« Pages volantes », de Frédérique Bué

Pages volantes

> Le livre: Pages volantes, de Frédérique Bué,  Mon petit éditeur, 125 pages, 16 €.

> Présentation : On l’achète, on le dévore, on le boude, on le perd en voyage, on le prête à un ami, on vous le perd, on le donne, l’ami vous le rend, on le trouve sur un banc, on l’oublie à la plage, on le retrouve derrière le canapé, on l’ouvre, on le couvre, on l’écorne, on l’annote si affinité, on le jette si inimitié… Il est notre chose, dans la poche, le cartable, le métro, les toilettes pour certains, le lit pour d’autres, entre nos mains, voire une seule… Il est l’objet livre. Mais l’avons-nous jamais entendu en tant que sujet d’une libre parole que l’autre, l’auteur, lui confisque dès parution?

[ Cette critique a été rédigée par Kittiwake, du blog kittylamouette que nous vous invitons à découvrir.]

 

> Si je vous dis que le narrateur de ce court roman va être acheté, kidnappé, disséqué, enterré puis déterré, cloué au mur, exposé pour finir entre vos mains et devenir à double titre votre chose… Devinerez vous sa nature ? Quelques indices : vous qui lisez cette critique, vous êtes vraisemblablement un fan, voire un «addict», puisque ce héros subissant de multiples exactions dont il vous fait le témoin est … un livre.Un ouvrage imprimé, imparfait car il porte comme un fardeau un défaut d’impression d’un de ses paragraphes, que le lecteur est invité, comme l’ont fait d’autres protagonistes de l’histoire, à compléter. Un ouvrage rebelle et exigeant, fustigeant son auteur qui le saborde, pointant du doigt le lecteur inattentif…

Le lecteur a souvent été mis à contribution dans nombre de romans, mais il est plus rare que le livre, objet tenu entre les mains en devienne le héros. Avec une belle écriture, riche et qui requiert de l’attention, non qu’elle soit difficile d’accès mais parce que l’on risque en se hâtant de passer à côté de belles expressions et de nombreuses clins d’oeil littéraires. D’ailleurs, une seconde lecture de ce livre me paraît justifiée, car libérée de l’impatience de connaître les rebondissements de l’intrigue, l’attention pourra se concentrer sur le procédé narratif et apprécier la beauté du texte

J’ai éprouvé un plaisir certain à me replonger chaque soir dans cette lecture, et à découvrir un nouvel épisode des aventures rocambolesques de ce héros de papier. Il est certain que peu de ses semblables ont le privilège de vivre un destin aussi mouvementé.

D’autres qui pourraient ainsi prendre la parole, ce sont ces livres-voyageurs que l’on dépose ça et là pour un partage anonyme.

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait:

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir Pages volantes ?

 

 


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