« La vie sexuelle cachée des fleurs », de Rob Kesseler et Madeline Harley

La vie sexuelle cachée des fleurs

>  Le livre : La vie sexuelle cachée des fleurs, de Rob Kesseler et Madeline Harley, éditions Télémaque, 42 €, 266 pages.

> Présentation : Vous n’avez jamais approché d’aussi près le coeur des fleurs ! Une technique révolutionnaire, alliant intimement art et science, née de la passion commune d’un scientifique et d’un artiste nous dévoile des images exceptionnelles et totalement inédites du monde magique et microscopique des pollens. Best-seller en Angleterre, ce livre culte, publié en partenariat avec les Jardins botaniques royaux de Kew, en est à sa 3e édition au Royaume-Uni. Il est publié pour la première fois en France. Un voyage inoubliable et fascinant.

[Cette critique a été rédigée par Renée Gaivort, auteur du blog reneesens que nous vous invitons à découvrir.]

 

> Mon souci principal avec les « beaux livres », c’est de savoir quoi en faire après les avoir feuilletés. En effet, les textes sont parfois courts, voire quasi-inexistants, ils ne se lisent pas comme un roman, les photos s’admirent une ou deux fois, et le-dit beau livre, souvent lourd et volumineux, se retrouve sur une étagère ou pire, dans un carton. Alors quand Les Agents Littéraires m’ont proposé d’en recevoir un, j’étais un peu dans le doute. Heureusement, le sujet m’intéressait.

Cette vie sexuelle cachée des fleurs s’est révélée plus qu’une surprise. Cet ouvrage traite de palynologie, c’est-à-dire l’étude des grains de pollen. Le contenu est un savant mélange d’art et de science, avec une question centrale : est-ce l’art qui rattrape la science ou l’inverse ?

Les photos sont absolument grandioses et stupéfiantes (grâce notamment aux techniques numériques qui ont permis aux auteurs de colorer les grains afin de les rendre encore plus spectaculaires), les textes sont denses et pointus sur la botanique, la palynologie mais aussi sur les abeilles. Ici, les textes sont rédigés comme une sorte d’essai, mêlant science, histoire (de la représentation en botanique), art, philosophie, et même poésie ! J’ai donc pris mon temps pour lire et feuilleter ce mastodonte.

Il règne une grande cohérence des photos dans les doubles pages : un côté avec la fleur (souvent des fleurs simples et que l’on trouve près de chez soi), et l’autre avec le grain de pollen correspondant. Ceci pour nous rappeler que la nature est logique et bien faite. Je suis restée estomaquée devant la diversité et la beauté des grains de pollen.

Reste son poids : il est vraiment lourd à porter et à manipuler. Il va tout de même rester encore quelques temps sur la table de chevet afin de m’émerveiller le soir.

Malgré un sujet bien spécifique, les auteurs ont su capter mon entière attention et admiration pour ces microscopiques merveilles de la nature. Un magnifique cadeau de Noël pour les passionnés de botanique.

 

>  Extraits :

« La sophistication et la qualité des images scientifiques sont telles qu’elles possèdent une précision et un sens du détail qui peuvent conduire à s’interroger sur la nécessité d’une intervention artistique ».

« L’artiste le plus libre peut ne pas comprendre la science en profondeur, tout comme le scientifique peut ne pas apprécier immédiatement la philosophie de l’artiste ».

« Les idées de beauté et de sublime posent problème dans une société postmoderne saturée d’images persuasives dépouillées de leur aura originelle, tandis que nous appréhendons le monde naturel à travers les yeux d’autrui. Peut-être avons-nous perdu l’habitude et le plaisir de regarder par nous-mêmes ; or, ce regard est une première étape vers une compréhension plus subtile du monde qui nous entoure ».

 

>  Et s’il fallait mettre une note, ce serait :


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One Response to « La vie sexuelle cachée des fleurs », de Rob Kesseler et Madeline Harley

  1. TEXIER dit :

    Dommage… la photo de la page 110 n’est pas celle d’une abeille mellifera, mais bien celle d’une éristale, une sorte de mouche. Rien à voir avec un hyménoptère donc. Cela peut se voir à la forme générale du corps (longueur de l’abdomen, forme des yeux,…), à l’absence de corbeilles et de brosses à pollen sur les pattes postérieurs et surtout aux nervures des ailes qui restent spécifiques à chaque espèce d’insecte. Dommage

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