« Paris 1910-1940, une capitale au-dessus du volcan » présenté par Vincent Bouvet

Paris 1910-1940, une capitale au-dessus du volcan,

>Le livre : Paris 1910-1940, une capitale au-dessus du volcan, présenté par Vincent Bouvet, éditions Nicolas Chaudun, 215 pages, 42 €.

> Présentation : Ce livre offre à nos yeux une galerie de photographies, souvent inédites, issues des archives de l’agence Roger-Viollet. Cette sélection de 200 portraits est présentée par Vincent Bouvet et, de la « Belle Epoque »  à l’Occupation, nous croisons ainsi les visages de tous les grands noms de ces « années folles » : Picasso, Renoir, Coco Chanel, Jean Cocteau, Edith Piaf, Jean Gabin, Mistinguett, Modigliani, Malraux, Aragon, Arletty, Joséphine Baker, Eluard, Fernandel et tant d’autres.

[Cette critique a été rédigée par Cajou, auteur du blog Plume de Cajou que nous vous invitons à découvrir.]

 

> J’ai pris beaucoup de plaisir à lire et à contempler ce « beau livre » comme on dit, car il nous offre un voyage au cœur de Paris, de son histoire, de ses bouleversements, dans lequel les images ont autant d’importance que le texte.  Chaque photographie est ainsi accompagnée d’une légende courte mais riche d’informations.

Il est difficile de vous parler de cet ouvrage de façon succincte, car l’envie est forte de commenter toutes les illustrations. Alors, j’ai choisi de relever quelques instantanés, parmi tant d’autres, qui ont attiré mon attention : les mains d’Auguste Renoir déformées par les rhumatismes (auxquelles il avait fait attacher ses pinceaux pour pouvoir continuer à peindre), l’atelier de Piet Mondrian (Waouh ! Il vivait littéralement DANS son œuvre), Sonia Delaunay drapée dans un tissu de sa création (je la connaissais pour ses peintures TourEiffelesques mais pas du tout pour son travail dans le monde de la mode), Louis-Ferdinand Céline devant la Maison de Zola (il a l’air si paisible et inoffensif… Quel contraste avec à ses écrits), Joséphine Baker, grimaçant devant une sublime voiture d’époque, La Ruche, une vieille bâtisse qui abritait les grands talents de la peinture et de la sculpture des années 30 (autant la photo que le sujet sont à tomber), Modigliani et ses amis peintres plaisantant à la sortie du Métro (moi qui voue une passion inconditionnelle à Modigliani  – sa vie et son œuvre – j’ai contemplé ces photographies prises sur le vif avec grand intérêt et émotion), son ami Moïse Kisling, dans une sublimissime photo sur laquelle on le voit griffonner dans un carnet, avec la cigarette à la main, entouré de pinceaux et de son modèle nu, Edith Piaf, tellement plus belle que l’image que m’avait laissée le film La Môme, les danseuses des Folies Bergères, seins nus parmi les plumes et paillettes, Jean Gabin en 1930, l’air ténébreux et déjà  l’aura du monstre sacré (à voir de lui toujours les mêmes photos, j’en avais presque oublié qu’il avait été jeune un jour), Pablo Picasso, assis sur son lit et tellement plus beau que ce physique « porcin » véhiculé par de nombreux films, et enfin, une merveilleuse photographie du bureau de Paul Valery, avec une bibliothèque dans un désordre ordonné et pleine à craquer.

Le livre est divisé en chapitres aux noms évocateurs : Salonnards et Rebelles, Modernité, Bohème, Scène, etc. Au début de chacun d’entre eux, une double page reprend quelques informations historiques sur la période et ensuite, nous avons le plaisir de découvrir tout cela en photographies. Des portraits de personnages illustres, restés dans la postérité ou pas, ainsi que des photos de la ville, avec ses rues, ses Halles, sa jeunesse, etc.

La partie que j’ai préférée, sans aucun doute, est celle consacrée à la Bohème,  l’époque du Bateau-Lavoir, là où l’on pouvait croiser, à Montmartre, Picasso, Modigliani, Soutine, Max Jacob, Apollinaire, et tant d’autres artistes, passionnés et habités par leur art… C’est une époque très chère à mon cœur (ma préférée ?) et tout ce que je n’avais pu qu’imaginer jusque-là, a littéralement pris vie sous mes yeux. Un régal !

En outre, autant pas mal de portraits sont surannés, notamment dans la pose et la mise en scène (ce qui fait tout leur charme et leur intérêt), autant j’ai été étonnée de la modernité de certaines photographies, qui pourraient tout à fait prendre place dans les revues actuelles de Mode, comme, par exemple, un sublime portrait de Tamara de Lempicka ou celui de la superbe Danielle Darrieux.

En deux mots, un ouvrage que vous recommande, tant pour les magnifiques portraits que pour la multitude d’anecdotes et d’informations sur l’époque, et qui fera, sans aucun doute, un très beau cadeau à déposer au pied du sapin pour tous les amateurs d’histoire et de photographie.

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :



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5 Responses to « Paris 1910-1940, une capitale au-dessus du volcan » présenté par Vincent Bouvet

  1. Lydia dit :

    Voilà qui donne envie. Ce livre a l’air vraiment très beau et cette critique est superbe. Merci.

  2. Merci beaucoup pour ce commentaire. Et, en effet, ce livre est très beau !

  3. Lydia dit :

    Je viens de lire L’Hôtel de la Marine aux mêmes éditions, un très beau livre également. Je vais me pencher de plus près sur ces éditions qui m’ont l’air d’avoir des ouvrages vraiment intéressants.

  4. Lydia dit :

    Merci beaucoup Boudjema. Je vais régulièrement sur votre site depuis.

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