> Le livre : Gueule de garagiste de Jean-Paul Guérin, éditions 7, 410 pages, 19 €, en vente sur le site de l’éditeur.
> Le pitch : C’était en 1945. Jean-Paul avait cinq ans, les cendres de la deuxième guerre mondiale fumaient encore dans la Cité Frugès et son artère principale, la rue Le Corbusier. Un père qu’il rencontre pour la première fois à l’âge de trois ans et qui disparaît tragiquement cinq ans plus tard, une mère courage qui s’épuise pour élever ses enfants, une grand-mère hors du commun, un évêque gallican, une sorcière et un entraîneur de foot emblématique : voici quelques-uns des personnages que Jean-Paul fait revivre pour nous.
[Cette critique a été rédigée par Alias64, auteur du blog de Alias64, que nous vous invitons à découvrir]
> Habituellement, lorsque je choisis de lire un livre, je tiens compte de la couverture, du résumé et… du prix ! Or, dans le cadre de l’opération partenariat, j’ai choisi de lire ce livre uniquement en ayant lu le résumé – qui me semblait prometteur. Et heureusement ! En effet, si le livre en lui-même est un « beau » livre (rigidité de la couverture, belle qualité d’impression et de papier,), je trouve que la couverture ne reflète pas bien l’intérêt du livre.
Toutefois, je me suis lancée dans la lecture de Gueule de garagiste de bon coeur. Et, après ma lecture, je suis « mitigée » : certaines choses m’ont plu dans ce livre, d’autres beaucoup moins…
Commençons par les points positifs.
Tout d’abord, j’ai adoré dans ce livre le style d’écriture de l’auteur. En effet, il est fluide et très agréable à lire. Le vocabulaire – quoiqu’en dise Jean-Paul Guérin- est assez riche et je trouve qu’il a su exprimer avec beaucoup de justesse les émotions, les sentiments qui l’ont habité. Ci-dessous deux passages qui reflètent la sensibilité dont fait preuve l’auteur, ainsi que son style d’écriture (j’avoue ne pas avoir pu départager ces deux passages que j’ai particulièrement aimé, aussi j’ai décidé de mettre les deux !) :
- p.9 : « [...] Une envie extrême de m’exprimer s’empara alors de moi. J’avais un besoin urgent de démontrer à la terre entière que les garagistes avaient aussi une sensibilité. La pensée décrire m’effleura. Je la repoussai d’abord assez brutalement en me trouvant des excuses : je n’avais pas le bagage pour cela et puis, à trente ans, on n’a pas grand-chose à raconter. Je décidai d’attendre ! [...]»
- p.10 : « [...] Je me demande parfois si c’est ma volonté qui /[a conservé mes souvenirs] /ou s’ils n’ont pas, comme les êtres vivants, une vie propre et s’ils ne m’ont pas obligé à les rappeler pour je puisse les raconter et leur éviter de mourir. Les souvenirs se blottissent contre nous comme certains amours blessés, mais si l’on n’y prend pas garde, ils peuvent mourir et se taire à jamais, ne laissant que d’immenses regrets. [...] »
J’ai également adoré que Jean-Paul Guérin agrémente son autobiographie par des poèmes (qu’il a lui-même écrits) et des photos : cela rend le récit encore plus intéressant et c’est très touchant. Quant aux photos de famille, cela permet de mettre un visage sur les noms, ce qui rend l’histoire plus concrète pour les lecteurs.
Enfin (et surtout), j’ai été heureuse de découvrir une autobiographie sans concessions, dans laquelle l’auteur nous raconte tout : ses moments de bonheur mais également ses peurs, ses échecs… Jean-Paul Guérin nous fait le récit de sa vie jusqu’à aujourd’hui en nous confiant ses réussites et ses échecs dans son métier, auprès de sa famille… Il nous raconte également des anecdotes qui ne peuvent que nous faire sourire. Après avoir lu Gueule de garagiste, je pense pouvoir affirmer sans me tromper que Jean-Paul Guérin n’a rien voulu nous cacher et qu’il a livré un portrait entier et réaliste de lui-même. Bravo à lui ! Je ne crois pas que ce soit à la portée de tout le monde…
Parlons maintenant des points négatifs de ce livre.
Premièrement, le récit est parfois – très – ennuyeux. Non pas que ce que Jean-Paul Guérin raconte soit inintéressant, c’est plutôt la manière dont il le raconte qui rend les choses ennuyeuses. En effet, s’il est bien de parler de ses sentiments, de ses émotions, trop de sentiments tue les sentiments et le lecteur finit par « décrocher ». De plus, l’auteur fait parfois des digressions très agaçantes qui nous font perdre le fil de son histoire — et malgré ses tentatives de recadrage, Jean-Paul Guérin ne nous aide pas forcément à reprendre le récit là où on l’avait laissé.
Par ailleurs, Jean-Paul Guérin a choisi de retracer sa vie de manière thématique et non de manière chronologique. Si c’est un choix intéressant (cela casse la monotonie que peut avoir une autobiographie), ce n’est vraiment pas « pratique » pour le lecteur. En effet, j’ai parfois été complètement perdue dans son récit : je n’arrivai plus à reconnaître les personnages, à voir à quel autre passage de sa vie l’auteur faisait référence dans le passage que j’étais en train de lire…
En conclusion, je dirais que Gueule de garagiste est un livre intéressant, écrit avec justesse qu’il faut lire par petits bouts et en étant (excessivement ?) attentif, si l’on ne veut pas se lasser et perdre le fil du récit.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : 




> Gueule de garagiste est en vente sur le site des Editions 7.
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Etes-vous vous-même lecteur/trice régulier(e) d’autobiographies ?
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Bonjour,
Si vous souhaitez en savoir plus à propos de la cité Frugès et de ses habitants, je suis à l’initiative d’un projet concernant la mémoire de ce quartier atypique :
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