> Le livre : La France ?! Regards croisés de quatre jeunes sur leur pays de Pol Datausse, Ronan Datausse, Bertrand Mathieu et Vincent Mathieu, avant-propos de Claude Goasguen, préface d’Isabelle Debré, éditions Persée, 240 pages, 18,50 €.
> Le pitch : Ils ne sont pas responsables politiques, ils ne sont pas journalistes, ils ne sont pas sociologues… mais tout simplement de jeunes actifs en quête d’authenticité et de courage dans une société à rénover. Quatre profils, quatre regards… Une vision, un idéal ! Ils livrent en 22 thématiques leur diagnostic des principaux maux dont souffre la France.
[Cette critique a été rédigée par Fransoaz du blog Lenn Ha Dilenn que nous vous invitons à découvrir]
>Les quatre jeunes hommes qui croisent leurs regards, leurs idées, leurs souhaits pour la France de demain, sont âgés de 25 à 32 ans. Après de brillantes et longues études, ils sont aujourd’hui actifs, mais n’ont pas tous trouvé un métier en adéquation avec leur parcours d’étudiant.
Ce livre à quatre mains est né des réflexions et des confrontations d’idées des auteurs à propos d’économie, de politique, d’éducation, d’immigration, du rôle des médias dans la société française.
Les 22 chapitres du recueil abordent des thèmes différents et ont été rédigés par l’un ou l’autre des auteurs synthétisant les avis (convergents ou divergents) des trois autres. Le fil rouge qui traverse les 230 pages du livre est fait de la vision des jeunes auteurs sur la France. Les textes sont introduits et ponctués de nombreuses citations ou références bibliographiques.
Le premier chapitre intitulé Le carrosse et la citrouille traite de l’excellence et de la médiocrité de notre pays avec, pour étayer leurs propos, les exemples du paquebot Le France, du Concorde ou du porte-avions Le Charles de Gaulle. Ces fleurons, fiertés de notre pays sont à l’agonie pour les premiers, multiplient les avaries pour le troisième.
« Au su et au vu de tous, ces défaillances devraient nous interpeller et susciter le réveil. A la place, les Français s’accommodent bien du gâchis, des pénalités, de l’à-peu-près et du « je m’en foutisme ».
« La France enfante le chef-d’œuvre mais en jouant aux montagnes russes, elle ne conserve qu’une illusoire apparence de grandeur».
L’auteur parle alors de gâchis, de manque de soin et prône « régularité, équilibre et sagesse » pour être à la hauteur et optimiser les atouts de la France.
Dans Assistance ou assistanat ? La société Marshmallow, les auteurs dénoncent « le laxisme budgétaire » qui plombe les générations futures en laissant le déficit se creuser dans des proportions inadmissibles. Notre société déresponsabilise les hommes qui la composent en développant une dépendance outrancière. Le citoyen n’est plus capable d’affronter les aléas de la vie sans le secours de sa mère nourricière, l’état et son assistanat. « L’avenir n’appartient plus à ceux qui savent prendre des risques, mais à ceux qui savent profiter du système. »
Et de conseiller la réhabilitation de la responsabilité individuelle et de l’autonomie, la prise en main de son destin par chaque être humain, s’élever par l’effort. Trouver un juste milieu entre l’aide apportée aux êtres vulnérables sans protéger de trop le citoyen.
Si je rejoins l’avis des auteurs sur certains thèmes, leur chapitre sur l’éducation m’a déçue, voire choquée : « L’effort est remplacé par le jeu. L’apprentissage doit être ludique, on oublie donc que les verbes « enseigner » et « apprendre » sont transitifs, on laisse place à « l’épanouissement de l’enfant » par le plaisir. On ne cherche plus à tirer le meilleur de chaque élève, on fait en sorte qu’il se sente bien. »Je suis persuadée que l’enseignement ne peut se faire par la contrainte et que l’épanouissement et le bien-être des enfants ne sont pas antinomiques avec les apprentissages. L’auteur choisit l’exemple de Laure Manaudou et vante les méthodes quasi-ascétiques de son entraîneur qui en ont fait une grande championne. Oublie t-il la dégringolade qui a suivi ? L’école d’aujourd’hui doit- elle préparer des clones de Manaudou, afin que les gloires éphémères nourrissent notre fierté nationale ? Ne doit-elle pas plutôt former des jeunes « bien dans leurs têtes, bien dans leurs baskets » qui sauront demain s’adapter aux défis de notre société ?
