« Le paradoxe du cerf-volant », de Philippe Georget

Le paradoxe du cerf-volant

> Le livre : Le paradoxe du cerf-volant, de Philippe Georget,  éditions Jigal,  317 pages, 18 €.

> Présentation : Pierre, boxeur de 27 ans, vient de perdre le combat de trop. Critiqué, déprimé, les doutes l’assaillent et la retraite se profile, contrainte et forcée. Afin de préparer sa reconversion, il accepte de jouer les « gros bras » pour Lazlo, prêteur sur gage croate réfugié à Paris… bientôt torturé et assassiné. Soupçonné par la police, Pierre se retrouve embarqué dans une histoire embrouillée qui semble prendre sa source dans les terribles massacres de civils des années 90 en ex-Yougoslavie.

[Cette critique a été rédigée par Amélie, auteur du blog  Les lectures d'Amélie que nous vous invitons à découvrir]

 

> Le roman est construit en trois parties, trois « rencontres » de 12 rounds chacune. Pierre se démène pour prouver son innocence et pour comprendre ce qui se trame dans sa propre vie. J’ai beaucoup aimé ce roman, alliant l’intrigue d’un bon polar et l’action d’un bon roman d’espionnage… avec le suspense. Sans que cela fasse artificiel, les rebondissements s’enchaînent et perdent le lecteur dans diverses fausses pistes… qui n’en sont pas tout à fait, cependant. Les différents éléments distillés tout au long du texte permettent de mieux comprendre, sinon l’intrigue, au moins le personnage principal, et aucune de ces informations n’est donc « en trop », d’où l’absence de sentiment de superficialité que l’on peut ressentir, lorsqu’un auteur tente maladroitement de compliquer artificiellement l’intrigue dans le but de perdre le lecteur à l’envi. Ici, le lecteur suit en fait le parcours et les réflexions de Pierre, avance avec lui, à son rythme, et défait en même temps que lui la pelote de nœuds de cette affaire complexe.

Outre l’intrigue elle-même, pleine de rebondissements pour le moins efficaces, ce roman offre une galerie de personnages plutôt intéressants. Il y a donc Pierre, le héros malgré lui de cette aventure, mais aussi les policiers parmi lesquels le duo Meyer et Casalis, le commissaire Lefèvre, la fliquette Julie ; côté « ennemis », nous avons Dupont et Dupond (je ne donnerai pas plus de détails sinon ça gâcherait le plaisir de la lecture), Sergueï, Lazlo, La Fouine, Crâne d’OEuf, Sven ; côté « amis », Emile, l’entraîneur, les boxeurs dont on se demande s’ils sont vraiment des amis ou non, les piliers du bar de la Poste, les gérants du bar en question où Pierre travaille pour arrondir ses fins de mois, Nathalie, Marina et Barbara… J’ai pour ma part beaucoup apprécié ces personnages secondaires, parfois un peu caricaturaux, mais qui ajoutent indéniablement une part de normalité dans cet univers pour le moins fantasque par ailleurs (c’est en tout cas de cette manière que le perçoit Pierre), et raccrochent le héros à la réalité, qu’il lui est parfois difficile de voir… La fin est à la fois exaltante et surprenante, mais finalement très bien vue.

D’un point de vue formel, la lecture est plutôt facile, mais j’ai malgré tout un gros reproche à faire à ce livre : le lecteur y trouvera quelques coquilles regrettables, peu nombreuses heureusement, non pas d’orthographe mais d’homonymie (du genre « il serre » au lieu de « il sert »)… C’est dommage parce que ce genre d’erreur laisse planer un doute quant au sérieux de la correction (ou la capacité de l’auteur à écrire ?). J’ignore tout à fait qui est à incriminer (l’auteur, l’éditeur ou le correcteur), mais c’est très dommage quand on voit le sérieux de la documentation qu’il y a derrière ce livre. Le conflit serbo-croate et le monde de la boxe sont extrêmement bien décrits, et pour une fois, j’ai compris quelque chose à cette guerre civile qui s’est déroulée pendant mon adolescence… ce qui, en soi, est un excellent point à mettre à l’actif de ce roman. Il est donc particulièrement dommage qu’une relecture soignée n’ait pas permis de corriger ces erreurs assez grossières. Heureusement, dans l’ensemble, le tout se lit plutôt bien, parce que le récit est prenant et haletant. Ce roman est donc une très bonne découverte, une bonne surprise aussi, un bon moment de lecture estivale, distrayante et haletante.

 

> Et s’il fallait donner une note, ce serait :

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir Le paradoxe du cerf-volant ?

 

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