> Le livre : La fille d’un soir – un souvenir d’avant le Sida
, de Pierre Béhel, éditions Cogitare, 184 pages, 10 €, en vente sur le site de l’éditeur.
> Présentation : Un soir en boîte, Laurent Mavallet se fait draguer pour une jeune fille. Célibataire endurci d’une quarantaine d’années, fervent défenseur du sexe pour le sexe, pourquoi se priverait-il d’une partie de jambes en l’air facile ? Mais en pleine nuit, il se réveille avec un étrange pressentiment et ne tarde pas à découvrir le corps ensanglanté de sa compagne d’une nuit. Celle-ci s’est elle-même égorgée, laissant juste une lettre à son partenaire d’une nuit : « Comme cela, tu m’auras aimée au moins une fois, papa. »
[Cette critique a été rédigée par Aidoku, auteur du blog Biblio'Stéph que nous vous invitons à découvrir.]
> Un titre qui porte à confusion
Etant donné que le sous-titre de ce livre est « Un souvenir d’avant le sida », je m’attendais à une histoire en rapport avec cette maladie. Eh bien, pas du tout et je dois dire que j’ai horreur de ça ! C’est se moquer du lecteur que de lui soumettre un sous-titre qui porte à confusion. D’autant plus que le titre seul est suffisamment parlant et correspond à l’histoire, lui. Aux histoires même, puisqu’il correspond vraiment aux différents éléments du récit.
Je passerai sur la préface inutile et présomptueuse que je vous déconseille fortement de lire, si vous ne voulez pas passer à côté d’un roman qui se révèle bien plus agréable que ces mauvais débuts ne le laissent supposer.
> Un déclencheur difficile, mais maîtrisé par l’auteur
La scène de départ est très dure, aussi bien pour le personnage principal que pour le lecteur. Imaginer qu’une personne puisse s’égorger soi-même est très difficile : un acte douloureux qui doit témoigner d’un profond dégoût de soi ou désir de vengeance. J’attendais donc beaucoup du dénouement.
Je dois avouer qu’au vu du cheminement, je pensais être déçue, les raisons de ce geste apparaissant plutôt légères, mais l’auteur a su me convaincre au tout dernier moment. Dommage qu’il se soit un peu perdu dans les méandres de son récit par manque d’empathie avec les personnages.
> Des éléments inutiles
Ce roman contient tout de même beaucoup de blabla pour pas grand chose. Les allers et retours chez le médecin, les soirées avec Caro… sont autant de scènes pas franchement utiles, ou du moins pas suffisamment travaillées. Et ne parlons pas des scènes avec les zentaï qui ne servent à rien, si ce n’est à mettre en avant les connaissances de l’auteur sur une pratique sexuelle originale. Je n’ai rien contre bien sûr, mais elles apportaient finalement peu de chose au récit.
Inutile aussi le découpage excessif du roman. 40 chapitres, c’est beaucoup trop. D’autant que la plupart auraient tout à fait pu être regroupés.
Un roman qui a beaucoup de défauts, mais aussi beaucoup de qualités. Malgré quelques erreurs qui auraient pu être évitées, Pierre Béhel nous propose un bon synopsis, un dénouement prenant et surtout un style très agréable à lire.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : 




> La fille d’un soir – un souvenir d’avant le Sida
est en vente sur le site de l’éditeur.
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