> Le Livre : L’emprise, de Béatrice Gérardin, Editions Persée, 328 pages, 21,50 €.
> Présentation : Comment, avec un esprit sain, doté d’une intelligence normale, et sans tare, peut-on se laisser ensorceler, endoctriner, manipuler, jusqu’à ce point ? Au point de pouvoir tout quitter, de vouloir tout oublier, de finir par tout perdre. Au point de quitter ce qu’on est, d’oublier ceux qu’on aime, de perdre sa vie et son avenir, sans même réagir. Au point de n’être plus soi-même, de n’être plus qu’une ombre, de n’être plus rien… C’est l’emprise. Elle éclot en silence, grandit sournoisement, se nourrit de persuasion, et renforce son étreinte jusqu’à étouffer sa proie. Marion a rencontré l’emprise et très vite, elle s’est mise à compter les jours « sourire » et les jours « torture ».
[Cette critique a été rédigée par Smilla, auteur du blog La Plume de Smilla que nous vous invitons à découvrir]
> Ce roman autobiographique, nous emporte dans l’univers perturbé d’une femme amoureuse. Amoureuse mais manipulée. Est-elle réellement sous « l’emprise » de Benoît ? Ou se laisse-t-elle simplement faire ?
Nous découvrons Marion, une jeune femme, tout ce qu’il y a de plus classique, avec des passions, comme la course à pieds. Elle surf sur le net pour trouver l’amour, durant ses temps libres. Elle tombe nez à nez avec Benoît. Un homme dont les critères sont basiques et ne plaisent pas plus que ça, à notre chère Marion. Pourtant, il semble y avoir dans cette rencontre, il y avait un lien invisible à tous, mais visible pour eux deux. Marion, nous explique pourquoi elle tombe sous le charme de Benoît, dont elle ne soupçonnait nullement les capacités. Elle nous présente ses ressentis à chaque étape : l’acceptation de l’autre, le couple, la vie à deux, les enfants et le mariage.
Et puis, il y a l’évidence et la puissance du titre : L’Emprise. Ce titre qui porte à des tas de questions et cela tout au long de la lecture. Pourquoi Marion change-t-elle de vie pour cet homme qui est si vulgaire et méprisant ? Les mots de Marion résonnent, page après page, de plus en plus fort. L’imagination ne joue en rien là dedans. En effet, l’auteur a un talent d’écriture émotionnel, qui force la compréhension et la mise en situation du lecteur. Ne devenons-nous pas Marion lors de notre lecture ? Ou est-ce Béatrice Gérardin qui est réellement Marion ? Voici, le pouvoir très spécial, que produit les lignes de Béatrice Gérardin.
> Extrait :
« C’est ce lien qu’il évoque sans cesse, un lien invisible et indescriptible, qui noue deux êtres dans la pensée et les maintient dans la béatitude d’exister pour l’autre. » page 104.