> Le livre : Les ombres de Philippe Bérenger, Scrineo, 344 pages, 19 €.
> Le pitch : Attentat dans le métro parisien : huit morts et des centaines de blessés. Un autre attentat échoue de justesse dans le métro lyonnais. Un groupe terroriste inconnu revendique ces actions et en annonce de nouvelles. La France bascule dans la psychose et, à Paris, le capitaine de police Franck Venel lutte contre sa propre paranoïa dans une société dépressive où le danger peut venir de partout.
[ Cette critique a été rédigée par Philippe, autour du blog baz-art que nous vous invitons à découvrir]
> Grand fan de cinéma devant l’éternel, le nom de Philippe Bérenger ne m’était pas inconnu. En effet, dans les années 2000, je me gavais de tous les films qui passaient sur Canal Plus, et j’avais eu l’occasion de voir les deux films que ce cinéaste avait réalisé :Méditerranée, avec Vincent Cassel et Monica Bellucci et On fait comme on a dit, une comédie sur une bande de braqueurs bras cassés, avec Gad Elmaleh dans un de ses premiers rôles.J’avais un peu perdu sa trace depuis quelques années, et c’est avec surprise que j’ai découvert qu’il a mis de coté temporairement la mise en scène pour tenter l’aventure de l’écriture. Publié aux éditions Scrineo, qui, outre une collection jeunesse très fournie, propose désormais des romans ancré dans le réel et l’actualité, son premier roman, Les ombres est une plongée dans le quotidien du DCRI, brigade antiterroriste issue de la fusion en 2008 entre les RG et la DST.
Les ombres est en fait un roman de politique fiction , et même d’anticipation, puisqu’il imagine, sur une durée de 15 jours, le quotidien de ces hommes et ces femmes, confrontés à une série d’attentats commis sur Lyon et Paris en septembre 2011 et revendiqué par le Croissant Noir, une organisation totalement inconnue.
Pour la rédaction de ce roman, Philippe Béranger s’est offert les services d’Andréa Verducci, officier de police spécialisé dans la lutte contre le terrorisme. Cette collaboration contribue grandement à la force de ce roman qui épate avant tout par la justesse de sa situation, et son expertise très prononcée.
On est ainsi totalement immergé dans le quotidien de ces fonctionnaires de police, entre filatures, surveillance, indics, et investigations poussées. Mais outre l’enquête proprement dite, la préoccupation première de l’auteur est de nous rendre ces agents, et en premier lieu, leur chef, le commandant Franck Vesnel, comme des êtres humains à part entière, avec tout ce que cela implique de force et de faiblesse, d’états d’âme, et de joies.
Si l’intrigue parait quelque peu embrouillée au début, avec une prolifération de personnages et de situations un peu confuses (on suit aussi les pérégrinations des suspects potentiels), le puzzle se met progressivement en place, jusqu’à son dénouement, au sommet de la Tour Eiffel, tout à la fois épique et cruel.
Toujours porté par son désir d’authenticité et de sérieux, Les ombres n’en gardera pas moins jusqu’au bout un réel souci du rythme et du romanesque.
Certes, Les ombres contient quelques maladresses inhérentes à un premier roman, notamment dans sa façon parfois artificielle d’intégrer des passages entiers de procédure à l’enquête proprement dite, mais ce roman n’en demeure pas moins une tentative plus qu’honorable d’apporter une vraie expertise technique à une fiction carrée et efficace.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir Les ombres ?
Juste une petite précision: depuis la rédaction de cette critique, mon blog s’est modifié et a changé de nom: filou 49 a cédé sa place au blog http://www.baz-art.org : la forme a changé, mais le fond reste le même.
Juste une petite précision: depuis la rédaction de cette critique, mon blog s’est modifié et a changé de nom: filou 49 a cédé sa place au blog http://www.baz-art.org : la forme a changé, mais le fond reste le même.