« Le chant des âmes », de Frédéric Rapilly

Le chant des âmes

> Le livre : Le chant des âmes de Frédéric Rapilly, Critic Editions, 384 pages, 20 €.

> Le pitch : Le cadavre mutilé d’une jeune femme est découvert en Bretagne, dans la forêt de Brocéliande, quelques jours après la traditionnelle rave-party qui se tenait dans les environs. Alors que les médias se déchaînent, un ex-grand reporter et une photographe mènent une contre-enquête. Il apparaît que ce meurtre n’est pas isolé ; en Thaïlande, en Ukraine, aux Canaries, et en Australie, des jeunes femmes sont retrouvées mortes en marge d’évènements similaires.

[Cette critique a été rédigée par Yv, auteur du blog Lyvres, et dont vous pouvez découvrir le portrait sur ce blog]

 

> Une jeune fille est retrouvée morte, torturée, attachée à un arbre, dans la forêt de Brocéliande. Toujours sur les coups vendeurs, les médias se jettent sur l’histoire qui fait frémir dans les chaumières. Pour gagner encore plus en véracité, le rédacteur en chef de Paris Flash demande à Marc Torkan, retiré depuis 5 ans dans sa maison de Bretagne, isolé totalement du monde de médias de reprendre du service et de contre-enquêter. Marc, toujours pas remis du décès brutal de sa femme, Caroline, commence par refuser, puis accepte et fait équipe avec une jeune photographe américaine, Katie Jeckson. Leur enquête les mène vers la Thaïlande pour un meurtre ressemblant, puis les fait entrer dans le monde de la musique techno, des rave-parties qui semblent être un lien entre les deux assassinats.

Deux livres en un : la première partie est un roman policier régional, breton. Entre Trehorenteuc,  Quiberon, Baden, on visite le Morbihan, son golfe, ses plages. Pas mal, en plus c’est une région que j’aime beaucoup. Le récit est linéaire, les deux personnages principaux, très présents, questionnent, recherchent des indices mais n’avancent pas beaucoup. Jusqu’à ce que Katie découvre un meurtre semblable en Thaïlande. Le roman devient donc international. Mais c’est un peu plus loin que commence vraiment la second partie : un troisième personnage intervient, que l’on pense bien être l’assassin. Il intervient comme dans d’autres romans du genre, d’abord en tant que narrateur en alternance avec les autres protagonistes et puis ensuite, en voix off, des chapitres en italique racontant son enfance et son parcours pour en arriver à son comportement actuel. Un peu avant cela, Marc émet l’hypothèse du monde de la musique techno comme lien entre les meurtres et là, apparaît Jillian, jeune DJ’ette qui va les guider dans cet univers.

Voici donc un roman bien construit. L’auteur prend le temps de bâtir l’intrigue, de nous mener vers son coupable. Pas haletant au départ, on avance doucement, puis petit à petit le rythme accélère pour arriver à son apogée à la fin, un peu comme le rythme que les DJ’s imposent lors de leurs sessions. Un polar musical qui nous plonge à la fois dans le pop rock qu’écoute Marc, dans une moindre mesure dans la musique classique de Katie, mais surtout dans le monde de la musique électro. Un univers très particulier, avec ses codes. Frédérick Rapilly décrit cette musique comme une drogue : elle éclate dans les cerveaux de ceux qui l’écoutent pour ensuite se répandre dans leurs corps et leur faire faire des mouvements et des gestes de véritables transes. Il faut bien avouer que la drogue n’est jamais bien loin non plus !

Mon regret – puisqu’il y en a un- est dans le personnage de Marc Torkan qui est une véritable caricature : il a perdu sa femme, a quitté le monde qu’il adorait, est venu s’enterrer en Bretagne pour oublier. Il est ténébreux – on le serait à moins – et plaît donc aux femmes, mais lui ne s’intéresse pas à elles puisqu’il aime encore la sienne, morte cinq ans auparavant.

« Boom.

C’est ce qu’a ressenti Marc pendant longtemps. Se laisser couler. Oublier. Se faire oublier. Mais les choses changent. Il se surprend à se sentir excité par la traque menée depuis quelques jours. Comme si la vie l’avait réinvesti alors qu’il piste des mortes. Comme si l’action pouvait finalement servir de baume à une souffrance indicible. » (p.216)

Un peu « too much », le Marco. Mais bon, on fait avec et heureusement, les deux personnages de femmes sont plus intéressants, bien que plus en retrait. D’abord Katie, photographe qui se découvre une passion pour les fait divers et ensuite Jillian, la DJ’ette. Elles apportent un peu de fraîcheur de spontanéité et d’originalité aux enquêteurs.

Un premier roman de Frédérick Rapilly, par ailleurs, journaliste, ex-grand reporter et DJ et auteur du blog Thrillermaniac, très prometteur, qui installe une vraie ambiance qui dure : sa description des nuits électro, des sons, de sessions des DJ’s est convaincante, assez pour créer un contexte original, très moderne et actuel et musical qui reste donc à l’oreille après avoir reposé le livre fini.

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir Le chant des âmes ?



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One Response to « Le chant des âmes », de Frédéric Rapilly

  1. Asphodèle dit :

    Connaissant le blog d’Yv et ses critiques sans concession, oui, cette chronique me semble de qualité et me donnerait envie de lire un polar, là tout de suite !! ;)

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