« Histoires bizarres de gens dit normaux », de Marie de Saint-Jean

Histoires bizarres de gens dits normaux

> Le livre : Histoires bizarres de gens dits normaux, de Marie de Saint-Jean, Société des Ecrivains, 74 pages, 11 €.

> Présentation : Une histoire corse, ou comment une adolescente décrypte le mystère de la disparition de sa sœur ; les membres d’une chorale qui meurent étrangement les uns après les autres ; le procès d’un loup triste ou le Petit Chaperon rouge revisité ; un miroir qui assiste à la destinée de deux familles de la Terreur à nos jours, et comment la beauté d’un cadavre peut faire d’un innocent un coupable. Gravité, quotidien et surnaturel se conjuguent au fil d’un recueil nourri d’humour noir. Amusantes, cyniques, parfois subversives, ces Histoires bizarres de gens dits normaux décèlent la fausse note chez chacun d’entre nous pour offrir une partition surprenante où le second degré joue les chefs d’orchestre.

[Cette critique a été rédigée par Alias64, auteur du blogue d’Alias64 que nous vous invitons à découvrir.]

 

> Voici un petit livre sympathique, qui se lit très vite et que l’on peut emporter partout. Les nouvelles, très courtes (la plupart font trois ou quatre pages), permettent de se détendre rapidement entre deux rendez-vous, le soir avant d’aller se coucher… Le style d’écriture de l’auteure est agréable et fluide. J’ai particulièrement apprécié qu’elle aille droit au but : ses nouvelles sont concises, sans détour et la plupart nous tiennent en haleine jusqu’à la fin.

Marie de Saint-Jean a su proposer à son lecteur des nouvelles à la fois très différentes et similaires. Différentes parce qu’elle a utilisé dans chacune de ses nouvelles des éléments divers et variés : une nouvelle met ainsi en scène des personnages de conte : le petit chaperon rouge et un loup ; une autre se focalise sur un miroir magique ; d’autres encore utilisent des éléments du quotidien : un homme et son appareil photo, un poisson rouge,…  Toutefois, toutes les nouvelles se rejoignent sur un point : elles sont – très – cyniques. L’auteure porte parfois un regard très acéré sur la société, sur les préjugés et elle parvient à faire adhérer le lecteur à son point de vue quasiment à chaque fois. L’exemple le plus frappant se retrouve dans la nouvelle Le procès du loup où, à la fin, je n’ai eu d’autre choix que de me dire : « Evidemment, elle a raison ! C’est tellement injuste ! ».

Si certaines chutes à la fin des nouvelles sont attendues, d’autres le sont beaucoup moins. Ces chutes sont souvent accompagnées d’une petite morale, ce qui est intéressant et donne matière à réflexion. Je ne donnerai pas plus de détails quant au contenu de ces nouvelles car ce serait, non seulement gâcher le plaisir qu’a tout lecteur de lire un nouvel ouvrage, mais également l’effet de surprise de certaines.

Finalement, si quelques unes des histoires proposées m’ont ennuyée ou m’ont parue sans intérêt (Le miroir de la reine (parties 1 et 2), Quand les pendules s’arrêteront), il y en a trois que j’ai tout particulièrement aimé et qui « valent le détour ». Rien que pour celles-ci, ce petit recueil de nouvelles vaut la peine d’être lu : A chœur perdu, Le procès du loup (ma préférée !) ainsi que Rouge. Blanc.

 

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait :


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