« Images d’Epinal », de Hervé Mestron

Images d’Epinal

> Le livre : Images d’Epinal, de Hervé Mestron, éditions Symétrie, 69 pages, 9,80 €.

> Présentation: Le pire pour un célibataire, c’est la bouffe. À une époque, je plaçais un miroir devant moi. Je me regardais manger, je me parlais, je me souriais, mais très vite, une sorte de ronron s’est installé. Je me curais les dents avec ma fourchette et la personne en face de moi faisait pareil. J’attrapais les spaghetti avec les doigts, hop, elle m’imitait. Je faisais la gueule, bing, kif-kif, elle me renvoyait une bouille de six pieds de long. Ça n’a pas été facile, mais j’ai fini par me demander le divorce. Puis pour ajouter une charge symbolique, j’ai brisé le miroir, posé ma contrebasse à l’autre bout de la table et, à partir de ce jour, mes problèmes de couple se sont tassés. Tout baigne.

[Cette critique a été rédigée par Fée-tish, auteur du blogue Le boudoir littéraire que nous vous invitons à découvrir.]

 

> Un livre minuscule, une quatrième de couverture qui respire le burlesque et une couverture toute en simplicité mais vraiment très représentative de ce court roman.

Tout d’abord, je tiens à dire deux mots de la maison d’édition : Symétrie. Elle édite des partitions, des revues musicales et des livres dont le thème est la musique. Hervé Mestron, l’auteur de notre livre, a écrit en tout quatre livres qui entre dans une série nommée « Le Musicos ».

A la fin de ma lecture, j’étais vraiment… dubitative. J’ai retourné le livre et relu les quelques lignes de la quatrième de couverture sur l’auteur. Et là, un terme m’ait apparu : absurde. Voilà exactement comment qualifier ce roman : la littérature de l’absurde ; à la Eugène Ionesco.

Je ne peux pas dire que j’ai aimé cette lecture. Je me suis sentie perdue. Perdue pour plusieurs raisons : je n’ai pas réussi à savoir qui était le personnage ; je ne suis convaincue que l’interprétation du roman que je me suis faite soit la bonne ; et enfin je m’en veux de ne pas avoir pris un réel plaisir de lecture alors que l’écriture est vraiment agréable, maîtrisée et « joueuse » (il y a des jeux de mots, des figures de styles, etc.)

Une lecture qui laisse de pareils sentiments est déstabilisante. Pour expliquer mon ressenti, je rappelle que l’on suit un homme (est-ce que son nom a été dit dans le roman ? Non, pas à ma souvenance) qui est le narrateur. Il est contrebassiste et ne se sépare jamais de son instrument. Il est célibataire, je dirais même solitaire. D’où le fait qu’il personnifie son instrument qui devient sa compagne : Denise. La relation qu’il entretient avec « elle » est touchante mais tragique puisqu’elle traduit toute sa solitude face aux autres hommes et femmes.

Durant les 67 pages du récit, notre homme va rencontrer trois groupes de personnes : le quatuor Keller, Babett et son fils Victor et le Papa de ce dernier. Dans les trois derniers chapitres (il y en a 20), je n’ai pas pu m’empêcher de demander si ces personnages existaient vraiment ou s’ils ne reflétaient que ce que le narrateur voulait trouver dans la vie. Comme s’il rêvait sa vie sociale. Est-ce un Sans Domicile Fixe ? Un musicien à la dérive ? Je ne sais pas, je ne suis pas sûre de ce que j’ai interprêté comme je le dis plus haut.

Cette lecture me laisse un goût d’inachevé. J’aurais aimé trouvé d’autres avis sur ce petit livre, pour voir ce que d’autres en ont pensé. Malheureusement, rien. Quoi qu’il en soit, l’absurde en littérature fait passer un message pas toujours facile à comprendre mais incontestablement présent. Ce que j’ai compris est peut-être correct ? Peut-être que l’important est que chacun trouve quelque chose qui le touche ? Bref, déstabilisant et étonnant.


> Extrait :

« Une affiche annonce La Truite de Schubert. Suivent les noms des musiciennes afflublées d’un même patronyme. A la place du mien, un maquettiste inspiré a écrit Contrebasse, sans rien devant ni derrière. L’effet d’une gifle. Toute une existence pour en arriver là ! »

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :


 

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