> Le livre: Le temps des grues, de Hubert Dutech, Editions Catybou, 156 pages, 18 €, en vente directement sur le site de l’éditeur.
> Présentation: La première guerre mondiale vient de s’achever, laissant l’humanité dans un piteux état. Les difficultés de la famille Laborde nous sont contées. Chaque jour est un combat, une lutte pour gagner sa pitance et survivre dans ce milieu hostile que sont les hauteurs de la vallée de Barospe, dans le Béarn. A ces préoccupations matérielles vont s’ajouter, pour Blanca et Jan Laborde, d’autres soucis, plus familiaux…
[Cette critique est rédigée par Syannelle du blog de syannelle que nous vous invitons à découvrir.]
>C’est l’histoire simple de la vie quotidienne des Laborde que nous raconte l’auteur, la vie de ces montagnards remplis de générosité et de dureté, qui chaque jours luttent pour nourrir leur famille. Au fur et à mesure que l’on tourne les pages, les difficultés s’amoncellent et s’accumulent pour les Laborde. Ils doivent déployer tout leur courage et leur volonté pour parvenir à survivre dans ce milieu hostile qu’est leur montagne, nature tout à la fois austère et belle, dangereuse et généreuse. Dans ce cadre rude et impitoyable, l’argent est rare et difficile à trouver. Des choix cornéliens viennent à s’imposer. Les Laborde doivent prendre des décisions importantes et courageuses pour sauver leur équilibre et celui de leurs enfants, mais font-ils les bons choix? Nous suivons leurs dilemmes et découvrons au fil des pages les tensions et les joies qui traversent la vie de cette maisonnée.
Hubert Dutech nous présente un bel hommage à la région du Béarn dont il est originaire. Le texte est merveilleusement bien écrit, très visuel tout en gardant une fraîcheur et une poésie touchantes. La nature joue le premier rôle. Elle est à la fois nourricière et ennemie implacable. L’auteur prend le temps de la décrire, savoure chaque mot pour lui rendre au mieux justice.
Le rythme des premiers chapitres est un peu lent, et j’ai d’abord eu du mal à en apprécier la cadence. En fait, l’auteur prend le temps de mettre en place l’histoire et de décrire la situation des Laborde, leurs relations. Cela est nécessaire pour apprécier la suite des événements. Je suis rentrée ensuite dans l’histoire, et me suis laissée bercer par la musique des mots. C’est devenu une vraie rencontre avec cette famille, une rencontre émouvante et touchante.
Je me suis attachée à ces personnages, à leurs traditions si bien racontées, aux légendes qui hantent et rythment la vie de ces montagnards, qui sont la base de leur existence. Ainsi, on apprend ce qu’est la loi du Làa, poutre maîtresse de la vie familiale de générations de Béarnais, on découvre le Bécut, le Mandragot, les Blanquettes et beaucoup de légendes surprenantes. On réalise aussi que les traditions peuvent structurer et fédérer des générations d’hommes et de femmes, et assurer la bonne marche des choses, mais également blesser et marquer cruellement certaines familles ou certains individus, comme en témoigne l’histoire poignante de la famille Laborde. L’argent est et demeure le nerf de la guerre, et c’est avec simplicité, beauté et élégance qu’Hubert Dutech nous raconte cette histoire.
Un très beau livre, une histoire touchante et émouvante que je recommande vivement. J’ai versé quelques larmes en lisant les dernières pages.
> Extraits :
« C’est simple dans le fond, quoi qu’il se passe, c’est toujours le pauvre qui trinque en fin de compte. » (p.102)
« Et puis, en fin de compte, [Blanca] voyait bien que dans le Bouscat, la seule chose qui permettait, au fil du temps, de passer outre les difficultés, de faire face à l’adversité, de surmonter l’insurmontable, ce n’était pas les prières et tout le saint Frusquain, c’était la seule solidarité qui régnait entre tous le habitants. Rien de miraculeux n’arrivait jamais du ciel, ni des grands messieurs d’ailleurs et si l’on s’en sortait, c’était en mettant les choses en acte, c’était en agissant sur le réel, en intervenant physiquement, de manière concrète, palpable, effective. » (p.91/92)
>Et s’il fallait mettre une note, ce serait:
> Le temps des grues est en vente directement sur le site de l’éditeur.
Bonsoir Syannelle,
Je vous remercie pour votre remarquable commentaire sur « Le temps des grues ». Je suis l’éditeure et ai ressenti la même émotion que vous quand je l’ai lu pour la 1ère fois. C’est alors que j’ai décidé de publier Hubert Dutech aux Ets Catybou.
CBC
Bonsoir Syannelle,
Je vous remercie pour votre remarquable commentaire sur « Le temps des grues ». Je suis l’éditeure et ai ressenti la même émotion que vous quand je l’ai lu pour la 1ère fois. C’est alors que j’ai décidé de publier Hubert Dutech aux Ets Catybou.
CBC