> Présentation: Le bestiaire de l’œuvre de Jules Renard est riche et ne se limite pas à offrir aux lecteurs les portraits des animaux que « côtoyait » l’auteur. À la manière des fabulistes, c’est bien évidemment ses contemporains que peint Jules Renard. Au moyen de la relation des plus banals épisodes de la vie quotidienne dont les animaux sont les protagonistes (héros ou victimes), l’auteur de Poil de Carotte s’efforce de débusquer et de mettre au jour nos travers, tous nos petits « arrangements », mais aussi notre générosité, notre attachement à la vie, bref, tous les sentiments si opposés et contradictoires qui nous habitent et font que l’homme est homme.
[Cette critique a été rédigée par Heclea, auteur du blogue La P(ile) A L(ire) d’Heclea que nous vous invitons à découvrir.]
> Tout comme Jean de la Fontaine et ses fables, Jules Renard nous offre, à travers ses images, des histoires et anecdotes d’animaux à travers lesquels il décrit avec humour ses compatriotes de tous les jours.
Sous forme d’histoires très courtes, de tranches de vie, de passages obligés, Jules Renard nous transporte tour à tour au poulailler ou au bord de l’eau, dans les prés ou au coin du feu et nous offre une succession d’histoires tout à la fois très visuelles et très quotidiennes.
Les descriptions sont telles que très rapidement on se trouve plongés dans l’ambiance, devinant à l’avance qui sera le héros de tel chapitre, visualisant les scènes, les couleurs, les personnages, imaginant les sons et les odeurs comme si l’on y était.
Le rythme varie d’une histoire à l’autre, d’un animal ou d’une ambiance à une autre. Les lecteurs alternent un phrasé lent, tranquille, avec des phases de chuchotement, comme s’ils nous délivraient un secret. Ils peuvent également paraître attendris ou plus violents, mettant ainsi un point supplémentaire à la mise en scène et à la visualisation des images.
Le langage est le plus souvent recherché, nous obligeant à une écoute attentive alors qu’il serait si simple et agréable de se laisser bercer, emporté par cette voix grave nous contant des histoires. La solution est simple, faire deux écoutes, la première pour se laisser transporter dans un ailleurs si bien raconté, et la seconde pour le plaisir des mots, pour retrouver l’écriture de Jules Renard…
Les anecdotes sont de tout type, certaines drôles et légères alors que d’autres, mettant en scène la bassesse humaine, sont plus dures, mais toutes paraissent possibles, comme si l’auteur nous décrivait ce qu’il a sous les yeux, ce qu’il a vécu, ceux qu’il a croisés. En faisant intervenir son héros bien connu Poil de Carotte, il offre un clin d’œil à ses lecteurs et donnent envie à ceux qui le découvrent de pousser plus loin et de se plonger dans ses autres écrits.
En résumé, un recueil qui se prête parfaitement au format du livre audio, et qui enchantera les amoureux de ces histoires un peu désuètes qui nous transportent en un autre temps. Tous les passages n’ont pas le même impact et certains plairont plus que l’autre, mais dans l’ensemble, la plume de l’auteur et la musicalité du lecteur sont bien mises en valeur.
Je finirai avec deux morceaux choisis pour vous donner envie :
« Il peint les hommes sous les animaux et les animaux sous les hommes. »
« Comme on fait ton lit, tu te couches. »
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de (re)découvrir la prose de Jules Renard ?