> Le livre : Les Enquêtes de la Criminulle, de Sebo, Le Téètras Magic, 48 pages, prix 13 €, en vente directement sur le site de l’éditeur.
> Présentation : Les enquêteurs de la Criminulle doivent faire face à deux grandes menaces : Artichaut, l’espionne la plus connue du monde entier et l’empoisonneur au poimolive « le poison à l’huile d’olive ». Les inspecteurs de la Criminulle sauront-ils venir à bout de ces dangereux criminels ? Mystère !
[Cette critique a été rédigée par David, auteur du blogue IDDBD que nous vous invitons à découvrir.]
> Un nouvel album d’une petite maison d’édition alternative : Le Téètras Magic. Une maison d’édition plutôt originale, n’ayant pas peur de produire des œuvres différentes sur la forme comme sur le fond. Par exemple, la première publication des Enquêtes de la Criminulle était présentée sous la forme d’un dossier-chemise contenant des feuilles volantes. Pour ma part, j’ai reçu l’édition poche reliée. Cependant, la surprise était au rendez-vous avec une petite loupe collée sur la couverture. Ce petit objet a eu beaucoup de succès auprès de mes filles… mais ceci est une autre histoire.
J’expliquais donc que sur la forme comme sur le fond, le Téètras Magic n’hésitait pas à surprendre. Et il faut avouer que ces Enquêtes de la Criminulle se posent dans cette droite ligne éditoriale. Les premières planches donnent une sensation de chaos renforcée par des couleurs directes et un découpage nerveux (en tout cas sur les premières planches). Le dessin est lui-même un vaste mélange entre finesse et gribouillage (contrôlé, hein ! Je n’ai pas dit que c’était n’importe quoi).
Les Enquêtes de la Criminulle sont un hommage humoristique avoué et assumé aux récits policiers des années 50. Ainsi, Sebo (Sébastien Naert) ne s’est pas contenté d’un simple dessin, il a également ajouté des collages à sa palette graphique. Des photos de magazine, d’hommes un peu mais surtout de pin-up. Ainsi, comme dans un bon vieux Roger Rabbit, réalisme et caricature se retrouvent dans un même univers ajoutant encore un peu plus au capharnaüm ambiant.
Et c’est bien le problème de cet album. Il est très difficile de rester connecté et de suivre le fil sans une très grande concentration, concentration déjà mise à mal par de bons dialogues jouant sans cesse avec l’absurdité. Même si j’apprécie ce côté Mad Magazine, avec des références à des univers très différents à chaque planche, j’ai quand même dû lire trois fois l’album pour commencer à entrevoir les ficelles de l’histoire. Pas simple, surtout pour un album humoristique. Non seulement la narration est elle-même hachée par les épisodes ne dépassant pas deux planches et sautant sans cesse du coq à l’âne mais, en plus, le dessin et les collages renforcent la difficulté à identifier les personnages. En effet, d’une histoire à l’autre le même protagoniste peut être représenté différemment. Ça devient vite assez lassant voire même parfaitement agaçant.
Malgré tout, je salue les belles idées qui effleurent dans cet album. Cherchant l’originalité, Sébastien Naert flirte sans cesse entre absurdité et pastiche. Cependant, ses choix peuvent s’avérer discutable car frustrant pour le lecteur qui se retrouve souvent à la porte d’un univers que l’on devine d’une très grande richesse. Il suffit de découvrir son site web pour le constater.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : 




> Les Enquêtes de la Criminulle sont en vente directement sur le site de l’éditeur.
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir l’univers décalé du Téètras Magic ?
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