« Mosaïque », de Clélia

Mosaïque

> Le livre : Mosaïque de Clelia, auto-édition, 58 pages, 9 €, en vente auprès de l’auteur.

> Le pitch : Périple d’une enfance qui se construit grâce à une relation. La découverte d’horizons insoupçonnés, projette un petit bout d’enfant dans le monde extraordinaire d’une adulte devenue « sa fée ». Non résolue à quitter définitivement l’enfance, l’adulte plonge dans l’univers de son protégé ; en partageant les délires de l’enfant, elle prolonge et solde sa propre enfance.

[Cette critique a été rédigée par Gwordia, auteur du blog de Gwordia que nous vous invitons à découvrir]

 

> Première page :

« Des carambars géants plantés à la verticale, avec entre chaque, des carambars couchés superposés et du réglisse déroulé partout autour.

C’est une planète sur laquelle les carambars qui poussent sont tous habités. Ca fait du monde qui perche des fois très haut avec une vue au loin, parce qu’aux premiers étages, ils ne voient qu’une cité de carambars.

Il y a bien une petite pelouse par ci par là, mais interdit d’y aller, faut pas l’abîmer. Non, pour jouer faut aller plus loin, où il y a trois balançoires en fer qui gondolent et un tourniquet sur lequel on ne peut plus s’assoir, qui pleure à chaque tour qu’on lui impose.

A l’extrémité de la pauvre aire de jeux, un haut grillage signifie la fin de la cité. Commencent alors des terrains vagues et des carrières signalées par un « Dangereux interdit ».

Au milieu de cela, des gosses jouent, grandissent, vivent. »

> Le décor est planté, on évolue dans le béton. Et c’est un petit garçon atypique qui évolue dans cette grisaille. Adepte du troc et ami de tous les animaux, il fait le désespoir de sa maman, dépassée par sa vie, par ses angoisses, par sa rigueur. Heureusement, cette maman a une qualité, celle d’avoir une amie originale en or, qui pare au mieux à tous les manquements ou les emportements. C’est ainsi que ce petit garçon atypique et cette amie originale vont être amenés à passer pas mal de temps ensemble…

Si la présentation du livre parle d’une sortie de l’enfance d’une adulte grâce à un enfant, je l’ai lu, pour ma part, comme l’entrée dans le monde des grands d’un enfant grâce à une adulte. De manière légère et pas du tout didactique, le texte nous montre avec beaucoup de poésie l’importance de garder en soi une part d’enfance.

Cette nouvelle, aux accents Malzieu-iens (l’on retrouve dans une moindre mesure le goût de Mathias Malzieu pour l’imagé, le fantastique) est la courte expression d’une jolie relation entre un gosse esseulé et une femme solitaire, qui se sauvent l’un l’autre de leurs existences trop fades, trop dures, trop tristes.

A noter : ce texte a reçu le Prix Raymond Queneau en 2007 à l’occasion du 11e Concours littéraire international organisé par le Centre Européen de Promotion des Arts et des Lettres. Son défaut, propres aux éditions à compte d’auteur, est le manque de rigueur orthographique, typographique et syntaxique. Mais cela ne nuit en rien à la magie du livret. Un bon petit moment.

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> Mosaïque est en vente directement auprès de l’auteur.

 

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir Mosaïque ?


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