur, elle s’avère avoir eu plus de chance (même si une partie de sa famille, restée au pays, paiera le prix fort) puisque qu’elle a pu fuir le pays, et se reconstruire ailleurs.
Le récit est axé sur les us et coutumes cambodgiennes de la famille de Champey Peik. On y découvre une société éprise de sagesse, et rompue au culte des ancêtres. Les évèéements d’avril 1978 seront une rupture sans précédent, et sonneront le glas de cette famille de la bonne société cambodgienne et unie. Nous apprenons beaucoup sur la culture khmère, et sur la capacité insoupçonnée à rebondir de tous ces peuples asiatiques imprégnés de Bouddhisme. « Le passé, présent en chacun de nous, doit nous rendre plus fort. »
Le style est très accessible et assez simple et ce livre se lit vite et facilement. J’ai apprécié la présence en annexe d’un certain nombre de documents. Cependant, il manque une certaine chaleur dans le récit, du liant et surtout, de la profondeur. J’aurais apprécié que les choses, et les faits soient abordés avec plus de conviction et, peut-être, plus de tripes.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : 




> Petite étoile khmère : Traces de vie d’une femme cambodgienne
est en vente directement sur le site de l’éditeur.
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Ce génocide est le pire qu’ait connu l’humanité, du moins si l’on rapporte le nombre de morts au total de la population.
Unique également, l’accueil d’abord fait aux khmers rouges par le peuple cambodgien, qui reconnaîtra trop tard en eux ses bourreaux.
L’expérience doit être très dure à raconter, et c’est peut-être pour celà que Champey a laissé le soin à virginie Montefiore de coucher sur le papier ce qu’elle a vécu.
Ceux qui ne l’auraient pas encore vu doivent se procurer le fabuleux film d’Oliver Stone « Entre ciel et terre »: même si l’action y est située au Viêt-Nam et non au Cambodge. c’est la même terreur qui s’abat sur des populations innocentes au nom d’une idéologie démente. Brrr…
A lire également, une odyssée cambodgienne, dont est inspiré le film la déchirure…..