« La décapoute », de Hervé Mestron

La Décapoute

> Le livre: La décapoute,de Hervé Mestron, Editions Symétrie, 65 pages, 9,80 €.

> Présentation: J’arrive de Tokyo. Retour dans le caveau familial. Je ne suis qu’amour et j’ai un petit mot gentil pour tout le monde. Le radiateur du couloir, le placard encastré, le clou auquel j’accroche mon trousseau de clefs. Je suis quelqu’un de très organisé. Un compliment, une caresse, pour moi ce n’est pas grand-chose, pour eux c’est tellement important. Je suis accueilli en héros. Je suis le seul dans cette maison à entrer et sortir avec une sorte d’autonomie parfaite, cela force le respect.

[Cette critique a été réalisée par Séverine des Chroniques assidues que nous vous invitons àdécouvrir]

 

>Le narrateur, un contrebassiste professionnel, voyage de Tokyo à Deauville au gré des contrats et concerts. Sa vie n’est pas de tout repos mais heureusement qu’il est entouré de ses « amis » : Marie-Sophie la cafetière, Francis le grille-pain et surtout,  Denise sa contrebasse, compagne fidèle avec laquelle il partage son lit. Un jour, son agent l’appelle pour un remplacement au casino de Deauville. Il y rencontre Mélanie, c’est le coup de foudre réciproque, du moins le croit-il…

Entre répétitions du concert et histoires d’amour, le narrateur nous emmène dans son univers loufoque, déconnecté du monde réel. Il interprète les faits à sa manière et voit des signes là où il n’y en a pas, ce qui donne fait du texte un récit comique, burlesque. Pourtant, le récit est très réaliste, voire terre-à-terre : une pizza devant la télévision, un portefeuille oublié, un lit plein d’acariens. Mais Hervé Mestron introduit des éléments surprenants dans la vie du narrateur à travers des objets qui prennent vie (un frigo qui râle, un ouvre-boîte qui prétend être autiste…). Le « personnage le plus surprenant est sans nul doute Denise la contrebasse, jalouse et possessive, qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de Mélanie dans la vie du narrateur.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce texte, assez court, d’Hervé Mestron. J’ai souvent souri devant son écriture simple et ses références actuelles (Ikea, Casino, Dim etc.). Pourtant, tout n’est pas comique dans ce récit : Hervé Mestron y fait aussi une réflexion sur la solitude du musicien, qui voyage à travers le monde car « On ne joue pas une symphonie de Beethoven seul sur son canapé ». La fin, très inattendue, est carrément morbide. Au niveau du rythme, le texte gagne à être court, car plus long, il deviendrait peut-être un peu lassant. Hervé Mestron allie à merveille l’humour noir et le burlesque dans un texte tragi-comique qui mérite vraiment le détour.

La décapoute fait partie de la série « Le Musicos », qui regroupe d’autres textes d’Hervé Mestron, alliant musique et humour autour du personnage du contrebassiste et publiés aux éditions Symétrie. Je pense bien me les procurer !  Sur l’auteur : Hervé Mestron est musicien, auteur de romans, polars et  livres pour la jeunesse, scénariste et auteur de fictions pour France Inter.

 

>Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir La décapoute ?

 



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