> Le livre: Hold-up,de Jean-Claude Kella, éditions Don Quichotte, 237 pages, 16.90 €.
> Présentation: Toulon, décembre 1992. Il y a Manu, l’homme sans histoire, qu’un groupe d’individus contraint un jour de participer à un casse d’envergure. Pourquoi lui ? Parce qu’il est vigile à la banque de France. Et puis il y a Marc, le cerveau du hold-up, qui a monté l’opération et la dirige de l’extérieur, mais nourrit depuis le début le sentiment qu’elle va mal tourner. Hold-up est le récit d’une machine infernale.
[Cette critique a été rédigée par Véro, auteure du blog de 1001-et-1 livraisons que nous vous invitons à découvrir.]
> Commençons par le commencement. Jean-Claude Kella, dit « Le Diable » est un ex-truand ayant appartenu à la French Connection. Hold-Up se base sur des faits véridiques, à savoir le casse de la France à Toulon perpétué en décembre 1992 et au cours duquel plus de 150 millions de francs auraient été volés.
Entrecroisant le récit de Manu, un des vigiles de la banque qui, à son corps défendant jouera un rôle primordial dans le casse, et celui de Marc, tête pensante de la bande qui va exécuter le vol présenté sur un plateau par l’une des employées de la banque, Hold-Up explique comment va s’organiser le « casse du siècle ».
Le roman se lit facilement, le rythme est soutenu même si ce n’est pas de la grande littérature : le style efficace donne envie de tourner les pages pour comprendre pourquoi et comment les truands se sont fait arrêter. De fait, par moment, j’avais l’impression d’être dans un de ces films des années 80 avec Belmondo ou Delon quand ils jouaient les méchants gangsters et que malgré tout, on ne pouvait s’empêcher de ressentir de la sympathie pour ces voyous…
Car il y a un peu de ça dans Hold-Up, on en vient presque à regretter que le casse se conclue par l’arrestation de la bande. En effet, ce qui fait sans doute la force de ce roman, est qu’il mêle tout à la fois fiction et réalité et que le lecteur sent bien cette dualité même s’il est incapable de démêler le vrai du faux.
Au final, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui s’est presque déroulé sous mes yeux comme un bon film policier… Et puis, la morale est sauve puisque les voyous sont arrêtés. Quoique… On peut toujours se demander par quel curieux tour de passe-passe comptable la Banque peut déclarer un vol de 146 millions de francs alors que les truands s’en sont partagé 163 millions et s’interroger sur le fait qu’à ce jour, seul 10% du butin a été retrouvé.
> Extraits :
Page 8 : « Comme disait justement mon père : ce n’est pas que la vie soit chère, c’est que l’on ne gagne pas suffisamment. »
Page 195 : » Leurs bisbilles me gonflaient sérieusement, je lui répondis de faire comme cela lui chantait. En disant cela, je me doutais que Pierrot allait semer la zizanie, qu’il leur dirait avoir eu mon feu vert pour leur réclamer plus d’argent… A cet instant, je n’en avais rien à foutre, une fois que l’on franchit les bornes du pays des cons, il n’y a plus de limites. »
Je l’ai bien aimé aussi. Roman, documentaire, ce n’est pas clair. Mais l’auteur raconte bien le point de vue des deux protagonistes principaux.
Au cas où, le lien vers ma note de lecture : http://laculturesepartage.over-blog.com/article-holp-up-de-jean-claude-kella-83343261.html