> Le livre :Desirium Tremens,de Isabelle Mutin, Les éditions Mutines, 105 pages, 12 €.
> Présentation : Porte-douleur de tous les êtres en souffrance rencontrés dans les couloirs des hôpitaux, ou femme en recherche de l’osmose totale, de l’absolu de l’être aimé, la narratrice n’est que passion, violence, douleur, révolte… Pour traduire ces émotions, ces sentiments, Isabelle Mutin ose les mots les plus crus, les images suggestives, érotiques dans des textes jamais vulgaires, toujours poétiques et bouleversants. Desirium Tremens, un voyages des cimes de l’Olympe aux portes des Enfers.
[Cette critique est rédigée par Lunacy, auteure du blog Lunaddict que nous vous invitons à découvrir.]
> Le delirium Tremens est causé par un sevrage d’alcool dans les cas ou ce sevrage n’est pas contrôlé. Le Desirium Tremens serait alors le trouble causé par une tentative de sevrage au désir. Isabelle Mutin nous présente des femmes, cédant à leurs désirs et pulsions sexuelles.
Ce court livre est composé de 13 textes, tous sur le thème du désir, mais avec des rapports a ce dernier à chaque fois différent. Il nous présente entre autres l’envie d’une femme pour un homme qu’elle n’a jamais rencontré et avec lequel elle n’échange que des mots. Une femme et son amant cédant au désir dans une voiture ou encore une femme éprouvant un désir profond, mais ne pouvant le satisfaire à cause de son passé.
Les textes prennent la forme de récit, de poème, de réflexion, passent par la métaphore ou la personnification. Toutes les formes de désir sexuel sont évoquées, mais chacun de façon différente.
J’apprécie cette forme de cours récits, que l’on peut lire dans n’importe quel ordre, que l’on peut extraire et lire seul. « Poison » le premier texte du roman m’a un peu inquiétée, moi qui n’aime pas la poésie, j’ai eu peur de tomber sur un texte seulement composé de poèmes. Au fil de ma lecture, j’ai trouvé des textes variés, tous aussi poétiques les uns que les autres. L’approche du désir, sous son aspect autant de plaisir que destructeur, est faite de manière poétique malgré les mots et expressions crus qui ne font que rendre encore plus touchants certains de ces écrits. C’est une belle découverte n’étant pas habituée à ce genre de lecture.
C’est un livre, qui cependant, ce lit très (trop ?) rapidement, je pense l’avoir lu en moins de 30 min et qui par sa diversité ne retient pas toujours l’attention du lecteur, je me suis plongée dans les différents textes avec plus ou moins d’intérêt. Cette irrégularité m’a fait vraiment aimer certain texte, tel qu’« Ose-moi », « Sémaphore » ou « Faim » et m’en a fait oublier d’autres aussitôt lus, tel que « Pacte ».
> Extrait :
« La voix de la mère qui apprend dés le plus jeune âge qu’une fille doit résister, une fille doit faire attendre, se faire désirer. Et qu’il vaut mieux être une allumeuse qu’une putain. Mais, la fille, elle, peut-elle désirer ? en a-t-elle seulement le droit ? Peut être… mais dans ce cas ne pas le montrer. Chacun doit se confiner dans son rôle. Plus qu’une voix maternelle, l’inconscient collectif… »