> Le livre :Manuel du chasseur de livres monstres, de Esteban Horwine (trad. Etienne Cornevin), éditions du Céphalophore Entêté, pas de pagination, 12 €, en vente sur le site de l’éditeur.
> Présentation : Les livres monstres sont des œuvres-livres, livres à voir et à lire, commandés par les folies de l’imagination et du dessin, par la révolte de tout ce qui dans les livres normaux est subordonné au sens ; hybrides donc, très violemment hétérogènes car il y a incompatibilité absolue entre voir et lire. Le Manuel du chasseur de livres monstres est le livre de référence pour tous ceux qui veulent s’initer à l’art très écologique mais non dépourvu de risques néanmoins de la chasse aux livres monstres avec 28 exemples analysés.
[Cette critique a été rédigée par Tilly, auteur du blogue de Tilly que nous vous invitons à découvrir.]
> Attention, il y a des prérequis, et surtout on ne devient pas chasseur de livres monstres sans une sérieuse formation qui commence bien sûr par la lecture du fameux Manuel. Il faut d’abord apprendre à reconnaître un l.m. (livre monstre) pour ne pas faire l’erreur regrettable, sinon fatale (un accident de chasse est vite arrivé), de le confondre avec un l.n. (livre normal). C’est à cette condition non négociable qu’un chasseur sachant chasser le l.m. pourra aligner fièrement sur les étagères de sa bibliothèques des trophées qui rendront ses amis jaloux.
Je croyais être une novice totale, mais après avoir minutieusement parcouru la typologie dressée par Esteban Hornwine (hum, hum) dans son Manuel, j’ai pu identifier dans ma propre bibliothèque, à titre d’exercice, quelques spécimens de l.m. sauvages que j’avais apprivoisés à l’insu de mon plein gré (notamment les livres de Pierre Etaix : Le carton à chapeaux, Dactylographismes). Malins, ils avaient dû se méfier et prendre l’apparence de l.n. pour me séduire. Après avoir lu le Manuel, le regard décillé, je suis capable de voir leur nature profonde, leur beauté très spéciale, étrange et inquiétante qui les trahit.
Oh je sais, j’ai des progrès à faire, je suis encore timide dans l’appréciation de la monstruosité d’un livre, j’en ai encore un peu peur, mais je suis déjà toute acquise à la devise du chasseur de l.m. : “voir ou lire, surtout ne pas choisir”. Et puis il y a des exemples dans le Manuel, des références pour s’exercer plus avant à la lecture de nouveaux livres monstres.
Au premier abord, en feuilletant le Manuel sans s’y plonger vraiment, on pourrait croire au délire d’un doux dingue. Mais on comprend vite que tout cela n’est pas un jeu, mais un plaisir, une passion. Les textes sont d’une érudition éblouissante, un peu intimidante, même. Et ce n’est rien à côté de ce que l’on découvre sur le site des éditions du Céphalophore Entêté !
On ne sera pas étonnés : le Manuel est bien évidemment un livre monstre lui-même, sous une apparence et un format presque anodins. Une couverture cartonnée bien rigide, illustrée, quelques graffitis. Le bleu pâli des caractères rappelle les doubles du temps des stencils. Et puis, les codes habituels de la typographie d’un livre sont tous blackboulés. Pourtant malgré le désordre des changements de police, de taille, et de style pour chaque article du manuel (un article correspond à la présentation d’un livre monstre type), le résultat est curieusement gracieux.
Avertissement : Esteban Horwine et son commensal et jumeau Etienne Cornevin sont des hommes dangereux, des dealers : ils incitent à la consommation d’un type de littérature qui peut devenir gravement addictif.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :
> Le Manuel du chasseur de livres monstres est vente directement sur le site de l’éditeur.
mon traducteur-éditeur m’a traduit votre article sur le Manuel du Chasseur de Livres Monstres, qui me semble en manifester une intelligence non seulement sympathique mais aussi adéquate.
J’ai donc le plaisir de vous nommer Chasseuse de livres monstres de première classe, ce qui vous donne droit à l’envoi gracieux du livre des Éditions du Céphalophore entêté qu’il vous plaira de choisir.
(je pourrai aussi vous le remettre au Salon de la revue, le ouikainde prochain, aux Blancs Manteaux, si vous êtes parisienne)
Cher Esteban, j’espère me montrer digne de l’honneur et du plaisir que vous me faites.
Si j’avais su plus tôt votre présence au Salon de la Revue prochain, j’aurais retardé mon départ pour le Pays des Trois Rivières qui m’accueille les prochains jours. Dès mon retour à Paris la semaine prochaine je vous ferai part de mon choix.
Merci et surtout je vous souhaite un excellent salon
Tilly
Chère auteure du « blogue de Tilly »,
mon traducteur-éditeur m’a traduit votre article sur le Manuel du Chasseur de Livres Monstres, qui me semble en manifester une intelligence non seulement sympathique mais aussi adéquate.
J’ai donc le plaisir de vous nommer Chasseuse de livres monstres de première classe, ce qui vous donne droit à l’envoi gracieux du livre des Éditions du Céphalophore entêté qu’il vous plaira de choisir.
(je pourrai aussi vous le remettre au Salon de la revue, le ouikainde prochain, aux Blancs Manteaux, si vous êtes parisienne)
Bien cordialement
Esteban Hornwine
Cher Esteban, j’espère me montrer digne de l’honneur et du plaisir que vous me faites.
Si j’avais su plus tôt votre présence au Salon de la Revue prochain, j’aurais retardé mon départ pour le Pays des Trois Rivières qui m’accueille les prochains jours. Dès mon retour à Paris la semaine prochaine je vous ferai part de mon choix.
Merci et surtout je vous souhaite un excellent salon
Tilly