> Le pitch : Silhouettes longilignes et diaphanes, à la grâce un peu étrange : les nus de Lucas Cranach se reconnaissent entre mille. Mais sait-on que cet artiste allemand fut l’un des premiers témoins de la Réforme initiée par son ami Martin Luther, dans la petite ville de Wittenberg, et qu’il en devint l’iconographe officiel ? Ce qui ne l’empêcha pas de travailler dans le même temps pour de nombreux commanditaires catholiques. Cranach est l’une des personnalités les plus originales du XVIe siècle européen. Audacieuse en son temps, son oeuvre considérable mêle étroitement élégance raffinée, morale et érotisme. Et ses nus ne lassent pas de séduire par leur grâce intemporelle.
[Cette critique a été rédigée par Colimasson, auteur du blog Colimasson perd son temps, que nous vous invitons à découvrir]
> L’ouvrage d’Anne Malherbe consacré à Lucas Cranach, peintre allemand du 16e siècle, allie brièveté et clarté des informations. Destiné à ceux qui souhaitent avoir une première approche des œuvres de ce peintre, le livre ne se perd pas en détails superflus et permet à l’amateur de se faire une vision nette du travail de Lucas Cranach.
Divisé en cinq chapitres, qui s’étendent de la naissance de Lucas Cranach, en 1472, jusqu’à sa mort, en 1553, le lecteur découvrira le parcours d’un homme qui, de ses premières gravures à ses peintures officielles des princes électeurs jusqu’à la réalisation à la chaîne de ses icônes les plus demandées (on trouvera, entre autres, de nombreuses Vierges à l’enfant, Adam et Eve ou Vénus), aura également joué un rôle important au temps de la Réforme en tant que diplomate, pharmacien, libraire, éditeur et maire de Wittenberg.
Afin de restituer au mieux le contexte historique au sein duquel Lucas Cranach fit ses preuves, les chapitres s’ouvrent sur une chronologie comparée de la vie personnelle du peintre et des évènements culturels, politiques, économiques et sociaux qu’il connut au cours de son existence. De nombreux encadrés s’arrêtent sur les références nécessaires à tout lecteur souhaitant comprendre l’évolution logique du parcours de Lucas Cranach. On retrouve ainsi des explications concernant Albrecht Dürer, l’influence majeure du jeune peintre, sur les princes électeurs, pour lesquels Lucas Cranach effectua de nombreux portraits, ou encore sur Marthin Luther et la Réforme. Chaque chapitre se clôt enfin sur le choix d’une œuvre représentative qu’Anne Malherbe soumet à une analyse méticuleuse et instructive.
Ce livre ne s’adresse évidemment pas à ceux qui possèdent déjà de nombreuses connaissances sur Lucas Cranach, mais il conviendra totalement à ceux qui souhaitent découvrir son œuvre. Une liste de suggestions de lecture, présente à la fin de l’ouvrage, permettra ainsi à ceux qui ont été séduits par l’œuvre de Lucas Cranach d’approfondir leur découverte de cet artiste qui, formel dans la réalisation des œuvres qu’on lui commandait, savait également mettre à profit son imagination et son talent pour réaliser des œuvres originales qu’il conservait précieusement dans son atelier.
> Extrait :
« En plein 16e siècle, c’est encore un primitif, mais ce primitif se trouve être ingénument le premier coloriste après Grünewald et le plus sensible à la beauté formelle de tous les peintres allemands. » Elie Faure, Histoire de l’art, 1919
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :
> A savoir : Le Musée du Luxembourg présente, jusqu’au lundi 23 mai, l’exposition Cranach et son temps. Derniers jours, dépêchez-vous !
> Cette critique vous a-t-elle donné envie de découvrir le livre Lucas Cranach, peindre la grâce, et l’oeuvre de Cranach en général ? Avez-vous vu l’exposition du Musée du Luxembourg ? Qu’en avez-vous pensé ?