« Les héritiers de Stonehenge », de Sam Christer

Les Héritiers de Stonehenge

> Le livre : Les héritiers de Stonehenge, de Sam Christer, Ma éditions, 447 pages, 19,90 €.

> Présentation : Huit jours avant le solstice d’été, un homme est massacré sur le site antique de Stonehenge, au cours d’un sacrifice à glacer le sang, devant une assemblée de fidèles cagoulés. Quelques heures plus tard, l’un des plus célèbres chasseurs de trésors du monde se suicide dans son manoir. Il laisse à son fils, l’archéologue Gideon Chase, avec lequel il était brouillé, une mystérieuse lettre. Formant équipe avec une intrépide policière du Wiltshire, Gideon ne tarde pas à découvrir une société secrète – une antique légion internationale entretenant depuis des millénaires le culte de Stonehenge. Avec à sa tête un nouveau chef charismatique et impitoyable, la secte accomplit maintenant des sacrifices humains rituels dans une terrifiante tentative pour percer le secret des Pierres.

[Cette critique a été rédigée par Niënor, auteur du blog Libre et ris que nous vous invitons à découvrir.]

 

> Je lis très peu de romans policiers ou de thrillers et Les Héritiers de Stonehenge m’a permis d’élargir un peu mes horizons. Si cette lecture ne fut pas un coup de cœur, j’ai tout de même passé un très bon moment.

Les Héritiers de Stonehenge, à l’instar du célèbre Da Vinci Code de Dan Brown, fait partie de ce que l’on appelle le « conspiracy thriller ». En général, ce nouveau genre met en scène des sociétés secrètes (en gros, des sectes) dans des lieux historiques (le Louvre, Stonhenge) où se trament des conspirations. C’est donc un univers ésotérique qui se mêle au schéma classique du policier.

Avec le roman de Sam Christer, c’est l’inexplicable monument du Stonehenge qui se retrouve au cœur d’un complot.

Stonehenge, dont le nom signifie « les pierres suspendues », est un grand monument mégalithique composé d’un ensemble de structures circulaires concentriques, érigé entre -2800 et -11001, du Néolithique à l’âge du bronze. Il est situé à 13 km au nord de Salisbury, et à 4 km à l’ouest d’Amesbury (comté du Wiltshire, Angleterre).

Les Héritiers de Stonehenge présente une intrigue somme toute assez classique : l’archéologue Gideon Chase apprend soudainement le suicide de son père, lui laissant en héritage sa grande propriété du Wiltshire ainsi qu’une mystérieuse lettre d’adieux. Malgré les relations tendues qu’il entretenait avec son père, Gideon Chase est bien décidé à lever le voile sur ce suicide insolite… Il découvre une pièce cachée où sont entreposées des journaux codés ainsi que des K7 vidéos : tous traitent du site de Stonehenge où les membres d’une sorte de secte se réunissent afin d’honorer leurs dieux par des sacrifices humains.

Le solstice d’été approche et un sacrifice se prépare de nouveau…

En dehors de l’enquête de Gideon, il y a bien entendu des investigations policières : celles menées par l’inspectrice Megan Baker mais aussi celles menées par le FBI des Etats-Unis ou les puissants de la police anglaise qui auraient tout à gagner en dissimulant certaines preuves…

Autour de toutes ces recherches gravite une intrigue annexe, centrée sur la fille du vice-président américain (d’où l’intervention du FBI) et d’une star : Caitlin Lock. Ultra-protégée, elle fuit avec son amoureux du jour, Jake Timberland, et ils se retrouveront malgré eux mêlés au mystère de Stonehenge.

J’ai avant tout aimé le côté ésotérique du roman avec ces cultes païens, ce dévouement aux Pierres et tout le mystère qui plane autour du site de Stonehenge. Même si le roman ne l’explique pas réellement, l’auteur laisse supposer que les Pierres ont réellement leur propre magie et le personnage principal, Gideon Chase, en serait la preuve vivante. Sans tomber dans le merveilleux avec la preuve tangible d’une sorcellerie, l’apparition d’une petite touche de surnaturel accroche davantage le lecteur.

L’intrigue policière ne m’a pas déçue, mais elle ne m’a pas ravie non plus, tant elle est banale. Les commissaires de police ou les avocats membres de la secte, une inspectrice un peu plus futée que la moyenne, un héros bien chanceux, deux jeunes fêtards transposés en tragiques victimes ; le tout est très classique, peut-être un peu trop.

Gideon Chase n’a rien d’un fin limier au départ – c’est un archéologue brouillé avec son père depuis des années. Pourtant, il n’hésite pas une seconde avant de se lancer à la poursuite de ce mystère (sans chercher si mystère il y a) et les preuves lui tombent quasiment du ciel. Découvrir une trappe secrète que ni les inspecteurs ni les membres de Stonehenge n’ont su détecter, échapper plusieurs fois à la mort, dissimuler des preuves : Gideon Chase est un personnage plutôt veinard !

D’ailleurs, ce sont tous les personnages en général qui sont trop stéréotypés. Comme dit plus haut, Gideon Chase représente un héros sans faille, à l’instinct infaillible.

L’inspectrice Megan Baker est tout aussi lisse : une capacité à analyser étonnante, un courage et une forte tête contrebalancés par son attitude maternelle envers sa fille Sammy ou sa crédulité face à son ex-mari.

Quant à Jake Timberland, c’est l’archétype du trentenaire encore fêtard et célibataire qui se satisfait de draguettes en boîte de nuit mais qui tombe irrémédiablement sous le charme de Caitlin Lock, à la fois petite fille innocente et jeune femme vaillante.

Pour finir, j’aimerais parler du style de l’auteur, qui remplit son rôle pour une petite pause détente au milieu des mégalithes de Stonehenge, mais qui m’a plus d’une fois agacée. Je ne sais pas si le manque de fluidité – voire de compréhension – viennent de l’auteur ou d’une traduction bâclée, mais certaines phrases ont tout bonnement échappé à mon entendement.

En parlant de traduction, un passage m’a beaucoup fait rire : Gideon Chase, alors qu’il était enfant, souffrait d’une maladie que l’on ne pouvait guérir – incurable donc. Le médecin, bien que compétent, ne semble pas maîtriser la langue puisque qu’il prononce « uncurable » au lieu de « incurable ». Bon, en anglais, c’est tout à fait plausible vu que « in » et « un » sont deux préfixes privatifs et que le son n’est pas le même, mais c’est tout à fait illogique en français, d’abord parce que la prononciation est la même. Ce n’est qu’un détail dans l’ensemble mais qui s’avère assez agaçant cumulé aux autres impressions négatives.

En bref : un thriller ésotérique assez intéressant, surtout du fait de la localisation de son intrigue – Stonehenge – et du mystère qui plane autour de celle-ci. La trame de l’histoire est toutefois très classique et sans surprise : parfait pour une lecture agréable mais qui apporte peu de nouveautés. D’ailleurs, les personnages m’ont paru beaucoup trop superficiels et l’écriture – et davantage encore, la traduction – manquent parfois de clarté.

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :


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3 Responses to « Les héritiers de Stonehenge », de Sam Christer

  1. Catherine dit :

    Un thriller qui m’a bien plu et qui est parfait pour l’été.

  2. Lydia dit :

    Il me tente bien ce livre !

  3. kincaid dit :

    J’aimerais bien le lire celui-ci !!!

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