« La décision », d’Alain Leclef

La décision

> Le livre : La décision, d’ Alain Leclef , Edilivre, 282 pages, 19 € sous format papier, 7,90 € en téléchargement, en vente sur le site d’Edilivre.

> Le pitch : Pascal n’aurait peut-être pas dû rencontrer Marie, ce soir-là. Lui, devant son piano, dans ce restaurant du centre ville. Elle, devant un thé noir de Chine, l’écoutant religieusement. Marie et Pascal vont ainsi vivre une histoire d’amour pleine et entière, loin des drames, dans l’illusion de la durée. Dix années d’une complicité sans faille. Marie va bien vite devenir une artiste reconnue. Pourtant, le doute et l’angoisse vont s’installer progressivement dans le couple. Les toiles de Marie deviennent sombres, torturées à l’extrême. Un matin, elle décide de tout quitter. Une décision lourde de conséquences…

[Cette critique a été rédigée par Kittiwake, du blog Kittylamouette que nous vous invitons à découvrir]

 

> Au coeur de ce roman, Marie, 30 ans, artiste peintre, si belle qu’elle fait succomber tous les hommes qu’elle croise. Ainsi en est-il du narrateur, Pascal, pianiste de bar, et de François, scénariste rencontré au cours d’un vernissage organisé par Pascal. Tous deux sont aveuglés par leur passion pour la jeune femme, au point de pas voir que Marie recherche en eux le père qu’elle a perdu trop jeune, et dont elle n’a pas fait le deuil. Son oeuvre picturale, qui traduit son mal-être, suffira-t-elle pour exorciser ses démons ? Sa lutte pour se reconstruire ne risque t-elle pas de d’entraîner ses amants dans sa chute ?
En lisant la 4ème de couverture (faut-il lire la 4ème de couverture ?), je pensais que la musique et la peinture prendraient plus de place dans le récit. Je n’ai d’ailleurs pas retrouvé, comme cela était indiqué, de parallèles entre l’état d’esprit de Marie et l’évolution de ses oeuvres, dont il est assez peu question.

Est-ce lié à l’activité cinématographique de l’auteur, mais le roman me semble écrit comme un scénario (j’ai même mon casting : Pierre Ardity et Vincent Lindon pour Pascal et François, et l’une de nos jolies stars pour Marie : Marion Cotillard, Vanessa Paradis ?). Les scènes sont très visuelles et le déroulement de l’action compatible avec une adaptation à l’écran.

Ce qui m’a plus dérangée, c’est la construction : l’alternance du récit du narrateur, à la première personne, et de l’histoire avec François, racontée de l’extérieur, manque de cohérence. Ce type de procédé me gène aussi lorsqu’il est utilisé au cinéma, car la multiplication des points de vue, met le spectateur à distance, en le privant d’un interlocuteur privilégié.

Par ailleurs, bien que l’écriture soit globalement agréable, quelques maladresses dans certaines constructions de phrases m’ont un peu déçue. Il n’en reste pas moins que les personnages sont forts, et crédibles dans leur désespoir.

 

> Extraits :

« La pluie s’était remise à tomber. Un brouillard épais enveloppait les restes de cette journée d’Octobre. Il avait l’odeur fraîche et humide de la nature qui sent les mauvais jours à venir. »

« La nuit était en avance. Tout était réuni ou presque pour flanquer le bourdon au plus convaincu des optimistes. Ce quai de gare ne m’était jamais apparu aussi triste. Avec  un peu d’imagination, on pouvait se croire sur le tournage d’un film noir des années cinquante. »

« Et puis je jouais pour qui… pour des gens que je voyais se goinfrer sans même jeter un oeil sur le pianiste. Pour qui la musique faisait partie du décor, du repas, de l’addition. J’avais beau les regarder toutes et tous, je n’en reconnaissais aucun. Il n’y avait plus cette ambiance des années écoulées. L’âge encore… Il me fallait accepter. Je pouvais jouer n’importe quoi, ça ne concernait plus personne. J’étais devenu une boîte à musique, un accessoire dans un coin. Malgré cela, c’était plus fort que moi, je cherchais vainement une autre Marie, une qui viendrait prendre un thé noir de Chine et s’asseoir juste en face de moi, pour m’écouter… tout simplement. »

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> La décision est en vente directement sur le site d’Edilivre.

 

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir La décision ?

 

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2 Responses to « La décision », d’Alain Leclef

  1. Alain LECLEF dit :

    Pour commencer merci d’avoir lu mon roman… J’ai lu et relu votre critique et, je ne sais pas si je peux le dire, mais elle m’a flatté.
    Oui vous avez avez raison, il est construit comme un scénario, car au départ cette histoire était un scénario… qui ne s’est pas réalisé pour des raisons multiples et surtout financières… ( Le cinéma c’est ainsi… ) Donc las d’attendre le bon vouloir de certains producteurs, j’en ai fait un roman… Plusieurs personnes ont pensé la même chose que vous, et j’ai plaisir à lire ces avis…

    C’est important d’avoir ce genre de critique, émanant d’une personne ne connaissant absolument pas l’auteur…

    Voilà, merci encore…
    Bien à vous…
    Alain LECLEF

  2. Kittiwake dit :

    C’est la première fois que l’auteur même d’un livre réagit à une de mes critiques, et c’est très impressionnant…d’autant que je suis restée longtemps blogueuse underground, tremblant à l’idée que quelqu’un lise mes productions!
    Je suis heureuse que cela vous ai plu, j’ai essayée d’être le plus sincère possible

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