> Le livre : Landes, de terre et d’eaux, textes d’Alain Dubos, mise en images de Philippe Valliez, éditions Passiflore, collection Itinéraire bis, 60 pages, 15 €.
> Le pitch : Un artiste peintre et un écrivain poète, deux regards croisés sur une même passion, les Landes, ce pays attachant, plein de charme et à nul autre pareil… Le choix du papier kraft, symbole même de l’essence du pin maritime landais, permet à l’artiste de traduire la lumière de cette région dans toute sa finesse.
[Cette critique a été rédigée par Lili Galipette, auteur du blog Lililectrice, que nous vous invitons à découvrir]
> Il est des pays dont la violence est maîtrisée par un décor en apparence pacifié, et que tourmentent pourtant, au hasard des colères de la nature, les catastrophes. Les Landes sont de cette famille-là, qui proposent au regard du passant les harmonies de leur paysage et, pour qui prendra le temps de regarder sous l’horizon, les décombres de leurs confrontations avec les humeurs du ciel. […] C’est cet ouvrage d’eau, de forêt, de silence et d’erratique humanité dont il sera question ici. Le parti prix est celui de la quiétude, pour l’esprit comme pour les yeux, à la recherche d’une vérité, d’un équilibre que seule la vision d’un peintre, avec ses approximations infiniment poétiques est capable de trouver. » (p. 5)
Les Landes, ce sont des bergeries, des pins, des animaux familiers à force d’être sauvages. Les Landes, c’est l’eau : « Fleuve ou marais, qui sait ? L’Adour n’est jamais loin, bel amant de la pierre immuable et sereine, il berça de son chant Vincent de Paul enfant, et se mêle au passage à l’onde qui guérit. » (p. 18 à 21) C’est aussi la forêt, cette « cathédrale sans fin sous le ciel atlantique » (p. 23) Au gré des mots et des images, on découvre des lieux comme Beylongue et Biscarosse, Capbreton et Saubusse, et Candresse…
Le verbe se déploie en alexandrins : les descriptions se font caresses et soupirs. Ici, la prose poétique donne voix à la sagesse du territoire. Celui qui parle a appris le pays, l’a éprouvé de ses regards et foulé de ses pas. La police utilisée est celle d’une main qui sait ses lettres, mais qui n’abuse pas de leurs pouvoirs. La phrase parfois s’échoue seule sur une grande page vide, elle ne touche plus le dessin. Alors, plutôt qu’un long discours, c’est l’image qui parle. Et sur le papier kraft de ce carnet de voyage intimiste se succèdent les gouaches, les esquisses et les fusains. Ils sont les hommages muets d’un peintre poète, amoureux de son modèle, mais infiniment respectueux et qui ne dévoile que la pudeur.
Ne vous ruez pas sur ce livre. Prenez le temps d’en tourner les longues pages. Revenez sur vos pas. Non, vous n’avez pas tout vu. Non, vous n’avez pas déjà entendu le chant de cette aigrette, ni déjà respiré le souffle de cette pinède. La collection Itinéraire bis porte bien son nom : ce n’est pas un Guide du Routard que vous tenez là. C’est le bout du fil d’Ariane d’un pays de majestueuse lenteur et de violence tapie. Et les seuls êtres que vous croiserez dans votre marche dans les Landes, ce sont les ombres des promeneurs qui ont eu le bonheur, avant vous, de s’égarer en ces lieux.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie, à vous aussi, de vous laisser tenter par un détour par Les landes ?
Merci pour ce bel hommage qui nous conforte dans notre envie de partage.
C’est bien une reflexion sensible et merveilleusement exprimée qui nous va droit au coeur.
Bonne promenade.
Philippe Valliez.
Une critique qui donne envie de tenir ce livre entre ses mains!
Je vous souhaite de lire ce bel ouvrage.
Bonne journée.
Merci pour ce bel hommage qui nous conforte dans notre envie de partage.
C’est bien une reflexion sensible et merveilleusement exprimée qui nous va droit au coeur.
Bonne promenade.
Philippe Valliez.
Merci pour votre message. Je suis touchée que mon billet vous ait plu.
Cordialement.
Excellente critique, émouvante, qui nous donne envie de faire cette balade !!^^
Merci Isabelle ! Tu n’es pas si loin de l’Aquitaine, j’espère que tu en profiteras.
Pas si loin pas si loin, à vol d’oiseau oui !! Mais les paysages se ressemblent et ce livre me fait envie !!