« L’attaque du casino de Malo », de Bernard Thilie

L’attaque du casino de Malo

> Le livre : L’Attaque du Casino de Malo, Bernard Thilie, éditions Ravet-Anceau,  184 pages, 9 €.

> Présentation: Dans le nord de la France au début des années soixante, Fernand, Gérard et Emile, trois pieds-nickelés à court d’argent, ont jeté leur dévolu sur le casino de Malo-les-Bains. Pour s’emparer de la caisse sans se faire remarquer, ils ont imaginé un stratagème : entrainer dans leur périple les pensionnaires d’une maison de retraite. Qui se méfierait de quelques grabataires et de leurs infirmiers venus fêter le réveillon du Nouvel An au bord de la mer ?

[Cette critique a été rédigée par Perséphone depuis sa bibliothèque que nous vous invitons à découvrir.]

 

> En ouvrant ce livre j’avais peur d’y découvrir un ouvrage plus ou moins sérieux sur un braquage de Casino dans le pur style Mesrine. Un truc un peu tristounet. Il faut dire que le grand banditisme ce n’est pas trop mon truc et que Roubaix dans les années soixante ça sent l’angoisse ! Evidemment, dès les premières lignes, on se rend compte que ce n’est pas du tout le cas et qu’on vient de s’embarquer dans une aventure assez folle. La faute à nos trois compères.

L’attaque du Casino de Malo est la suite de Nuit de Chine dans lequel nos trois pieds-nickelés ont cambriolé le musée des Beaux-arts de Lille. Non pas qu’ils se soient plantés, c’est même tout le contraire mais le tableau volé était un faux, mis là par le musée pendant les travaux de rénovation. Non, décidément, agir de la sorte n’est pas honnête et, bientôt, les voilà qui échafaudent de nouveaux plans, embarquant avec eux, femmes, enfants et vieillards de l’hospice.

Dès les premières pages, nous tombons dans l’ambiance bonne enfant qui lie les trois compères. Fernand et ses histoires de cœur, Emile et son amour immodéré de la bouteille (et de l’œnologie poussée) et Gérard, le radin du groupe, forment un trio chaleureux et un peu timbré. Leurs retrouvailles hebdomadaires à la piscine municipale, les visites au vieux Prosper au mouroir municipal et leurs idées farfelues sont autant de moments de détente et de fou rire. La galerie des personnages cocasses est loin de s’arrêter à ces trois fêlés du plan foireux. Entre Prosper, Nez rouge et Christiane (qui se la joue poids lourd de la jambe légère) la joyeuse bande a de quoi faire !

J’ai beaucoup aimé l’écriture de Bernard Thilie. Il a une façon particulière de rendre les gens attachants et puis la description de Roubaix dans les années 60  est loin d’être tragique. On aurait pu penser que Bernard Thilie nous apporte la description d’un Roubaix triste et grisonnant, or il le fait mais avec beaucoup d’humour ce qui rend le roman très léger. Il maîtrise d’ailleurs très bien ce style légèrement parlé mais toujours tellement cocasse qui rend son livre passionnant. Malgré la pluie et la guerre d’Algérie, l’aventure des trois compères prend des proportions hollywoodiennes. C’est qu’ils s’y connaissent en filouterie ! Surtout c’est que, contre toute attente, ils se révèlent plutôt ingénieux ! Pourquoi s’arrêter là ? Juste pour le plaisir…

J’ai beaucoup ri avec ce roman, une histoire d’amitié, de coups de folie avec une petit goût de n’importe quoi qui vous fait sourire le reste de la journée.

 

> Extrait :

« Nez rouge devait son surnom à la consommation quotidienne et importante de boissons diverses et variées, parfois hors normes. Ces breuvages avaient donné à son appendice naturel une coloration et un volume qui passionnait l’Académie de médecine. Il avait été approché, mais pas de trop près quand même, pour en faire don à la science. […] Pour la picole, Emile reconnaissait en lui un maître, et il s’y connaissait, Emile, intarissable sur le sujet : – Y a pas, il marche à l’antigel comme personne, je n’ai jamais rien vu de pareil. Ce n’est pas lui qui nous pètera un joint de culasse en hiver de manière impromptue. C’est bien simple, quand je sors avec lui, j’ai l’impression d’être sobre, c’est vous dire ! »

« Si les plages du Nord n’avaient rien de folichon en été, en novembre on frisait l’horreur intégrale. »

 

> Et s’il fallait mettre  une note, ce serait :


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