> Le livre : Eve en enfer de Martine Marie, éditions Les 2 Encres, 229 pages, 19 €.
> Présentation : A trop vouloir peindre des sourires sur le sol de sa cuisine, l’héroïne fantasque de ce roman s’est enfermée dans un univers douloureusement confortable dont même son poisson rouge, pourtant ivre comme elle, ne réussira pas à la faire sentir. Il lui faudra rencontrer Charles-Henri pour faire un premier pas dans la rue qui tangue et l’agresse, pour affronter son passé tourmenté et tenter de reconnaître l’image qui la nargue et la violente.
[Cette critique a été rédigée par Maeve, auteur du blog Mille (et une) pages que nous vous invitons à découvrir.]
> La première phrase de la quatrième de couverture intrigue : qui est donc ce personnage qui peint des sourires sur le sol de la cuisine et qui picole avec son poisson rouge ? Si l’on est un peu curieux, on pousse plus loin et l’on tourne deux pages du livre pour tomber sur un « avertissement » de l’auteur qui demande par avance de lui pardonner ce qu’elle va nous faire subir : « La provocation fait partie des personnages que vous allez découvrir », écrit-elle. Nous voilà prévenus.
En effet, oubliez tous les romans tels que vous les avez connus. Ici, l’héroïne dit ne pas avoir de nom. Elle se nomme, selon son humeur, Virginie, Aphrodite, Eve, Até, Ombre… D’ailleurs, le personnage du roman ce n’est pas elle, c’est vous. Et elle vous malmène, vous oubliant souvent dans son sac à dos. Vous êtes la seule personne à qui elle se confie, quand elle en a envie. Mais elle n’a pas vraiment d’histoire à raconter. Ou plutôt elle n’arrive pas. Il lui faudra rencontrer un homme, Charles-Henri ! Il lui donnera un nom : Colombe. Et là, on se dit « Tiens, ce livre est un roman d’amour ». Oui. Mais oubliez tous les romans d’amour que vous avez lus jusqu’à présent. Surtout que cette héroïne a un sacré poids sur la conscience… Ce qui fait que ce livre tourne aussi au thriller.
On ne peut pas vraiment dire plus sur ce roman novateur, qui, tour à tour, agace (mille fois j’ai eu envie de dire à l’héroïne : arrête avec tes « lecteur », d’abord moi c’est « lectrice ! »), déroute, fascine, intrigue et finit par plaire. Martine Marie brouille les pistes, joue le flou artistique entre fiction et réalité pour faire de cet ouvrage un livre mystérieux qui interroge, même une fois refermé.
Un livre qui plaira sans doute à tous les curieux de la littérature contemporaine française, à tous les lecteurs qui ne souhaitent pas rester spectateur. Ici vous serez mis à contribution !
J’ai vécu ici une expérience peu banale que je recommande, à condition d’avoir les nerfs solides, parce que cette héroïne est insupportable, fragile mais terriblement humaine. Une belle découverte !
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : .
> Qu’avez-vous pensé de cette critique ? Vous a-t-elle donné envie de découvrir l’univers novateur et décalé de Martine Marie ?