« L’île engloutie : Une lecture de Paul Klee », de Maurice Pons

L'île engloutie

> Le livre : L’ile engloutie : Une lecture de Paul Klee, de Maurice Pons, collection Ekphrasis, éditions Invenit, 40 pages, 9 €.

> Le pitch : Dans la collection Ekphrasis, les éditions Invenit confient au regard sensible d’un auteur une peinture « remarquable », trésor emblématique ou insoupçonné d’un musée. « Ce sont les tableaux qui nous regardent » : ces seuls mots autrefois prononcé par Paul Klee plongent l’écrivain Maurice Pons dans l’univers de L’Île engloutie (1923). Il parvient avec malice à nous attirer dans le tableau du maître, au plus profond du bleu qu’il affectionne tant. Ce voyage nous plonge au coeur de la ferveur que Maurice Pons partage avec Paul Klee pour les mondes du rêve et nous entraîne dans leur quête commune d’un « paradis imaginable ».

[Cette critique a été rédigée par Tilly, auteur du blogue de Tilly que nous vous invitons à découvrir.  A noter que  l'opportunité de critiquer ce livre nous a été offerte par notre partenaire Libfly.com, dans le cadre de ses opérations  Un éditeur se livre  permettant aux participants de recevoir régulièrement les livres d'un éditeur et de dialoguer avec lui. N'hésitez pas à visiter Libfly.com pour lire d'autres critique de L'ile engloutie : Une lecture de Paul Klee et connaître la réaction des éditions Invenit !]

> Comme le regard est le thème fondateur, à la fois de la collection Ekphrasis des éditions Invenit, et du texte de Maurice Pons, je commence par regarder le livre que je viens de recevoir.

Je vois un livret d’une trentaine de pages à la couverture vert olive. Sous le cartouche pour le titre et le nom d’auteur, il y a une découpe ronde, comme un hublot de bathyscaphe ou de scaphandrier. Au travers, on voit un bout de l’île engloutie… Ce que je vois me plait, déjà.
Un petit livre de forme classique et élégante qu’une astuce de présentation rend ludique et pratique à la fois. Le rabat de couverture où est imprimé la reproduction de l’œuvre de Klee permet, une fois déplié, d’avoir le tableau sous les yeux tout en lisant le texte. Simple, malin et efficace. Pas grand-chose d’un livre d’art, et surtout pas le prix (9 euros) !

Bon, vous allez penser : la forme ça va, on a compris, elle aime. Mais le fond ?
Le fond de quoi répondrait niguedouille : le fond de l’océan ?
Ah pardon, vous voulez dire le contenu ! Excusez-moi, je rêvassais.

Le texte de Maurice Pons, c’est ça : une rêvasserie. Mais un rêve qui n’a rien de gnangnan bien au contraire. Un rêve à rebondissements !

Que j’avoue quand même n’avoir jamais rien lu de Pons… et pire, que je le confondais carrément avec Francis Ponge. L’éditeur place opportunément une courte biographie de Pons, et une autre de Klee, à la fin de l’ouvrage, avant la bibliographie complète – mais pas interminable – de l’auteur. On comprend pourquoi le couple Klee-Pons fonctionne. Le peintre suisse qui voulait être poète ou musicien, et l’écrivain français, comédien amateur, capable de transformer le cauchemar de la guerre d’Algérie en œuvre littéraire, ou d’inventer comme aussi Georges Perec les toiles d’un peintre qui n’a jamais existé, et d’en faire un roman.

Maurice Pons est certainement un charmant vieux monsieur qui rêve beaucoup, à moins qu’il ne s’amuse énormément à nous faire croire qu’il rêve, alors que tout est vrai, physique, scientifique, astrologique (comme il l’écrit) ! Vraie, la conjonction astrale de Beltégueuse avec l’Etoile du Kremlin et celle de l’île de Klee ! Vraie, la table de reproduction de documents de taille considérable qui équipe un atelier de reprographie tenu par deux vieilles filles méticuleuses, dans un petit bourg normand ! Et ainsi de suite jusqu’à ce que l’écrivain parvienne à ses fins : pénétrer le tableau, entrer, se promener, hanter un paradis célesto-aquatique à la rencontre du peintre qui l’a créé.

Comme le bâillement, le rêve c’est contagieux. Alors j’ai rêvé à la chanson de Trenet : En rentrant de l’école. Rêvé d’un sous-marin jaune qui plonge au fond des mers pour pêcher des oursins. Rêvé de la lune et des étoiles qui font du bateau à voile. Rêvé des images du Voyage de Chihiro de Miyasaki. 

L’Ile engloutie est un livre à rêver. Dans mon rêve je rencontrais Maurice Pons devant les vitres bleutées de l’aquarium du Trocadéro, je lui serrais la main et je lui disais :

- Merci Maurice, c’est magnifique tout ça. Je peux bien vous appeler Maurice maintenant, n’est-ce pas ?

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :

> Cette critique vous a-t-elle donné envie de découvrir L’ile engloutie : Une lecture de Paul Klee ? De manière générale, etes-vous sensible à la démarche développée par les éditions Invenit dans la collection Ekphrasis ?


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2 Responses to « L’île engloutie : Une lecture de Paul Klee », de Maurice Pons

  1. Lomu dit :

    D’emblée, je vous préviens : ceci va être un post hors-sujet !
    La chronique de L’Ile engloutie est intéressante, mais le livre en lui-même m’intimide un peu.
    Le regard d’un poète sur l’oeuvre d’un peintre ? Cela ressemble un peu (trop) pour moi à un livre d’intello. Je ne suis pas sûre que j’arriverais à m’y retrouver.

    Par contre, là où je suis contente, c’est que cette critique m’a fait découvrir le blog de Tilly… et certains de ces très beaux papiers d’humeur.

    Je n’ose pas citer un extrait, mais je vous recommande le post « L’âge de Madame est avancé ». Cela part d’une anecdote du quotidien, et cela aboutit sur une réflexion à la fois profonde, distanciée et incroyablement bien écrite autour de la question « pourquoi bloguer ? »

    Conclusion : allez sur le « blogue de Tilly », c’est une belle découverte !

    • tilly dit :

      - effectivement, totalement hors-sujet mais si gentil ;)
      - recadrons donc sur le sujet : non, ce n’est pas un livre intimidant, pas du tout !
      - je serai ravie de vous le prêter si vous souhaitez et si vous êtes sur Paris encore plus facilement
      - 34 pages, il n’y a pas de quoi avoir peur… le pire qui puisse arriver c’est que vous soyez décue parce que j’ai été un peu trop lyrique, mais je suis prête à parier que vous aimerez…

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