> Le livre : Le Bataillon de Fer de Charles Briand, éditions Ex Aequo, 260 pages, 20 €.
> Le pitch : Le 9 Avril 1919, François rentre de la guerre. Après avoir traversé la campagne allemande intacte… Il traverse la Champagne où tout a été bouleversé par les quatre années de batailles, de tranchées, de bombardements, de gaz, de morts… Dans le train qui le ramène chez lui, il a tout le temps de se remémorer ce que sont ses origines et ce qu’il a vécu.
[Cette critique a été rédigée par Sophie, auteur du blog Chaise longue et bouquins que nous vous invitons à découvrir]
>Le bataillon de fer est un roman à double tiroir. Double, car on y suit à la fois la vie de Gérard, jeune alsacien, obligé de quitter sa région, afin de pouvoir rester français, et la révolte des vignerons du département de l’Aube, spoliés par les Marnais, de leur appellation de Champenois, historiquement justifiée.
Le roman est parfaitement documenté et on y apprend beaucoup sur cette longue période qu’a été l’occupation prussienne en Alsace-Lorraine. Les difficultés qu’ont rencontré les habitants, qui devait abandonner toutes leurs origines, coutumes, langages, français.
Gérard notre héros arrive à s’échapper, et a la providence avec lui, car d’étapes en étapes, il est aidé par des personnes adorables, dont la famille de sa future femme. Après bien des périgrinations, différents métiers pratiqués, il se marie, et s’établit dans l’Aube, chez ses beaux-parents.
S’ensuit les naissances de ses enfants, et la découverte de la culture de la vigne dans cette région Champagne, qui est différente de celle qu’il connaît pratiquée en Alsace.On y apprend l’histoire de la culture de la vigne, les différentes techniques utilisées, et l’on comprend mieux pourquoi les Aubois se sont ensuite sentis spoliés de leurs droits d’appellation Champagne. Seulement, le mauvais temps durant plusieurs années, modifie la donne et permet aux Marnais, producteurs de champagne, de ne plus s’approvisionner chez les vignerons aubois et de faire modifier par des décrets gouvernementaux, les départements relevant de la région Champagne. Les vignerons aubois, outrés et poussés dans leurs retranchements, vont s’organiser, réunir divers documents attestant d’être champenois, et manifester de façon pacifique, pour faire valoir leurs droits.
C’est toute cette mise en place que nous suivons, tout va crescendo, jusqu’à la marche du « Bataillon de Fer » du 9 Avril 1911, à Troyes, conduite par Gaston Cheq, dimanche des Rameaux, cette longue marche regroupant 20 000 vignerons, défilant dans les rues de Troyes, soutenus par la population dans un bel élan de solidarité. Nous suivons ensuite François, le fils de Gérard dans les méandres de la Première Guerre Mondiale. L’auteur sait bien documenter son récit, et accroche le lecteur qui veut en savoir plus sur l’histoire de ces vignerons aubois, qui ont tenté de faire valoir le pacifisme, la droiture et le respect.
Seul bémol : la couverture ne met pas assez en valeur la photo des manifestants du Bataillon de Fer. Ce n’est pas un roman historique avec une intrigue à dénouer, mais un roman historique au sens propre, qui relate des faits à l’aide d’un héros de fiction.
> Un roman agréable, bien écrit, qui se lit vite, et comblera tous ceux qui aiment l’Histoire.
> Extrait :
« La dame venait de recevoir le journal où un grand titre barrait la première page : TROYES capitale de la Champagne « Sous le commandement de Monsieur Gaston Cheq, le Bataillon de Fer réussit son pari : faire défiler 20 000 vignerons dans la ville de Troyes, dans la dignité et le respect de tous. Aucun incident à signaler. » > Et s’il fallait mettre une note, ce serait :
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir Le Bataillon de Fer ?