« Instinct de survie en milieu hostile », d’Eric Scilien

Instinct de survie en milieu hostile

> Le livre : Instinct de survie en milieu hostile, d’Eric Scilien, Jacques Flament Editions, 134 pages, 13,90 €, en vente directement sur le site de l’éditeur.

> Présentation: Un touriste français, casanier et soucieux de son confort, prisonnier des guérilleros, dans une baraque en tôle au fin fond de l”Amérique du sud… Un homme en fuite avec une Bimbo grincheuse, tous les deux coincés dans un motel miteux de l’Amérique profonde avec la mafia aux trousses… Un bon père de famille criblé de dettes prêt à tout pour s’en sortir… Une jeune fille innocente amoureuse d’un caïd de cité… Un enfant qui peine à s’intégrer dans sa famille d’accueil… Tous les personnages de ce recueil ont en commun de vouloir survivre coûte que coûte à leurs histoire. Car dixit Max, la vie c’est une succession d’emmerdements. Et lutter, l’essence même de l‘existence.

[Cette critique a été rédigée par Murielle du blog La Bayonnaise que nous vous invitons à découvrir]

 

> Ecrire, c’est s’exposer aux autres par le médium de la littérature et prendre le risque d’être incompris, que son humour ou sa sensibilité passent à la trappe, que l’histoire ou les histoires ne touchent pas. Bref, c’est faire preuve de courage ou d’inconscience.

Et bien, je suis ravie qu’Eric Scilien ait réussi l’épreuve de la lecture. Allons droit au but, ses nouvelles sont excellentes. Très bien écrites, enlevées, réalistes et toutefois imaginatives avec un brin de suspens pour certaines.

Ce recueil de nouvelles s’inscrit sous le thème de l’instinct de survie en milieu hostile. Comme le souligne en exergue Eric Scilien, le milieu hostile se présente sous toutes ses formes, le monde de l’entreprise, la famille, les amis, etc.

Le milieu hostile est partout, il n’y a aucun moyen d’y échapper. Hommes et femmes sont les victimes tragiques d’un monde extrêmement cruel. « Instinct de survie » est parfois une expression peu à même d’exprimer la situation des personnages tant ils sont victimes de leur monde, de leur origine sociale, de leur éducation, de leur environnement, du manque d’amour et d’opportunités. La détresse est palpable à chaque page. Un homme lutte pour être ou rester le chef de famille, protéger sa femme et ses enfants de la pauvreté qui guette.

Les femmes sont seules, mal aimées, elles subissent le harcèlement sexuel, le viol ou la grossesse non désirée.

« La seule chose dont elle est certaine, c’est qu’une fois terminées ces questions et tout ce merdier, elle se retrouvera seule – enfin seule! – que ce soit en taule ou dans un établissement spécialisé et là, ce sera bon, vraiment bon de ne plus entendre personne gueuler et avoir la paix. Elle a vraiment hâte. Et même s’ils continuent de bourdonner autour d’elle – sa mère, les flics et les types en costumes cravates – elle ne les voit pas, ne les entend plus. Elle sait ce qu’elle a à faire. Se taire et attendre que ça se passe. Comme à la maison. Et ça, elle sait faire. »

Les personnages survivent au sens parfois le plus simple ; ils continuent, juste, tout juste, ils demeurent en vie. Car la tentation de la mort est là qui s’insinue dans presque chaque histoire. Si le passage à l’acte ne se fait pas à chaque fois, la survie prend alors d’autres visages, et devient presque une petite mort : le mutisme, la dépression, l’enfermement du corps et de l’esprit. Et c’est là que le bât blesse : malheureusement le milieu hostile est vraiment hostile.

J’apprécie la démarche et le réalisme de ces nouvelles. Quasiment toutes les nouvelles ont une forte teneur sociale voire politique, je les comprends,  mais j’ai fermé ce livre avec le coeur triste et lourd. Bon sang que la vie est dure et l’espoir ténu!

Seule la dernière nouvelle apporte une lueur de rédemption et le seul sourire de ma lecture.

 

>Et s’il fallait mettre une note, ce serait: . A lire au compte goutte.

> Instinct de survie en milieu hostile est en vente directement sur le site de l’éditeur.

 

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2 Responses to « Instinct de survie en milieu hostile », d’Eric Scilien

  1. SCILIEN dit :

    Bonsoir ! Je suis l’auteur de ce recueil et vous remercie de ce petit coup de projecteur. Juste un mot pour dire que non pas une mais deux nouvelles se « terminent bien »… il est vrai que le ratio reste de 2 sur 14. Une autre lectrice m’a avoué « avoir eu peur » à la lecture de ces nouvelles (seule, la nuit dans sa maison) et avoir attendu le lendemain, dans la journée, pour continuer. Ceci étant, je suis persuadé être resté en deçà de la réalité ; et non, tout n’est pas noir.
    Plutôt gris foncé.
    A bientôt pour de nouvelles aventures !

    • Murielle dit :

      Merci Eric! Vos nouvelles sont proches de mon ressenti (presque de mon vécu) et c’était difficile de garder parfois une distance de lectrice/”critique”…
      Bonne continuation à vous. Je vous lirai encore avec plaisir.

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