« L’arcane sans nom », de Pierre Bordage

L’Arcane Sans Nom

> Le livre : L’arcane sans nom, de Pierre Bordage,  Editions La Brances, 222 pages, 15 €.

> Présentation: Provisoirement réfugié à Paris, un jeune déserteur de l’armée régulière afghane tente de passer en Grande-Bretagne. Pour ce faire, il accepte d’assassiner une parfaite inconnue mais renonce au dernier moment à sa « mission. » S’ensuit une traque haletante dans Paris, parmi une faune étrange où se mêlent squatters satanistes, mendiants roms et hommes de pouvoir flanqués de gardes du corps haineux… Notre héros verra-t-il un jour les blanches falaises de Douvres ? …

[Cette Critique a été rédigée par Woland sur le blog  Les Manuscrits ne Brûlent Pas que nous vous invitons à découvrir]

 

> L’impression d’ensemble est mitigée pour ce court roman qu’on peut définir à cheval entre le roman d’aventures et le roman noir à la française.

Du côté de l’intrigue, aucun problème : elle ne laisse aucun instant de répit au lecteur. Le schéma est simple et le chemin suivi par l’auteur, direct. On compatit vite aux malheurs qui n’arrêtent pas de coller aux trousses du héros à compter du moment où l’engrenage se referme sur lui. On sait que la fin ne sera pas rose, mais on espère aussi qu’il en sortira vivant.

Les personnages ensuite.  L’intrigue, musclée mais sans prétention, requiert des personnages simples, répondant à certains types toujours présents dans ce genre de livres. Le point de vue adopté, celui du héros, évite de plonger dans les sentiments des personnages, amis et ennemis, qui gravitent autour de lui. Là encore, la simplicité, la clarté originelles sont respectées. Dommage que la méthode conduise facilement à une forme de manichéisme naïf que certains trouveront exaspérante. En effet, si l’on excepte Ten la sataniste et l’inspectrice de police qui, pour son malheur, partage un temps l’appartement de Sahil l’Afghan, tous les « bons » sont systématiquement typés minorités ethniques et/ou sociales tandis que tous les « méchants » sont des Occidentaux à l’aise dont on est prêt à parier qu’ils ont les yeux bleus et les cheveux blonds. On en sourit ou on se met en colère, au choix. Ayant l’habitude de la chose, j’ai souri. D’autres ne seront pas aussi bienveillants.

Le style enfin est impeccable et convient à merveille à ce type de livre : rythmé, sec, direct.

A lire donc, sans trop se casser la tête, pour le plaisir.

La seule question que je continue à me poser, c’est : « Pourquoi ce titre ? ». L’Arcane sans nom, c’est la lame treize du Tarot de Marseille, traditionnellement associée aux Gitans et aux Roms. Seulement elle n’apparaît nulle part dans ce livre. Alors ?

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait:


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