> Le livre : Les poisons de Versailles, de Guillemette Resplandy-Taï, Gulf Stream éditeur, 215 pages, 12,50 €.
> Présentation: Versailles, 1672. Sur le chantier de son futur palais, Louis XIV est indifférent au sort des ouvriers qui se tuent à la tâche et à celui d’un jeune jardinier retrouvé assassiné dans le potager de La Quintinie. Le poison rôde à la Cour du roi de France et nul ne sait de qui viendra le châtiment. Puis, ce sont les dragons du roi, impliqués dans la tuerie d’une famille de fermiers de Prats-de-Mollo, qui disparaissent l’un après l’autre. Quel est le lien fatal qui unit ces hommes et Agnès, rescapée de ce massacre et venue à la Cour pour exercer ses talents de guérisseuse auprès de la reine ?
[Cette critique a été rédigée par Latite06 auteur du blog livresdelatite que nous vous invitons à découvrir.]
> Découvert grâce aux Agents littéraires que je remercie beaucoup de l’envoi, Les poisons de Versailles a été une plongée intéressante dans l’univers du roi Louis XIV et de cette Cour dont les manies ont traversé les âges. Si le sujet a été vu et revu, je dois dire que l’auteur a su me surprendre agréablement, par un texte incisif et un style fluide, sans fioritures inutiles.
Les pages se tournent seules, et on suit avec plaisir les péripéties d’Agnès, espagnole vivant à la Cour au service de Marie-Thérèse et maniant avec art les plantes les plus variées. D’entrée de jeu, le lecteur est mis dans le bain : les premières pages rappellent brièvement l’univers de Versailles, sous la narration d’Agnès : Louis XIV, décrit comme un tyran assez odieux avec ses sujets ; La Montespan, vipère audacieuse et roublarde ; La Quintinie, qui a l’affection d’Agnès ; Marie-Thérèse, Vauban et d’autres encore, tous plus historiques les uns que les autres, et décrits avec une belle simplicité qui évite au lecteur néophyte de se perdre. Entre deux s’impose l’histoire bouleversante d’Agnès et une intrigue assez sympathique à suivre sur une affaire des poisons.
Si ce livre ne révolutionne pas le genre, il est néanmoins parfait pour se détendre et entrer en douceur dans le panier de crabes qu’est le Versailles du XVIIe siècle. Agnès est un personnage entier, qui possède une personnalité particulière : on accroche ou on n’accroche pas. Pour ma part, je l’ai trouvé attachante, bien qu’un peu trop manichéenne dans ses critiques. L’absence de nuances dans son jugement m’a parfois gênée, mais pas de façon à me gâcher la lecture.
Une petite leçon d’histoire sur fond d’intrigue empoisonnée. Un livre idéal pour terminer une journée de travail.
Je le mets dans ma liste.