> Le livre : La face cachée de Gandhi de Pierre Campo, éditions Terriciaë, 240 pages, 15 €, en vente directement sur le site de l’éditeur.
> Le pitch : Londres, 6 novembre 1888. Quand Susan Tilney croise le chemin de Mohandas Ghandi, elle est aussitôt intriguée par cet Indien chétif et disgracieux qu’une timidité maladive étrangle. Devenu avocat, Mohandas quitte l’Angleterre. La guerre contre les Boers les réunit une première fois à Durban puis, quelques années plus tard, à New Delhi, où couve l’insurrection non-violente. Fascinée par Gandhi, qu’elle hisse désormais au rang de Grande Âme, Susan le suit pas à pas dans sa lutte pour l’indépendance.
[Cette critique a été rédigée par Libouli, auteur du blog Dis-moi ce que tu lis que nous vous invitons à découvrir]
Au commencement… Susan est une jeune fille issue d’une famille modeste. Son père travaille à la mine et on assiste, dans la première partie du récit, à une jolie description de ce monde dur et sombre de la mine, ainsi qu’à une peinture de la société anglaise – et de la condition féminine – des années 1880. Son parcours est jalonné de drames et, pourtant, elle parvient à ce qu’elle désirait : devenir avocate et se rend pour cela à Londres. Hallowell, un jeune homme de sa connaissance, d’un niveau social bien plus aisé, y va aussi et leurs deux caractères finissent par s’unir.
C’est là aussi qu’ils rencontrent un jeune homme venu d’Inde, Monhandas Gandhi :
« Je compris bien vite que de cet étranger, jamais l’Angleterre ne ferait un avocat talentueux. Certes, il repartirait en ayant acquis la matière indispensable à l’exercice de sa profession, mais il lui manquerait l’essentiel : la maîtrise de la communication, la prestance, la verve de l’orateur, toutes ces qualités requises pour faire un bon avocat. »
« Le personnage était envoûtant et j’avais soif de la connaître, Hallowell en était même un peu jaloux. Et pourtant ! ».
Mohandas quitte l’Angleterre. Les années passent. La vie à Londres devient peu à peu monotone pour le jeune couple et Hallowell « voudrait œuvrer pour mon pays, pour Dieu et la paix dans le monde ». Le récit est un va-et-vient entre cette époque (depuis le début et la jeunesse de Susan) et le moment (1948) où Susan s’apprête à se « libérer », enfin, à New Delhi. Se libérer de l’emprise de la vieille dame rousse qui l’accompagne et de celle de Grande Âme.
Un roman historique qui après nous avoir dépeint une société anglaise nous entraîne sur les terres d’Inde et d’Afrique du Sud : « Dans cette ville, le spectacle nous cueillait à chaque coin de rue et le décor bigarré était bien différent des sépias de Londres que nous avions en mémoire. Ici, les Blancs n’étaient pas les plus nombreux, il y avait pléthore d’ethnies et elles arboraient toutes des tenues flamboyantes qui dansaient devant nous yeux hébétés »
Mais…La complexité parfois du langage étouffe le récit. On en ressort lassé, un peu, énervé, beaucoup. Il est très désagréable de ne pas pouvoir apprécier un texte parce que l’auteur s’est fait plaisir à un exercice du langage : « J’avais beaucoup de mal à négocier mon chemin entre les propylées doriques et la foule des voyageurs dans la gare. » Je comprends bien ce que veulent dire ces deux termes, mais un peu d’humilité n’aurait rien changé au texte. « Très ingambe et inconsciente des risques que je prenais à parcourir cette ville en toute innocence, je marchais beaucoup. » Peut être y-a-t-il un peu trop d’emphase de manière générale. Une autre chose assez énervante est l’emploi un peu trop répétitif du point d’exclamation (7 en page 19).
Dommage, car dans l’ensemble et le fond, l’histoire me plaît bien : une jeune femme d’origine modeste qui vient à braver les règles en voulant devenir avocate, qui se retrouve dans la proximité de Gandhi, et qui finit par vouloir le tuer… On ne peut qu’avoir envie de découvrir son cheminement intérieur et extérieur.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : 




> La face cachée de Gandhi est en vente directement sur le site des édtions Terriciaë.
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