« La tyrannie des mouches », de Jean-Luc Luciani

La tyrannie des mouches

> Le livre : La tyrannie des mouches de Jean-Luc Luciani, éditions Mutine, 98 pages, 12 euros, en vente directement sur le site de l’éditeur.

> Le pitch : Ernest est un écrivain en mal d’inspiration, sommé de remettre à son éditeur le manuscrit du roman pour lequel il a reçu d’importants à-valoirs. Installé dans le bistrot d’Henri, il sympathise avec tous les habitués qu’on voit défiler jour après jour. Comment Ernest parviendra-t-il à remettre le manuscrit en temps et en heure ?  Comment supportera-t-il le succès ?

[Cette critique a été rédigée par Caro, auteur du blog de Caro que nous vous invitons à découvrir]

 

> La tyrannie des mouches est un petit roman qui se lit très rapidement. Il compte seulement 98 pages mais le style concis de l’auteur et l’intrigue en elle-même font que j’ai passé un très bon moment de lecture.Le roman met en scène Ernest. Il est écrivain et son éditeur lui a demandé d’écrire un roman. Pour l’encourager, il lui a déjà envoyé plusieurs chèques qu’Ernest s’est empressé d’encaisser. Il ne lui reste donc que très peu pour vivre et ce roman devient urgent à écrire. Aussi, il passe sa journée dans un café. C’est là qu’il pense puiser l’inspiration. Cependant, tout n’est pas si simple. La feuille reste désespérément blanche. Ernest ne sait pas quoi écrire. Il a bien le début d’une intrigue. Son héroïne s’appellerait Belinda. C’est tout ce qu’il sait, autant dire pas grand chose….

Pendant les premiers chapitres du roman, le lecteur suit donc Ernest en proie au doute et à la confusion. D’abord sympathique, on s’aperçoit vite qu’Ernest est un écrivain du paraître. Ce qu’il aime c’est montrer aux autres qu’il écrit. Aussi, le café lieu de passage, de rencontres et de discussions est idéal. Ernest aime poser pour les autres, adopter l’attitude que l’on est en droit d’attendre de lui. Tous les clients lui répètent qu’il a déjà écrit une nouvelle à succès dans un magazine. Pour les autres, il est écrivain, un point c’est tout. Ernest se plaît ainsi dans cette position qui semble lui donner de l’ascendant sur les autres. Mais le lecteur n’est pas dupe : Ernest se ment à lui-même. Peut-être n’est-il pas fait pour être écrivain après tout?

Tout dérape le jour où Cassandra, sa petite amie, tombe enceinte. En effet, il va falloir assumer une famille à présent et s’en occuper. En même temps, son éditeur le presse de plus en plus, lui passant des coups de fil à tout heure du jour et de la nuit, lui demandant des comptes. Le lecteur découvre alors un auteur acculé, au pied du mur qui doit se lancer dans l’écriture. Ernest va alors faire appel à un nègre. Je ne vous en dis pas plus sous peine de trop en dévoiler. Sachez seulement que les choses ne vont pas se passer comme prévu. Le roman bascule alors dans une sorte de « thriller » (même si ce mot est peut-être trop fort ici). En tout cas, j’ai été vraiment surprise par ce revirement de situation qui laisse entrevoir la véritable nature d’Ernest même si on pouvait la soupçonner dès le début du livre.

J’ai beaucoup aimé la galerie de personnages mise en scène par Jean-Luc Luciani. Personnages écléctiques, bigarrés, ils constituent un microcosme de la société. Le style de l’auteur est également très intéressant : concis, précis, il va à l’essentiel sans s’embarrasser de fioritures, de superflu.

Dommage que le roman ne soit pas plus long, plus développé. J’en aurais aimé un peu plus ! C’est en tout cas une belle découverte.


> Et s’il fallait mettre une note ce serait :

> La tyrannie des mouches est en vente directement sur site des Editions Mutine.

 

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie découvrir La tyrannie des mouches ?

 

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4 Responses to « La tyrannie des mouches », de Jean-Luc Luciani

  1. SAINT-LUC dit :

    Le sujet semble très interessant, et la critique donne envie. Je note le titre et vais sur le site de l’éditeur.

  2. SAINT-LUC dit :

    Expérience réussie: il faut aller faire un tour sur le site des Editions MUTINE, ça réserve de belles surprises, et certains pourront même (re)découvrir Jean Poperen, un politique qui faisait moins dans le genre strass et paillettes que certains.

    Formule que j’ignorais: possibilité de recevoir plusieurs bouquins par an en contrepartie d’une cotisation.

    Les editions Mutine conchient la pensée zunique, et ça les rend sympathiques en diable (elle va finir par nous flinguer tous, cette tunique là…)

    Une question cependant: pourquoi proposer des livres agrafés (pas chers d’ailleurs)?

  3. Vincent dit :

    Intéressant, effectivement, ce système de cotisation, qui permet à la maison d’édition de s’assurer d’avoir un minium de lecteurs et aux lecteurs de participer à la vie de la maison d’édition. Plus d’info ici : http://editions-mutine.over-blog.com/pages/Questce_que_les_Editions_Mutine_-260183.html

    Rien à voir, mais en visitant le blog de Caro, auteur de cette critique, j’ai découvert les vidéos qu’elle réalise régulièrement pour rendre compte de ses lectures, et que je trouve très bien faites.

    En voici un exemple (celui où elle parle de « La tyrannie des mouches ») :

  4. SAINT-LUC dit :

    Mais vous savez qu’elle est aussi bonne à l’oral qu’à l’écrit, Caro! Et tout ça sans prompteur, chapeau !
    L’idée de présenter ses lectures comme ça est tout simplement géniale: en tous cas, c’est vraiment neuf.
    @Caro: un tout petit bémol: lorsque vous reposez le livre, faites attention au micro, ça boume dans les baffles. Je vous dis à bientôt également, et Ciao.

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