« La Cavalade », d’André Fages

La Cavalade

> Le livre : La Cavalade d’André Fages, Publibook, 270 pages, 25 €

> Le pitch : André Fages s’engage à 18 ans dans l’armée. Plein d’enthousiasme, il verra vite ses velléités de parachutisme réduites à néant mais qu’importe : il sera pilote. D’actions associatives en aides humanitaires, le destin d’un homme du commun, pris par la force des choses dans des situations hors-normes.

[Cette critique a été rédigée par Fée Bourbonnaise, auteur du blog Tout à Fée... Bourbonnaise ! ] que nous vous invitons à découvrir]

 

> Je ne lis jamais d’autobiographie (ou de biographie). De personnes connues ou non. Pourquoi ? Parce que pour moi, c’est quand même faire preuve d’orgueil de penser que sa vie intéresse les autres (moyen de se faire connaître, reconnaître, de remonter à la surface ?). Ou alors, c’est qu’on a besoin d’une thérapie. Dans les deux cas, il n’est peut-être pas toujours très sain de tout étaler à la face du monde. Oui, j’ai beaucoup de préjugés sur ce genre de littérature. Mais je suis aussi curieuse et j’aime prendre des risques…

Comme M. Fages, j’imagine. Ecrire son autobiographie ne me semble pas un exercice aisé et, quoique j’en dise, il mérite que je souligne son courage pour s’être lancé dans un tel projet. Il a vécu toutes sortes de choses qu’il a eu envie (ou besoin ?) de partager avec nous et, pour ça, il mérite des encouragements.

Je n’ai pas l’habitude des autobiographies, aussi je me faisais peut-être des illusions. Je m’attendais à de nombreux détails, de longues descriptions et beaucoup de sentiments. Je suis un peu déçue. On a les faits. Beaucoup de faits, même. Mais pas assez de pourquoi et de comment. Je dirais que ça manque de développement. Nul doute que ça doit beaucoup mieux sonner à l’oral.

De prime abord, le style autobiographique ne m’attire pas spécialement, mais je me suis surprise à éprouver beaucoup d’affection pour l’auteur. Si bien que je me suis sentie concernée par le récit de ses exploits, déceptions ou anecdotes en tous genres… voulant en découvrir davantage sur son métier, ses actions et sur lui, l’homme. Un homme visiblement franc et entier tant son récit est vrai. M. Fages écrit avec sincérité et passion ; j’adorerais, par exemple, qu’il me raconte plus en détails son premier saut en parachute ou ses « aventures » avec SOS Pilote. Certains passages sont bien trop courts mais, de son engagement dans l’armée à la retraite en passant par son travail de formateur, sa reconversion et l’humanitaire (entre autres), M. Fages se livre en toute simplicité. Cela me l’a rendu très sympathique. J’ai aimé le suivre aux quatre coins du monde, j’ai aimé voler en sa compagnie, j’ai aimé la simplicité de son discours (sans hypocrisie et sans vantardise)…

Malheureusement, l’autobiographie d’André Fages n’a pas été éditée par une grande maison d’édition et ce livre en fait les frais. Alors, je n’ai rien contre les petits éditeurs (on peut trouver de jolis petits trésors chez eux) ou contre les auteurs qui s’auto-éditent, mais avec un peu plus de travail (relecture, correction), cela aurait été plus agréable à lire. Ce travail aurait permis d’éliminer les erreurs qui persistent. Comme les répétitions (certaines sont inévitables, mais d’autres auraient pu disparaître) ou les « défauts » de ponctuation par exemple. A mon goût, il y a trop de points de suspension ou de points d’exclamation, les virgules ne sont pas toujours à la bonne place, on trouve des majuscules après des virgules et certains mots ont été oubliés ou sont en double.

En ce qui concerne le vocabulaire employé, il est relativement simple. Courant, je devrais dire. Mais un petit lexique (ou des annotations de bas de page) n’aurait pas été superflu pour les termes plus techniques à l’aviation ou la géographie.

Je n’ai pas changé d’avis concernant l’autobiographie, mais M. Fages m’invite à m’interroger sur le sujet. J’ai aimé sans aimer vraiment. Le récit d’André Fages est intéressant (très intéressant, même) mais écrit différemment, il aurait pu être passionnant.

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> Et vous, avez-vous déjà été séduits par des autobiographies ? Partagez-vous l’avis de Fée Bourbonnaise sur ce genre ?


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3 Responses to « La Cavalade », d’André Fages

  1. Stéphane dit :

    Je me souviens d’avoir lu plus jeune Moi, Boy et Escadrille 80 de Roald Dahl qui m’avaient embarqué dans les internats privés des années 20, et dans les colonies anglaises d’Afrique… j’ai du les relier une bonne dizaine de fois.
    Je remarque qu’André Fages était aussi pilote d’avion, comme Roald Dahl pendant la guerre. Peut-être un truc d’aviateur, d’écrire ses mémoires ???

  2. fages andré dit :

    Merci à Fée Bourbonnaise de ses commentaires. J’en tiendrai compte pour mon prochain livre.
    Je regrette que l’Éditeur ne m’ait pas aidé pour parfaire les corrections, chaque fois, je me heurtais à une fin de non-recevoir due parait-il à un manque de correcteurs ! J’ai donc acheté un logiciel »PetitProlexis » qui m’a beaucoup aidé, d’autant que mes amis (ceux qui m’ont aidé à corriger et que je rétribuais) n’ont pas été à la hauteur alors que je les croyais très forts !
    J’espère que si je dois rééditer « la Cavalade » je ferai appel à votre aide. Tout cela est navrant d’autant que des amis me poussent à faire connaître mon livre dans les écoles.
    Je laisse mon adresse mail puisque je pars dans le pacifique pour trois semaines
    Merci de vos observations et à bientôt
    André FAGES
    La Cavalade est un mot inventé par mon épouse d’origine Tuniso-egyptienne qui ne parlant au départ le français que difficilement a déduit que le verbe argotique « cavaler » donnait naturellement « cavalade », ce que j’avais ancré dans ma mémoire

  3. SAINT-LUC dit :

    L’absence de relecture est un défaut connu de Publibook.
    Un éditeur classique rétribue une correctrice professionnelle, et le coût va de 200 à 600 petits euros suivant le volume du bouquin et l’appétit de la correctrice (ce sont presque toujours des femmes, ne me demandez pas pourquoi).
    j’aime énormément les biographies historiques. Mais l’autobiographie me chagrine d’entrée, même celle pourtant réussie et couronnée de succès d’un certain Charles de Gaulle: je crois que celà vient essentiellement du récit à la première personne, genre qui hérisse géneralement le poil (les Nestor Burma de Léo Malet me font cet effet aussi).
    Mais le choix appartient à l’auteur: s’il estime avoir des choses à dire et qu’il veuille se mettre en scène, libre à lui, nous n’avons pas à juger, restant libres de notre acte d’achat.

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