« Maya, le secret du monde », de Christian Antoine

Maya, le secret du monde

> Le livre : Maya, le secret du monde de Stellamaris, éditions Stellamaris, 306 pages, 22 €, en vente sur le site de l’éditeur.

> Le pitch : Cédric, jeune étudiant, n’a jamais admis le mystère entretenu autour de la mort de son grand-père, assassiné au Mexique dans les années soixante. Aussi, quand après le décès de sa grand-mère il reçoit un legs singulier, son désir de connaître la vérité se ravive au point de le décider à entreprendre une enquête dérangeante et un voyage périlleux qui le mèneront au bout de sa quête. Un roman d’enquête et d’aventures, un voyage à travers les âges, les mondes et les civilisations.

[Cette critique a été rédigée par Ramettes, du blog  L’atelier de Ramettes que nous vous invitons à découvrir.]

 

> Ce roman est une double découverte, celle d’un auteur et celle d’une petite maison d’édition.

La couverture attire l’œil, le format est agréable. Par contre, l’ouverture est pénible. Le lecteur doit « casser » le livre pour lire la partie centrale, d’autant plus que le texte prend presque toute la page. Cela crée une certaine tension dans les mains. Les caractères sont petits et parfois on a des lignes avec de tous petits espaces entre les mots et quelques coquilles (doublons de mots par exemple). Mais heureusement, le lecteur entre très vite dans l’histoire et il oublie ses petits détails pratiques.

Intéressons-nous maintenant au texte. Les phrases ne sont pas longues, pas plus que que les paragraphes. Nous avons un texte à la troisième personne et des dialogues. Au début, le narrateur nous fait suivre deux histoires sur deux continents, deux univers complètement différents.

L’entrée en matière permet de situer les personnages et leur famille. L’auteur emploi un ressort littéraire classique : un décès, un objet mystère, un secret de famille et une lettre intrigante. Lettre qui laisse juste entrevoir des possibilités.

Nous suivons deux trames parallèles.  Cédric, en France, confronté aux non-dits, entre autres de  sa famille, et aux refus. La trahison et la manipulation viennent perturber les projets du jeune homme, mais l’amitié, l’affection et la curiosité sont également de la partie. Il porte sur les choses un regard urbain et intellectuel. La mort d’un proche, le grand-père de Cédric, est le déclencheur de l’histoire.

De l’autre côté de l’Atlantique, nous avons Alya, jeune indienne mêlée au même mystère qui va connaître aussi le même type d’embûches. Mais nous sommes là dans le sensoriel et le sensuel. Et c’est aussi la  mort d’un proche, un petit frère, qui entraîne la jeune femme dans cette aventure.

J’ai apprécié la description « réaliste » du voyage du Chiapas à Mexico (puis dans l’autre sens). Cela nous donne une idée de distance, des différences culturelles, économiques et géographiques, aux difficultés de transport auxquelles sont confrontés nos héros. La rencontre improbable dans un lieu touristique nous renvoie à la notion de destinée. Deux êtres que tout sépare vont se rencontrer et se lier à la vie à la mort.

Les thèmes de l’animisme, de la religion catholique, des sortilèges, des malédictions… trouvent bien leur place dans ce roman. Il s’agit également d’un roman initiatique. Le jeune héros qui passe une épreuve pour devenir adulte à part entière.La présence d’un complot accentue l’aspect mystérieux et étoffe l’intrigue.

Enfin, la conclusion de la quête est intéressante. Le lecteur reste dans l’idée de : « on ne nous dit pas tout » et seuls quelques privilégiés sont informés. Toute révélation n’est pas bonne à dévoiler !

J’ai eu beaucoup de plaisir à me plonger dans la civilisation Maya et ce roman donne envie d’aller plus loin dans la connaissance des dernières découvertes archéologiques. J’ai apprécié une certaine simplicité dans l’action. Un roman que j’espère vous avoir donné envie de lire !

 

> Extrait :

« - mais on est au vingt-et-unième siècle, sur quoi peut-on encore s’appuyer aujourd’hui pour maintenir les peuples dans l’ignorance ?

- C’est très facile, il y a beaucoup de leviers à disposition des « initiés » et je serais mal placé pour en parler ou plutôt trop bien placé : je peux prendre pour exemple les religions, je dis bien les religions quelles qu’elles soient. On sait bien que dans toutes les religions, il y a une part révélée, pour tenir le croyant et écarter le profane, mais aussi une partie occultée, connue seulement des initiés. C’est la même chose en politique, où le commun des mortels est maintenu dans une certaine idée d’une organisation sociale, sans savoir qu’il ne fait pas partie du cercle restreint et réservé des partis ou des idéologies. […] Et bien on se trouve aussi en présence d’un mystère à ne pas dévoiler. » p. 262.

« J’ai beaucoup appris auprès de Oüshé. Les grands de ce monde auraient bien besoin de temps en temps d’écouter ceux qui, à nos yeux, paraissent sauvages ou incultes. » p. 262.

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> Maya, le secret du monde est en vente directement sur le site des éditions Stellamaris.

 

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir Maya, le secret du monde ?

 

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