> Le livre : Ecrire
, Les Apéciens, éditions Stellamaris, 200 pages, 14 €, en vente sur le site de l’éditeur.
> Présentation : Ce recueil est une introspection de l’acte d’écrire en général, et d’écrire de la poésie classique en particulier, par un groupe de passionnés qui travaille sur Internet, depuis quatre ans, au renouveau de cet art.
[Cette critique a été réalisée par Mathylde, auteur du blog La ballade de Mathylde, que nous vous invitons à découvrir]
> C’est un beau défi aujourd’hui d’arriver à publier un recueil de poésie, ailleurs que dans le cercle assez fermé des poètes reconnus. Ecrire est la consécration de l’aventure poétique qu’ont parcourue ensemble des autodidactes, d’horizons très divers, tous portés par le même amour des mots et le même besoin de la création, réunis sous le nom mystérieux des « Apéciens », néologisme formé à partir des mots « Ateliers de Poésie classique ».
L’ouvrage est composé de sept sections qui illustrent assez bien les interrogations liées à toute création. De variations sur « l’acte d’écrire », on passe au bonheur de l’écriture mais aussi à sa nécessité « écrire pour survivre ». La question de l’inspiration, celle de « la muse » mais aussi la peur de « la page blanche » hantent de nombreux poèmes et font référence à ceux qui habitent les co-auteurs du livre.
Avant tout, ce recueil est un cri d’amour lancé à la poésie. Ce qui est assez intéressant, c’est la présence et l’application des règles dites « classiques » dans leurs poèmes, car ils partent du principe que seuls les véritables vers atteindraient l’immortalité. Au fil de la lecture, ils ressuscitent des formes anciennes comme la villanelle, le maillet, le muzain, le zegel (forme poétique d’origine arabe) ou encore le pantoum, pour retrouver une forme plus connue. L’importance de la ponctuation est soulignée plusieurs fois… On retiendra par exemple cet « éloge de la virgule ». Les formes anciennes cèdent parfois à l’exploration d’autres, beaucoup plus récentes, comme celle du sonnet irrationnel, crée par un OuLiPien, Jacques Bens.
Sur cet ouvrage plane l’esprit de nombreux poètes, les Apéciens reprenant le thème de l’innutrition, chère aux poètes du XVIème et des siècles suivants : leurs écrits se nourrissent de leur vie personnelle, mais aussi de la lecture des poètes qui les accompagnent sur leur chemin comme des compagnons de voyage. Le lecteur pourra ainsi reconnaître Mallarmé derrière son cygne, cité de nombreuses fois dans les poèmes de Stellamaris. L’ombre de Boileau et son célèbre « vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage » semble être le crédo des auteurs, qui soulignent la difficulté et le dur labeur de la création qui finalement réside en un apprentissage parfois douloureux. On se souviendra du vers évocateur : « L’image me perce de son dard ». Malgré tout, la poésie est un baume posé sur les souvenirs douloureux.
Souffrance, inquiétude, joie mais aussi auto-dérision et réalisme sont sans cesse mêlés dans les créations de ces dilettantes : « Je ne suis qu’un rimailleur simplement » nous dit par exemple Jean-Claude Blondel, renvoyant le lecteur aux plus grands comme Baudelaire, présenté comme le « Roi de la lyre » … Et ce n’est pas moi qui les contredirai !
Un recueil singulier à lire comme une plongée au cœur de la création et comme la proclamation d’un amour authentique des mots !
> Extrait : Naissance d’un poème, de Stellamaris
« Quand l’exaltation de l’écriture cesse
Un grand calme se fait, un silence du cœur
Je les laisse vibrer et résonner en chœur,
Cette joie intérieure et cette douce ivresse »
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : 




> Ecrire
est en vente directement sur le site de l’éditeur.
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