« Les murmures du versant », de Philippe Cortray

Les murmures du versant

> Le livre : Les Murmures du versant de Philippe Cortray, éditions Les Nouveaux auteurs, 244 pages, 14,90 €.

> Le pitch : Jean est un jeune professeur d’ébénisterie et un passionné de la nature vivant dans les Alpes françaises. Ses souvenirs le ramènent sans cesse à son histoire familiale telle qu’elle lui a été racontée par son grand-père, Jeannot Deschamps. L’Ancien sait tout de l’Alpe, de l’histoire du pays, du temps qu’il va faire, des murs du chamois, des habitudes de la truite fario. Un retour aux sources qui permey à Jean de découvrir la vie de ses aïeux, le sens de la vie, des vraies valeurs et du lien qui unit les Hommes à la nature.

[Cette critique a été rédigée par Pyrausta, auteur du blog Le méli-mélo de Pyrausta que nous vous invitons à découvrir]

 

> Je n’ai pas l’habitude de lire ce que j’appelle des livres régionaux. Mais l’occasion s’est trouvée, alors pourquoi pas ? Dès le départ, j’ai été accrochée par le style de l’auteur qui sait employer les mots pour en faire de belles envolées lyriques et poétiques.

« Autour de lui,la nature paraissait comme pétrifiée,attendant avec fatalité la petite mort automnale. Plus bas,les bouleaux commençaient à se défaire de leurs habits d’été, ne gardant pour la froide saison que d’austères écorces s’effilochant au gré des vents. Etranges silhouettes de mendiants dégingandés vêtus de haillons ».

C’est l’histoire de Zian, enfin, Jean « comme son grand père« , jeune homme de 18 ans qui arrive dans un petit village des Alpes et part très tôt avec tout son matériel de peche. Jour de pêche… (Petite parenthèse : en lisant ce prénom de « Zian » je me suis retrouvée au temps où je dévorais Frison Roche, Zian étant le nom du héros de la grande crevasse – entre autres).

C’est l’histoire d’une relation d’amour entre un grand-père, l’Ancien, et son petit fils à qui il a transmis l’amour de la pêche et de la chasse.

C’est une histoire de générations racontée à l’aide de flash-backs qui n’ont rien de pesant, et c’est ainsi qu’on se retrouve au moment de l’occupation allemande avec ses héros discrets dont font partie les arrière-grands parents et le grand-père de Zian, encore tout  jeune homme, qui accueillent des familles juives pour leur faire passer la frontière, et aussi ses crapules…

C’est l’histoire de la rencontre de Jean et de Germaine, les grands-parents aimants du jeune Zian. Leurs joies, simples, mais aussi les douleurs comme la perte d’un enfant, la petite soeur de Jean (Là, pas moyen de retenir son émotion…).

Il y a aussi un secret de famille plus lourd que prévu et qui aura des conséquences tragiques une fois la vérité connue.

Il y a donc cette relation privilégiée entre le grand père et Zian, relation qui saute une génération car le père de Zian n’est pas du tout proche de son propre père, préférant la ville à toute vie villageoise.

C’est aussi (et surtout ?) un hymne magnifique à la nature. Les descriptions de parties de pêche de ne sont pas ennuyeuses pour qui n’est pas passionné, au contraire, elles donneraient presque envie d’apprendre, tant elles sont écrites et rendues vivantes par des mots empreints de poésie. Tout est décrit avec tant d’amour, de respect pour le poisson… Oui,de respect. Certaines truites sont pêchées uniquement dans un esprit sportif et tout est fait pour qu’elles  ne souffrent pas (la prise est ensuite remise à l’eau,on ne pêche que ce que l’on veut manger, pas plus). Description minutieuse des appâts,des mouches et autres hameçons.

La chasse aussi est mise à l’honneur et, même si je ne partage pas cette activité, je n’ai pu m’empêcher de constater là aussi le respect pour la vie animale. De petits gestes aussi sont expliqués. Jamais je n’aurais cru possible de m’interesser à la confection d’un couteau,à la préparation d’une peau de lièvre, à la confection d’un camp en fonction du soleil.

En fait, tout le livre est empli de cette notion de respect,entre humains ou vis à vis de la nature, de tolérance, d’amour et de fraternité. Bien sûr, ce n’est pas pour autant un roman à l’eau de rose et, comme je l’ai dit plus haut, il y a aussi son lot de traîtres.

> C’est un roman qui apporte une sorte de rafraichissement,un apaisement. Et si on a tendance à une (légère) misanthropie, eh bien, grâce à lui, on peut peut-être revoir son opinion… Il n’est pas sans rappeler Et au milieu coule une rivière.

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir Les Murmures du versant ?

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4 Responses to « Les murmures du versant », de Philippe Cortray

  1. J’aime les bons romans régionaux et l’enthousiasme de Pyraustha est contagieux. Je le lirais volontiers !

  2. sandrine57 dit :

    Voilà un roman que je mettrais bien dans mes valises pour mes vacances dans les Alpes le mois prochain!

  3. Clara dit :

    Le le lirais aussi volontier ! Le romain a l’air tout à fait intéressant

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