Il est dommage et peu judicieux que d’emblée le lecteur se trouve dans un ouvrage colorisé UMP (avant-propos de Claude Goasguen et préface d’Isabelle Debré). Pourquoi le chapitre intitulé Les épines de la rose n’a-t-il pas son pendant à droite ?
Les auteurs ne font pas dans la dentelle et ne prennent pas toujours de gants pour exposer leurs idées. Ces quatre jeunes sont irrités par les erreurs commises dans le passé et qui pèsent lourd dans l’héritage laissé aux jeunes générations. Ils vont à contre-courant de la pensée unique qui freine la rénovation dont la France a besoin. Les auteurs établissent un état des lieux de notre pays dans un style clair et direct. Les lecteurs y trouveront des éléments de réflexion et s’interrogeront sur notre société actuelle et à venir.
Un ouvrage qui ne manque pas de courage, de franchise et de réflexion.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Partagez-vous les idées exposées dans France ?! Regards croisés de quatre jeunes sur leur pays ?
Une phrase tirée de la critique de FRANSOAZ m’a interpellé: » L’école d’aujourd’hui doit- elle préparer des clones de Manaudou, afin que les gloires éphémères nourrissent notre fierté nationale ? Ne doit-elle pas plutôt former des jeunes « bien dans leurs têtes, bien dans leurs baskets » qui sauront demain s’adapter aux défis de notre société ? »
Question de point de vue.
Si l’épanouissement individuel est la recherche première, vous avez évidemment raison.
Dans les sociétés qui au contraire hissent l’épanouissement collectif (qui emporte necessairement conquête et compétition)au premier rang des préoccupations, alors la thèse du livre est valable.
Bien entendu, les modèles de sociétés proposés sont alors très différents: pour être exact, ça n’a même plus rien à voir.
A noter également que les faits et la hauteur de remplissage des caisses dicte souvent le modèle qui finit par s’imposer.
Démocratie à n’en pas douter, la Grèce est ainsi en train de se faire imposer par d’autres son modèle futur: le choix réel de ses nationaux n’aura pas lieu.
Dans l’Allemagne des années 30 (AVANT 1933, je précise) le choix a-t-il été réellement libre ?
Une phrase tirée de la critique de FRANSOAZ m’a interpellé: » L’école d’aujourd’hui doit- elle préparer des clones de Manaudou, afin que les gloires éphémères nourrissent notre fierté nationale ? Ne doit-elle pas plutôt former des jeunes « bien dans leurs têtes, bien dans leurs baskets » qui sauront demain s’adapter aux défis de notre société ? »
Question de point de vue.
Si l’épanouissement individuel est la recherche première, vous avez évidemment raison.
Dans les sociétés qui au contraire hissent l’épanouissement collectif (qui emporte necessairement conquête et compétition)au premier rang des préoccupations, alors la thèse du livre est valable.
Bien entendu, les modèles de sociétés proposés sont alors très différents: pour être exact, ça n’a même plus rien à voir.
A noter également que les faits et la hauteur de remplissage des caisses dicte souvent le modèle qui finit par s’imposer.
Démocratie à n’en pas douter, la Grèce est ainsi en train de se faire imposer par d’autres son modèle futur: le choix réel de ses nationaux n’aura pas lieu.
Dans l’Allemagne des années 30 (AVANT 1933, je précise) le choix a-t-il été réellement libre ?